‹ La science au théâtre, comédiesChapitre 130 sur 272 · D ARLANDES · texte numérisé non relu

D ARLANDES

Je vais vous le dire... Je suis amoureux d'une personne de qualité, mademoiselle Glotilde de Versac

MONTGOLFIER

La fille du baron de Versac? Mais c'est un vieil ami de ma famille ! . . . Et sa fille vous aime ?

d'arlandes.

Oui, Monsieur. Seulement, le baron, lui, ne m'aime pas ; et il refuse de donner sa fille à un simple capitaine d'infanterie. Il veut un gendre haut placé, qui

lui procure ses enUves h la cour, la grande ambition, ou plutôt la grande déception de sa vie.

PILATRE. -

Et comment pourrez-vous contenter l'ambition de M. de Versac? Parlez vite; le temps nous presse.

d'arlandes.

Le roi, vous le savez, est très enthousiaste des ballons. Il croit qu'on pourrait en tirer un grand parti h la guerre ; et il voudrait qu'un de ses officiers accompagnât M. Pilâtre de Rozier dans le premier voyage aérien qui va s'accomplir. A ma vive sollicitation, le Roi a daigné me désigner pour cet office, ajoutant que si je réussis, je serai nommé colonel au régiment des gardes. Mon union avec mademoiselle Glotilde de Versac serait assurée; car un colonel au régiment des gardes a le droit d'entrer à la cour, lui et sa famille... Vous comprenez maintenant, pourquoi je tiens tant à être votre compagnon de. route.

PILATRE .

Marquis d'Arlandes, donnez-moi votre main. Nous partirons ensemble !

MONTGOLFIER

Deux hommes monter dans un ballon de toile et de papier ! Mais il se déchirera, et vous serez précipités ensemble!

- PILATRE.

Eh bien! le premier ballon sera le char funèbre

scèiSte onzième 33

de deux hommes de cœmM... (A d'Arlandes.) Allons, ami, venez, et partons!

Us s'enlacent, et sortent ensanible, par le fond,

CRIS, à la cantonade.

Vive Pilâtre de Rozier!...

MONTGOLPIER.

Les malheureux!... ils vont périr! ..

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