‹ La science de bien mourirChapitre 4 sur 128 · PATRON OE L'ASSOCIATION · texte numérisé non relu

PATRON OE L'ASSOCIATION

r.ranrl saint Joseph, Père nourriciex' de Jésus, chuîte Époux de la Vierge Marie, vous qui avez eu le bonheur de mourir dans les bras de Jésus et sous les yeux de Marie, daignez agréer ce petit travail, que je consacre par vous au Cœur agonisant de mon Sauveur et au Cœur immaculé de la Mère des douleurs. 0 glorieux Protecteur de notre pieuse Association, bénissez-la et obtenez-nous à tous la grâce d'une Uoiuie Mort i

ÉRECTION DE L'ASSOCIATIOiN

Le vendredi quatre février mil huit cent cinquante-neuf, par autorisation spéciale de S. Éra . Monseigneur le cardinal François-Nicolas-Madeleine Morlot, archevêque de Paris, l'Association de la Bonne Mort a été érigée dans l'église du Jésus à Paris, rue de Sèvres, et agrégée à la Confrérie principale établie à Rome, dans l'église de la maison professe de la Compagnie de Jésus. Cette agrégation a été faite en vertu du diplôme dont nous donnons ici la traduction, et dont l'original en lalin demeure affiché dans la sacristie de notre Église.

Diplôme d'érection.

Pierre BECKX, général de la Compagnie de Jésus.

A tous, et à chacun de ceux qui verroîit les présentes lettres, salut en Jslotre-Seicjnevr Jésus-Christ, qui est lui-même notre salut véritable et éternel.

Les oracles des divines Ecritures, les témoignages multipliés des SS. Peines, et Vexpérience elle-même de tous les jours, nous apprennent que le souvenir continuel de la Passion de Jésùs-Christ, et le zèle pour méditer et honorer cette sai^ite Passioji, soit en public, soit en particulier, contribuent singulièrement à nous faire vivre saintement, et à nous obtenir une mort bonne et heureuse, quand le temps de ce dernier passage est arrivé. C'est pourquoi notre Compagnie, qui a pour fin d'aider tous les chrétiens à mener une vie sainte et pieuse, pour mourir ensuite de la mort des justes, s'est toujours appliquée avec un très-grand soin à mettre dans le cœur des fidèles une sainte ardeur à méditer les souffrances de notre divhi Rédempteur. En conséfpience, et sans doute par l'inspiration de l'Esprit de Dieu, dès r aimée 16-'i8,

chaque vendredi au soir, dans l'Eglise de notre maison professe de Rome, le saint Sacrement étant exposé à la vénération publique, de pieux Fidèles de Pun et de l'autre sexe commencèrent à se réunir pour honorer, par quelques exercices de pjiété, la Passion et la mort de Notre- Seigneur Jésus-Christ et les douleurs de sa divine Mère, et en même temps pour entendre les instructions qui s'y faisaient, afin de s'encourager par là à la pratique de toutes les vertus chrétiennes, et de prier, en particulier , pour obtenir de la bonté divine la grâce de bien mourir. Avec le temps, ces pieuses réunions formèrent une Association ou Congrégation sous le titre et la dénomination de Jésus-Christ mourant sur la croix, et de la Bienheureuse Vierge Marie, sa Mère, participjant à ses douleurs, Association appelée toutefois vulgairement de la Bonne Mort, dénominatio?i qu'elle a dès lors conservée jusqu'à pjrésent. Bioitôt cet exemple fut suivi dans les autres parties du monde où nous avons des maisons, des collèges ou des résidences ; et la louable coutume s introduisit de faille, dans nos églises, ordinairement tous les dimanches non empêchés, de semblables réunions ck fidèles de run et Vautre sexe ; et , le saint

Sacrement étant jjareillement exposé à la vénération publique, de les animer, par des exercices du même genre, à la pratique de toute espèce de vertus. Cette œuvre religieuse produisant tous les jours des fruits plus abondants, le P. Michel-Ange Tamburitiiy notre prédécesseur dans le gouvernement de la Compagnie, supplia le pape Benoit XIII, d'heureuse mémoire, après lui avoir humblement exposé toutes choses, de vouloir bien, dans sa charité et son autorité apostolique, pourvoir, comtne il F entendrait, à ce que cette institution si salutaire reçût la stabilité, le développement et r accroissement convenables. Le zèle dont ce pontife était animé pour entretenir et augmenter dans les cœurs des Fidèles les sentimoits de piété et de religion, lui fit accueillir favorablement cette demande. En co7iséquence, par ses lettres apostoliques données l'an de l'Incarnation de Notre-Seigneur, 1729, le 9 des calendes d'octobrCy anyiée sixième de son pontificat, en premier lieu, il institua et érigea dans ladite église de notre maison professe de Rome, une congrégation principale de Fidèles de l'un et Vautre sexe, sous V invocation de Notrc-Seigneur Jésus-Christ mourant sur la Croix et de la

INTRODL'CTION. o

bienheurei.se Vierge Marie, sa mère, j^artici-jjant à ses douleurs, vulgairement appelée de la Bonne Mort, voulant que cette Congrégation fût dirigée par le même P. Michel- Ange Tamburini, et, après lui, dans la suite des temps, par le Général de la Compagnie, ou par le Vicaire Général, lorsque le Général lui-même serait mort. En second lieu, il accorda libéralement aux Associés de cette même Congrégation Principale, érigée et instituée comme il vient d'être dit, différentes grâces, privilèges et indulgences, puisés dans le trésor de VEglise. En outre, il donna par autorité apostolique, au même P. Michel-Ange Tamburini, et après lui, dans la suite des temps, au Général, ou au Vicaire Général de la Compagnie, le pouvoir d''ériger et d'instituer la même association dans toutes autres églises des maisons, collèges et résidences de la même Compagnie, et d'agréger à la Congrégation Principale d'autres Congrégations quelconques de Fidèles de l'un et de Vautre sexe, sous les titres et dénominations susdites, lesquelles seraient dépendantes de cette même Congrégation Principale, comme des inembres de leur chef, et de communiquer aux associés de ces Congrégations ainsi érigées, constituées et agrégées, toutes

les indulgences^ rémission de jjéchés, (jrâceSy facultés spirituelles et temporelles accordées déjà, et toutes autres qui p'ourraient être accordées à l'avenir, par lui-même et par le Siège apostolique, à la Congrégation Principale, ainsi qitil est exprimé pAus au long dans les lettres apostoliques du même Pape Benoît XIII. Le Pape Pie VII, d'heureuse mémoire, par un rescrit apostolique donné le 6 février 182 1 , a confirmé et Nous a fait de nouveau toutes ces mêmes concessio7is, à Nous et à ceux qui, par la suite des temps, seront nos successeurs dans la charge de Général de la Compagiîie de Jésus ^ ainsi qu'aux Vicaires Généraux de cette même Compagnie, et le Pape Léon XII, dlieureuse mémoire^ par un rescrit spécial en date du 'ïl janvier 1827, a bien voulu les éten dre, par son autorité apostolique, à l'effet dériger de semblables Congrégations, même dans d autres églises, en quelque lieu qu'elles soient, que les églises de la Compagnie. Le R. Père de Ponlevoy, supérieur de notre maison de Paris, rue de Sèvres, nous ayant demandé de vouloir bien, d'après le jjouvoir cjui nous en a été accordé par le Siège apostolique, ériger, daiis l'église du Jésus, une association du titre susdit de la Bonne Mort, et l'agréger à la Congre g a-

tio7i principale, approuvant^ comme il est de notre devoir^ le zèle religieux dudit Père, et désirant contribtier^ autant qu'il est en nous, au service de Dieu et à V a\:ancement spirituel des fidèles: Au nom du Père, et du Fils, et du S lint-Esprit, en vertu de r autorité gui nous a été accordée, comme il vient d'être dit, nous ' érigeons dans ladite ér/lise de Jésus une Cunrjrégation de Fidèles de ftm et de l'autre sexe, sous rinvocation de Notre- Seigneur Jésus- Christ mourant sur la Croix, et de la bienheureuse Vierge Marie, sa Mère, participant à ses douleurs, vulgaireinent de la Bonne Mort, et nous Vimissons, et 7ious l'agrégeons à la Congrégation Principale de Rome, et nous lui dominons comnvmication, et nous la rendons participante de tous les privilèges, de toutes les indulgences, ynème plénières, et de toutes (cs autres grâces qui ont été accordées jusqu'il ce iour, ou fjxd pourraient être accordées dans la suite à cette même Congrégation Principale, ou autres qui lui ont été agrégées, comme il a été dit, pour en jouir de la même manière absolument qu'ils ont été accordés, soit à la Congrégation Principale elle-même, soit aux autres qui y ont été agrégées; et, en même temps, nous supplions instamment la divine Majesté

d'avoir cette concession pour agréable et de la ratifier du haut du ciel ; de combler de grâces célestes, par les mérites de Jésus-Christ et par ceux de sa très-sainte Mère, les associés de ladite Congrégation qui auront à cœur de méditer pieusement les douleurs du Sauveur et de sa divine Mère, et aprèsleur avoir fait la grâce de mourir de la mort des justes, de les rendre à la fin participants de la gloire céleste. En foi de quoi, nous avons ordonné que les présentes lettres, signées de notre nom, soient scellées du sceau de notre Compagnie.

Pierre BECKX,

Général de la Compagnie de Jésus.

Page 1