SCÈNE NEUVIÈME
CHARLES
A un marchand de curiosités de Bayeux ?
LE MARQUIS
Mais c'était un souvenir sacré ; c'était une relique, Monsieur !...
GHARLOT, au marquis.
Alors je suis heureux de pouvoir la rendre à M. le Marquis.
Il retire la bague de son doigt, et la donne au Marquis.
LE MARQUIS
Mais, comment cette bague se trouve-t-elle entre vos mains ?
GHARLOT .
Le jour même où Monsieur vendit sa bague, Monsieur me fit présent d'une épingle à cravate, avec une magnifique émeraude.
CHARLES
Oui! je ne pouvais mettre cette épingle sans me piquer.
GHARLOT.
Eh bien ! c'est la magnifique émeraude que Monsieur m'avait donnée, que j'ai échangée contre la bague d'or.
LE MARQUIS
Et pourquoi ?
GHARLOT
Parce que j'ai le culte des anciens bijoux, M. le Marquis.
36 CHEKCIIEZ LA FRAISE
LE MARQUIS, à part.
Si le maître avait seutement la moitié des sentiments du valet. (Haut,à Chariot.) C'est bien Chariot., dites-moi ce que vous désirez, en échange de cette bague.
CHARLOT
Mon Dieu! M le Marquis, une chose que vou donneriez tout naturellement à un autre, mais qu'il vous semblera bien difficile de m'accorder à moi.
il soupire.
LE MARQUIS
Pourquoi donc ?
CHARLOT
Parce que je ne suis qu'un valet... Je vous demande l'accolade, M. le Marquis!...
LE MARQUIS
Eh bien ! Chariot, je te la donne de grand cœur !.>. Il Tembrasss sur les deux joues.
CHARLOT, montrant son livre, en souriant.
Voilà le premier chapitre du Code du parfait geti' tUhomme, mis en action...
LE MARQUIS
Et si cela dépendait de moi, mon brave Chariot, les autres se réaliseraient bien vite, aussi. (A Charles.) Mais parlons de ce qui m'amène. Vous savez Iç but de mon voyage ?