SCÈNE XXI
m'envoient pour te féliciter d'a\oir préservé Philadelphie du désastre qui la menaçait.
FRANKLIN
Je suis heureux de recevoir les félicitations amicales des magistrats de notre cité, mais je n'accepte qu'à moitié leurs éloges; car je ne suis pas au bout de ma tâche. J'ai sauvé la ville, en détruisant la tour: il me reste à pouvoir préserver un édifice des désastres qu'occasionne le feu du ciel, sans amonceler des ruines autour de moi. Il me reste à conduire silencieusement la foudre, là où elle ne peut nuire à personne.
GOLEMAN
Espères-tu donc y parvenir ?
FRANKLIN
Non seulement je l'espère, mais j'en suis sûr, maintenant. Tu as vu, par ce qui s'est passé sous tes yeux, que la foudre est, positivement, un phénomène électrique.
GOLEMAN
Oui, tous les caractères qui appartiennent à l'électricité, se sont reproduits pendant l'orage qui vient d'éclater. La foudre, comme l'électricité, a fondu et transporté des métaux, frappé les corps pointus, changé les couleurs, guéri des inlirnies et afïolé la boussole.
Puisque la foudre n'est que de l'électricité, il ne me reste donc plus, pour diriger à mon gré le feu du ciel, qu'à élever en lair des barres de métal pointues, qui
soutireront l'électricité des nuages orageux. (Pensif.) Au moyen d'un conducteur métallique allant du sommet de la barre au pied de l'édifice, je ferai perdre dans le sol l'électricité des nuages orageux, et je dépouillerai silencieusement ces nuages de l'électricité qu'ils renferment. ■
GOLEMAN Bravo!... Et tu appelleras cet instrument?
FRANKLIN (avec force) Le paratonnerre !...
GOLEMAN
L'invention est faite et le nom est trouvé ; et cela, grâce à un coup de tonnerre venu à propos. Allons, la journée a été bonne pour la science et pour l'humanité !
DIGK
Et pour la terminer gaiement, je crois gue ce qu'il y a de mieux à faire, M. Goleman, c'est d'aller rejoindre la noce.
GOLEMAN
Quelle noce ?
DIGK
La noce' de M. Roger, de Manchester, avec M'i« Déborah Read. J'y suis invité.... (A Rosalie, bas,) pour laver la vaisselle.