SCÈNE XVI
LES MÊMES, A Lois, THÉOGÉNE
BRANCOLA.R, à Eugénie qui a pris Aloïs par la main, et le conduit
Que fais-tu, Eugénie ?
EUGÉNIE
Je mets mon rêve devant vos yeux, mon oncle.
BRÂ.NGOLAR, regardant alternativement Eugénie et Aloïs, qui tous deux, placés derrière son fauteuil, avancent la tèle sur son épaule
Ces pauvres enfants... ils s'yiment... et d'un mot je peux les rendre heureux... Eh hien! oui, je réalise ce joli rêve, et je lui ouvre mes bras, (ii se lève.)
EUGÉNIE ET ALOÏS, ensemble Mon cher oncle !
BRANGOLAR, cà Théogène
Et toi, Théo, allons, viens m'embrasser !
THÉOGÈNE
Il a dit Théo!... (Il se jette dans ses bras.) BRANGOLAR
Mes petits-neveux seront tes petits-enfants, Théo.
THÉOGÈNE
Et mes petits-enfants seront tes petits neveux, Jules.
BRANGOLAR, se frappant le front
Sapristi de sapristi ! Et mon duel que j'oubliais !..
M. Gustave m'attend au bois de Vincennes, avec ses témoins et des épées !... Des épées !... Brrr ! Cela me donne froid !...
ALOÏS
Rassurez-vous, mon oncle. M, Gustave désire que tout soit oublié entre vous. Il m'a déclaré qu'hier, aux Folies-Bergères, i] s'était trompé, et que s'il vous avait ri au nez, c'est qu'il prenait votre nez pour celui d'un huissier qui le poursuit, pour le paiement d'un billet. Mais du moment que votre nez était en carton, que c'était un faux nez, il n'y a plus matière à duel. Il vous adresse ses excuses, et vous offre, au lieu d'un coup d'épée, un déjeûner au Café Anglais.
BRAN COL àR
Une réconciliation à la fourchette ! C'est pour le mieux !
THÉOGÈNE, qui a pris la boite rouge et la boite blanche sur le guéridon, se place derrière le guéridon, et montrant que les deux boites sont vides
Voilà qui vaut mieux encore !
BRANGOLaR, surpris
Il n'y a plus de pilules blanches ?... Qu'est-ce que cela signilie?
EUGÉNIE
Gela signilie, mon oncle, que les dernières pilules blanches m'ont servi à sucrer votre verre d'eau.
RRANGOLAR, avec reproche Pour me rendre Brancolar ?...