SCENE PREMIERE
M" GODFREY
Non, et je vous avouerai même que j'en suis fort intriguée, car M. Franklin m'a laissé, pour remettre à ses amis, s'ils se réunissaient avant son retour, des barres ])rillantes et pointues (Elle se lève, prend dans le bas du comptoir un faisceau de barres de cuivre à moitié recouvertes d'une enveloppe de cuir, et le met sur la table). Les voilà; et je me demande ce qu'on peut en faire-?" ' -•"
DIGK, écartant l'enveloppe On di... di... on dirait des lan... lan... lances !
Rosalie, présentant sa main à l'extrémité des barres
Heu ! ça pique !...
M^s GODFREY
Oui ! mais rassurez-vous, ces pointes aiguës serviront certainement à quelque chose d'utile. Tout jeune qu'il est. Benjamin Franklin a d;''jà inventé un papier monnaie, qui a fait la fortune de Philadelphie. Il a fondé un journal, qui est l'expression du bon sens, une bibliothèque, qui instruit le peuple, et une association contre l'incendie, qui sauvegarde nos demeures. Il ne pense qu'à améliorer le sort des citoyens, qu'à les préserver de la misère et de Tignorance. Je suis sûre qu'il veut employer ces tiges de métal à conjurer quelque fléau, quelque danger ou quelque malheur qui menace la ville.
ROSALIE
Ah î mistress Godfrey, si Franklin pouvait délivrer Philadelphie de la bande de voleurs qui met nos maisons au pillage ?
U^s GODFREY
Je crois, moi, que ce n'est ])as une bande de voleurs, mais un seul voleur qui fait tout le mal.
ROSALIE
C'est possible, mais ce qu'il y a de certain c'est que les couverts d'argent de la taverne de l'Etoile ont disparu hier soir !
DICK
Et la mon... mon... nionlre du doc... doc...
ROSALIE, inii>aticntée
...teur .James.
DICK, saluant
Merci ! (AMss Godfroy) a été vo... vo... volée ce ma... ma... tin, dans son gou... gou... (très vite) gou... gou... (triomphalement) gousset ! . . .
M^^ GODFREY
Et le docteur qui tient tant à sa montre ! 11 dit que maintenant, il lui sera impossible de tàter le pouls à ses malades.
DICK
Il ta... ta... Il ta... ta... il tate donc le pou... pou .. pouls, avec sa montre ?
M^s GODFREY
Mais non ! Il se sert de sa montre pour compter les battements du pouls. Vous ne savez donc rien, mon pauvre Diek... Le docteur a promis une forte récompense à celui qui découvrirait son voleur... Ah ! si je le tenais, ce coquin de voleur !