SCÈNE X
• PLACIDE
La comtesse de Mailly m'a fait espérer que vous voudriez bien me l'accorder.
BARXEVILLE
La comtesse de Mailly ?. . .
PLACIDE
Voilà la lettre qu'elle m'a remise pour vous.
(Il lui donne une lettre.) .
BARNEVILLE, parcourant la lettre des yeux. (A lui-même)
C'est vrai ! La comtesse serait enchantée que ce mariage se fit.
PLACIDE
M. le duc de Noailles est du même avis. BABNEVILLE
Le duc de Noailles !
PLACIDE Voilà sa lettre. (Il donne une lettre à Bameville.)
BARXEVILLE, parcourant la lettre des yeux. (A lui-même)
Le duc veut lui-même signer au mariage de ma ûlle ! Uiaut.) Fort bien î mais.. .
PLACIDE, i-eprenant les lettres (criant)
Mon herboristerie est connue de tout Paris, M. Bui^neville ! La famille Buziquet est la plus ancienne du pont de la Tournelle. Et mon caract^ro,
ainsi que mes mœurs, assurent à votre fille un bonheur qu'elle ne pourrait rencontrer avec un des freluquets qui prétendent à sa main. (Regardant Gilbert.)
GILBERT, à part Ceci e-'t à mon adresse.
SUZETTE, bas II faisiont très bien nos affaires, l'apothicaire.
PLACIDE
Enfin, je suis l'herboriste de SaMajesté, Louis XV, et j'ai la spécialité de la racine de chicorée, parfumée à la vanille ; ce qui me donne un revenu de 50O livres par an.... rien que de chicorée !
BARNEVILLE
Rien que de chicorée!... Tout cela est bien séduisant, moucher l\I. Placide, mais j'ai promis la main de ma fille.
Et à qui ?
A Gilbert.
PLA.CIDE
BARNEVILLE
SUZETTE, s'avançant'
Faites excuse, not' maître; mais M. Gilbert m'aviont déjà promis de ih'épouser.
BARNEVILLE
Est-ce vrai, Gilbert ?