‹ La science au théâtre, comédiesChapitre 243 sur 272 · SCÈNE QUATRIEME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIEME

LE MARQUIS

C'est clifTérent... Mais, pouvez-vous me dire où il est?

FOUGASSE

Je l'avons vu, ce matin, dans l'étable, oùsque la grande Nanon trayait les chèvres... C'est une belle Jeunesse, -la grande Nanon, et M. Charles, qui n'est point fier, va quelquefois lui voir traire les chèvres dans rétable.

LE MARQUIS

Mon neveu dans l'étable ! Est-ce possible?... Enfin je vais l'y trouver, parce qu'il faut absolument que je lui parle.

FOUGASSE, le relenant.

Ah! mais à cette heure, M'ssieu Charles n'étiont plus dans l'étable. Il étiont dans le grand pré, oùsque la petiote Clapote coupe les ajoncs.

LE MARQUIS

L'héritier des Bellemare courir après les grandes Nanon et les petites Clapote ! Ah ! ses nobles aïeux, ne regardez pas, je vous prie^ du coté du grand pré !"

FOUGASSE

Faut point en vouloir à M'ssieu Charles de ses amitiés campagnardes ; il les a peut-être ben saucées avec mon lait.

LE MARQUIS

Autrefois, lorsqu'on demandait à un jeune Bellemare, le jour de sa majorité, ce qu'il désirait : « Un

régiment », répondait-il, avec fierté. Mon neveu, ce jour-là, m'a dit, les mains dans ses poches: « Je voudrais vingt arpents de bonnes terres! »

FOUGASSE

Et vous lui avez donné cette belle maison de campagne.

Elle montre le pavillon.

LE MARQUIS

Je croyais qu'il mènerait la joyeuse existence d'un fils de famille, avec chevaux, meute, chasses, courses, fêtes et fanfares Pas du tout! Monsieur y vit en paysan, en rustre, en ours! Mais, ventre de biche ! je ne lui ai pas donné une maison de campagne, pour qu'il jette son blason aux orties, et qu'il offre ses hommages à des déesses en sabots!...

FOUGASSE

Faut pardonner à M'ssieu Charles : il est si bon garçon.

LE MARQUIS, grommelant.

Bon garçon !... un Bellemare doit être autre chose qu'un bon garçon!... Il doit tenir son rang!... Il faut absolument que Charles renonce au genre de vie qu'il mène ici. Et pour cela, je veux qu'il se marie!... Une jeune et jolie femme pourra seule lui donner cette distinction, cette désinvolture, cette urbanité, ce parfum de bonne compagnie, ces manières chevaleresques, ce ton exquis... ce je ne sais quoi, enfin, qui, de tout temps, à été l'apanage des Bellemare !

FOUGASSE

Le chevaleresque? la turbanité ?... Je ne con-

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