‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 6 sur 259 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ce coquin, ce chenapan, ce rien du tout ! Ah ! ce n'est pas moi qu'on accuserait d'être un voleur ! (D'un ton pleurard). J'ai un bras paralysé, je ne peux me servir que de ma main droite, et ce n'est pas avec cela. . .

M" GODFREY

Mais qui songe à t'accuser ? N'es-tu pas assez à plaindre, avec ton infirmité ?

BOB, d'un ton pleurard Oh ! oui, mistress Godfrey ! je suis à plaindre; ah I oui, bien à plaindre.

M" GODFRKY

Mais tu as fini ; maintenant, vide la place (Elle dessert la table. Pendant qu'elle se baisse, pour enlever le plat et le verre, Bob, de sa main droite, lui enlève prestement la chaîne d'or qu'elle portait au cou, et la met dans sa besace.)

BOB

Eh bien I mistress Godfrey, je vais tout de suite me mettre en campagne, pour chercher le voleur de la montre du docteur James.

M" GODFREY

Comment le docteur n'a-t-il pas senti lorsqu'on lui a enlevé sa montre ? Si quelqu'un faisait mine de vouloir prendre ma chaîne. . . (Elle porte sa main sur sa collerette) (criant) Ah î'Jésus ! mon doux Jésus ! ma belle chaîne d'or, mes économies de vingt ans, mon seul et unique bijou, je ne l'ai plus: on me l'a volé ! J'y tenais comme à la prunelle de mes yeux, à ma chaîne ! . . . Mais voyons, je me rappelle fort bien, je Tavais au cou, tout à l'heure ! (criant) C'est inouï, c'est affreux, cela crie vengeance !

BOB

Pauvre mistress Godfrey, ligurez-vous que ce matin, au marché, pendant que vous achetiez des raisins à la petite Dolly, j'admirais votre belle chaîne... Je me disais t Ah ! la belle chaîne, la belle chaîne qu'a mistress Godfrey ! »

M^* GODFREY, soupirant

Elle attirait tous les regai'ds.

BOB, à part faisant le geste de s'emparer d'un objet.

Et les mains aussi (haut) Elle reluisait au soleil comme un chapelet de pièces d'or. Voyez-vous, mistress Godfrey, elle était trop belle votçe chaîne ; un jour ou l'autre, on devait vous la voler.

M^s GODFREY

Cela ne se passera pas ainsi ! Il faut absolument que je retrouve mon voleur ! Je cours chez le constable ; je vais prévenir le echériff, l'aldermann ; je vais mettre toute la police sur pied. Je découvrirai mon voleur, ou j'y perdrai mon nom. (Elle sort par le fond.)

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