‹ La science de l'économie politiqueChapitre 9 sur 62 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Valeur naturelle du travail en échange^ avant que naissent /emploi des produits et /'ÉDU- CATION au travail.

PREMIÈRE SECTION

Valeur naturelle du travail en échange^ dans l hypothèse d\in échange exclusif parmi des hommes ayant eu en partage une aptitude égale pour les travaux demandés dans la région ; présentant au même âge une aptitude égale; demeurant à une égale distance du marché des échanges et du lieu d'exécution du travail ; et égaux entre

Il)

eux dans toute autre circonstance économique.

36. Dans le cas où ces hommes voudraient établir entre eux un échange à mérite égal de travail , 1 échange des travaux faits par eux à pareil âge , devrait s'établir en raison du mérite du "coût du travail. Le troc de deux choses d'un égal mérite d'aptitude et de coût , présentera un échange de mérite égal de travail , lors même que l'homme pourrait donner en échange une chose d'une utilité majeure intrinsèque. Puisque cet utile que l'un peut obtenir avec le coût de son travail , l'autre peut l'obtenir avec un égal coût de travail, s'il a une aptitude égale, il s'ensuit que le mérite du travail est le même. L'un et l'autre doivent se considérer débiteurs de la même manière : tous les deux ont travaillé pour échanger , et celui qui a donné la chose la moins utile aurait, néanmoins, obtenu cette chose plus utile , s'il y avait employé le même travail mis à la chose moins utile qu'il donne en échange.

Il découle aussi de ces principes, qu un même coût donné, on doit estimer d'un égal mérite de travail les ouvrages faits par les échange urs, lors même que l'un d'eux aurait employé plus de facultés physiques ou morales que l'autre ;

car s'il avait voulu se procurer lui-même cette chose qui n'exige que l'emploi de moins de facultes, un égal coût lui aurait été nécessaire, et ses autres facultés seraient restées de nulle valeur pour lui , puisqu'il aurait dû les laisser oisives.

Sy. Si tous ces individus ayant eu en partage une aptitude égale pour les travaux demandés dans la région, et présentant dans un même âge , une égale aptitude , avaient à entreprendre un échange général exclusivement entre eux seuls, soit du même âge, soit d'un âge différent, et par conséquent d'une aptitude différente, il en résulterait :

1° Que chacun devrait s'empresser à travailler dans les ouvrages qui , en comparaison des ouvrages des autres, pourraient obtenir dans l'échange la comparaison la plus avantageuse par les effets combinés du coût et de l'aptitude.

2" Que cette masse d'individus se présenterait divisée en plusieurs classes, arrangées et liées entre elles par une affinité réciproque en mérite d'aptitude pour l'exécution des travaux.

38. La classe supérieure à toutes les autres classes, c'est-à-dire, celle plus apte à retirer de ses travaux , dans l'échange , la plus avantageuse comparaison à l'égard des travaux de toutes les

classes, sera celle qui, dans les effets combinés (lu coût et (le Taptitudc , se rendra supérieure aux autres classes par la comparaison du travail le moins propre à obtenir une compa- ■ raison avantageuse, parmi les travaux les plus propres à ce but, et dont elle aura dû s'occuper, en choisissant pour occupation les travaux qui , à regard de toute classe, pourraient obtenir dans rechange la comparaison la plus avantageuse par les effets combinés du coût et de Taptitude.

3q. Après celle-ci se présentera supérieure, c'est-à-dire, plus apte à retirer de ses travaux la comparaison la plus avantageuse , celle des autres classes qui, dans le choix des travaux les plus propres pour retirer dans rechange la comparaison la plus avantageuse à l'égard des classes supérieures, aura dû, pour ce but, s'occuper dans le travail de cette classe supérieure, le moins propre à la comparaison, et aura réussi supérieure à toute autre classe dans l'exécution de ce même travail sous les rapports combinés du coût et de l'aptitude.

4o. Le prix naturel de l'échange parmi les travaux de ces deux classes dérivera du résultat de la comparaison du travail sus-mentionné , exécuté par ces deux classes; de manière que la première classe échangera tous ses travaux contre

ceux de la seconde classe , en raison de la supériorité résultant de la comparaison du même travail. Et conséquemment , si ce travail exécuté par la première classe avait donné dans une journée une récolte plus abondante d'un dixième que la récolte produite dans une journée d'égal coût par la seconde classe , les autres travaux faits dans une journée par la première classe s'échangeraientcontretous les autres travaux faits par la seconde classe dans une journée et un dixième de journée de coût égal.

4i. En troisième lieu se présentera plus apte à retirer de ses travaux une meilleure comparaison dans l'échange , cette classe qui , dans le choix des travaux les plus propres à produire la meilleure comparaison à l'égard des classes supérieures, aura dû pour atteindre ce but s'occuper dans ce travail qui pour la seconde classe ressort le moins propre à la comparaison envers les classes inférieures, et aura réussi supérieure à toute autre classe dans l'exécution de ce même travail sous les rapports du coût et de l'aptitude,

42. Les travaux de cette troisième classe s'échangeront avec ceux de la seconde classe en raison de l'infériorité résultant de la comparaison du travail le moins propre à choisir parmi les plus convenables , dont la seconde classe aura dû s'occuper pour obtenir la meilleure compa-

ï9 raison à Tégard des classes qui lui sont récipro'quement inférieures. L'échange des travaux de cette troisième classe avec ceux de la première^ se fera en raison combinée de l'infériorité que la troisième classe aura à l'égard de la seconde par l'effet de la comparaison du travail le moins propre, parmi les plus convenables, dont la seconde classe aura dû s'occuper pour obtenir , à regard des classes inférieures , la meilleure comparaison , et de l'infériorité que la seconde classe aura réciproquement à l'égard de la première par l'effet de la comparaison du travail le moins propre parmi les plus convenables dont la première classe aura dû s'occuper pour obtenir la meilleure comparaison.

43. Ces mêmes principes qui établissent la gradation entre les susdites trois classes supérieuxes et le prix naturel du mérite de leur travail , doivent conséquemment établir la gradation parmi toutes les classes , et le prix naturel de leurs travaux dans les échanges réciproques.

44- L'homme est d'autant moins apte à l'exécution de la majeure partie des travaux, qu'il est plus éloigné de l'âge viril. Ainsi, par exemple , à l'âge de dix ans on se trouve moins apte à la plupart des travaux qu'à l'âge de quinze ans.

Dans la marche ordinaire des choses, la de-

mande de ces travaux à rexe'cution desquels les enfans sont, par l'effet de leur âge, plus propres que les individus d'un âge plus avancé, n'est pas suffisante pour occuper chacune des classes qui se distinguent dans ces travaux. Par ce motif, chacune des classes d'enfans, dans la marche ordinaire des choses, doit embrasser encore des travaux à l'exécution desquels on est d'autant moins apte qu'on est plus éloigné de l'âge viril; et par conséquent, dans l'hypothèse de cette première section, chacune des classes d'enfans devrait présenter une aptitude d'autant moindre que leur âge serait plus tendre. Les mêmes gradations d'âge devraient, au total , former la gradation de leurs classes.

45. Il serait néanmoins dans les choses possibles, que la demande des travaux pour lesquels une classe d'enfans se trouve phis apte que toute autre classe, excédât la quantité des travaux que cette classe pourrait exécuter; de manière que la classe après elle la plus apte à ces travaux , et qui, conséquemment , aurait aussi à s'en occuper, fût celle d'un âge supérieur ayant le plus d'affinité avec cette classe. Dans ce cas, l'échange des travaux de la classe d'enfans supérieure dans l'aptitude de ce travail, contre les travaux de la classe suivante d'enfans d'un âge plus avancé, mais douée d'une aptitude moindre dansée travail , devrait, par les mêmes lois , se faire en raison

de la supériorité de ce travail. Cette classe supérieure dans ce même travail échangera ses travaux avec ceux des autres cla£:2s, enr?«: on de la supériorité résultée à l'égard de la susdite classe plus âgée qui sera occupée à ce travail, et de la supériorité ou de 1 infériorité que cette classe ayant affinité , aura à l'égard des autres classes.

46. Chaque classe devient donc supérieure a d'autres classe^ par l'effet de la comparaison dans le travail, qui , parmi les travaux auxquels chaque classe aura dû s'occuper pour ohlenir à 1 égard des classes inférieures la meilleure compa raison dans les effets combinés du coût et de l'aptitude, sera le moins propre à obtenir ce but.

Chaque classe devient , vice-versâ^ inférieure à d'autres classe^, par l'effet direct de la comparaison dans le travail , qui , parmi les travaux auxquels chaque classe aura dû s'occuper pour obtenir, à l'égard des classes supérieures, la meilleure comparaison dans les effets combinés du coût et de l'aptitude, sera le moins propre à obtenir ce but. Ou autrement, dans quelques circonstances extraordinaires elle devient inférieure, non pas par cet effet direct, mais bien par l'effet indirect de l'infériorité dans laquelle la classe moins inférieure parmi toutes les classes inférieures à cllc-mcmc, se trouve envers d'autres classes.

47- GVsl pourquoi , si l'on veut établir le degré de supériorité de mérite naturel de travail que chaque classe possède à l'égard du mérite naturel de travail des classes inférieures, on y parviendra aisément, lorsqu'après avoir reconnu le mérite d'aptitude que chaque classe possède pour l'exécution du travail le moins propre à produire une comparaison avantageuse d'échange dans les effets combinés du coût et de l'aptitude , parmi les travaux auxquels elle aura dû s'occuper pour obtenir ce but à l'égard des classes inférieures ; on comparera ce mérite avec le mérite d'aptitude , à coût égal , que possède pour l'exécution du même travail cette classe qui, ayant à s'occuper de ce travail, en choisissant les travaux les plus propres à obtenir ime comparaison avantageuse d'échange dans les effets combinés de coût et d'aptitude , se trouve , par la comparaison du mérite de l'aptitude dans l'exécution de ce travail , la moins inférieure parmi toutes les classes inférieures.

48. En raison du degré de supériorité qu'une classe quelconque obtiendra à l'égard de la clavSse qui lui est la moins inférieure parmi toutes les classes inférieures, et du degré de supériorité que cette classe moins inférieure aura , sous les mêmes principes, à l'égard des classes à ellemême récijvroqucment inférieures, on mesurera

le degré de supériorité d'une classe quelconque , à regard de tout autre classe inférieure.

49. Et vice-vejsâ : si l'on veut par les mêmes lois établir le degré d'infériorité de mérite naturel de travail que chaque classe possède à l'égard des classes supérieures , l'on y parviendra également, lorsqu'après avoir reconnu le mérite d'aptitude , à coût égal , que chaque classe possède pour l'exécution du travail le moins propre à offrir une comparaison avantageuse d'échange , dans les rapports combinés du coût et de l'aptitude , pai*mi les travaux auxquels elle aura dû s'occuper pour atteindre ce but U l'égard des classes supérieures , on comparera ce mérite de travail, avec le mérite d'aptitude , à coût égal , que possède dans l'exécution du même travail cette classe qui , ayant dû s'en occuper en choisissant les travaux les plus propres à obtenir contre les classes inférieures une comparaison avantageuse d'échange dans les effets combinés du coût et de l'aptitude, se trouve, par la comparaison du mérite d'aptitude dans ce travail ,' la moins supérieure parmi toutes les classes supérieures.

50. Mais s'il se présentait le cas énoncé au § 45 , de sorte que le travail le moins propre , parmi les plus convenables à donnera une classe la comparaison la plus avantageuse à l'égard de

classes inférieures , donnai aussi pour résullat une comparaison, en vertu de laquelle il ne conviendrait point à celte classe de s'occuper d'aucun travail exerce par la classe supérieure , et cela en conséquence de l'effet combiné du dégré de sa supériorité dans le travail à l'égard de la classe la moins inférieure parmi toutes les classes inférieures , et du degré de comparaison que cette classe inférieure possède à l'égard des autres classes sous le rapport du mérite naturel du travail ; dans ce cas particulier , dis-je , la classe dont il s'agit sera jugée supérieure ou inférieure à l'égai'd des autres classes, en raison de son degré de supériorité envers la classe qui lui est la moins inférieure parmi toutes les classes inférieures, et du degré de supériorité ou d'infériorité que celte classe moins inférieure aura à l'égard des autres classes.

5i. Que si, pour pousser l'analyse du travail au plus haut point, on voulait supposer que la demande du travail le moins propre, parmi les plus convenables, à offrir à une classe une comparaison avantageuse à l'égard des classes inférieures, complétait précisément la quantité de travail nécessaire pour occuper toute la classe ; il s'en suivrait que le degré de supériorité de cette classe à l'égard de la classe inférieure serait toujours celui qui devrait en résulter, si

celte classe inférieure avait dû s'occuper à ce travail par l'effet de rcxcédenl de la demande.

Quoique la classe inférieure ne s'occupe pas à ce travail par le motif que la demande de ce travail complète seulement le besoin exigé par la classe supérieure, elle pourrait s'en occuper, et échanger conséquemment ce travail contre les autres travaux de la classe supérieure, en raison de la seule différence résultant de la comparaison du produit de ces deux classes dans ce travail. Cette classe inférieure ne s'occupera donc pas à un nouveau genre de travail , si elle ne peut en retirer un avantage égal dans l'échange. C'est pourquoi une pareille prétention devra prévaloir, lors même que cette classe serait moins apte à ce travail supplétif qu'à l'autre.

On ne peut pas ensuite supposer que la classe inférieure soit plus apte dans le travail supplétif que dans l'autre, attendu le principe énoncé au § Sy, que les travaux les plus convenables sont naturellement les premiers que l'on embrasse, et que , par conséquent, jamais le travail le plus convenable ne supplée à celui qui l'est moins. Or donc, la classe inférieure ne pouriait commander un meilleur échange parle travail supplétif, parce que la concurrence de la classe supérieure viendrait l'en empêcher.

Dans le fond , il paraîtrait qu'il ne convient

pas de parler jde ces cas particuliers et rares. L'assemblage de toutes les gradations présente un tableau grandement varié ; mais le passage des dégrés d'une classe à l'autre est si insensible qu'il se dérobe presque à l'intelligence , de même que les progrès gradués et insensibles des nuances des couleurs dans un tableau se dérobent à la \ue. En effet, quelle différence d'aptitude peut produire la différence d'âge , d un jour , d'une heure même?... Presque aucune : et cependant, la gradation de ces heures, de ces jours, forme la variation du grand tableau de l'aptitude des hommes. La valeur des choses arrive à son niveau naturel précisément par cette légère et continuelle gradation d'aptitude, que l'on remarque dans la population d'un état, et par cet enchaînement progressif des facultés physiques et morales qu'exige l'ensemble de la grande masse des travaux. Chaque classe est en contact avec une autre classe par un léger degré. La plus petite augmentation de valeur dans le prix naturel du travail d'une classe , détermine aussitôt la concurrence des classes ayant affinité ; et la valeur reprend forcément son niveau , c'est-àdire , le degré du mérite naturel du travail de la classe.

52. Avant de terminer la démonstration des principes de la valeur des échanges faits cxclusi-

^7 vcmcnl entre des hommes ayant hérité d'une aptitude égale pour les travaux demandes dans la région, et présentant à un âge égal, une égale aptitude , je dois ajouter une considération trèsimportante. Il peut arriver que la même aptitude possédée par une classe dans le travail le moins propre parmi les plus convenables, pour obtenir une comparaison avantageuse d'échange à l'égard des classes inférieures, soit aussi possédée par une autre classe, laquelle aurait à choisir ce même travail pour atteindre le but d'une avantageuse comparaison d'échange. Dans ce cas, ces deux classes viendront à former, sous le rapport de la valeur d'échange , une seule et même classe. Les travaux de ces deux classes s'échangeront entre eux en raison du coût. Le travail le moms propre parmi les plus convenables que les deux classes réunies auront choisis, pour obtenir une comparaison avantageuse d'échange dans les effets combinés de coût et d'aptitude à l'égard des classes supérieures, formera le degré d'miériorité de ces deux classes. Plcc-vevsâ, le travail le moins propre parmi les plus convenables à choisir parles deux classes réunies afin d'obtenir une comparaison avantageuse d'échange envers les classes inférieures , formera le degré de supériorité de ces deux classes ; de manière que ces deux classes devront, dans l'échange de leurs

travaux avec ceux des aulres classes, se regarder comme une seule classe. (^)

53. La conséquence des lois énoncées de la valeur naturelle d'échange dans l'hypothèse proposée , serait :

i.° Que chaque classe viendrait à se former des individus présentant dans les travaux convenablement choisis un égal mérite d'aptitude , à coût égal , sous les rapports combinés de coût et d'aptitude , par l'effet du niveau naturel de comparaison provenant de la concurrence des travailleurs aux ouvrages.

2.° Que chaque classe tendrait par sa nature à s'occuper dans les travaux les plus propres à lui obtenir, à l'égard des autres classes, une comparaison avantageuse d'échange , dans les effets combinés du coût et de l'aptitude.

3.° Que le mérite d'un travail devrait se mesurer par le mérite naturel qu'aurait à obtenir dans l'exécution de ce travail , la classe à laquelle il conviendrait de l'embrasser , pour atteindre le but de la comparaison la plus avantageuse envers les autres classes dans les effets combinés du coût et de l'aptitude.

SECONDE SECTION

Valeur naturelle du travail en échange parmi des individus d'une aptitude quelconque; iou-

jours dans V hypothèse qu ils demeurent à égale distance du marché de l échange et du lieu de l'exécution du ircwail^ et quils soient égaux entre eucc dans tout autre circonstance rconom'ujiie.

54. Jusqu'à présent je n'ai fait qu'indiquer les lois qui déterminent le prix naturel d'échange des travaux faits à un âge égal ou différent par des hommes qui auraient eu en héritage une aptitude égale pour l'exécution des travaux demandés dans une région , et qui présenteraient, à un âge égal, une égale aptitude, et tout cela dans la simple considération d'un échange exclusif entre eux.

Je dois maintenant faire connaître le prix naturel de l'échange entre tous les individus d'une région quels qu'ils soient, et, par conséquent, ou égaux, ou ayant affinité, ou différant entre eux dans chacune de leurs facultés physiques et morales, de même sexe ou de sexe différent, d'un âge égal ou différent; et cela toujours dans l'hypothèse d'une égale distance du marché et du lieu d'exécution, et égaux entre eux dans toute autre circonstance économique.

L'esprit de ces principes qui règle le prix naturel d'échange des travaux faits à un âge égal ou différent par des hommes nés avec une égale aptitude, et présentant, à un âge pareil, une

pareille aptitude , doit régler aussi le prix naturel de l'échange fait cumulativement entre des individus qui ont reçu de la nature une aptitude égale ou différente, d'un âge égal ou différent, d'un même sexe ou d'un sexe différent, entre des individus enfin ;, ayant dans chacune de leurs facultés respectives une aptitude égale ou différente dans le travail.

55. L'échange établi entre tous les travailleurs, chacun tend à s'occuper aux travaux qui, à l'égard de tous les travailleurs de la région , donnent la meilleure comparaison d'échange possible ; et le prix naturel de ces travaux dans l'échange reste réglé d'après les lois indiquées, qui déterminent le degré du mérite naturel du travail des classes respectives. D'où il suit, que le degré de supériorité du mérite naturel du travail de chaque classe à l'égard d autres classes, se déduit de la comparaison du mérite d'aptitude , à coût égal, dans l'exécution du travail qui, parmi les travaux auxquels chaque classe aura dû s'occuper pour obtenir, à l'égard des classes inférieures, la meilleure comparaison dans les effets combinés du coût et de l'aptitude, sera le moins propre à l'obtention de ce but; et vice versa, le degré d'infériorité dérive de la comparaison du mérite d'aptitude , à coût égal , du

travail qui , parmi les travaux auxquels ch^^"^

classe aura dû s'occuper pour obtenir à l'égard des classes supérieures la meilleure comparaison dans les effets combinés du coût et de l'aptitude, sera le moins propre à ce but.

Lorsque le cas arrivera qu'une classe se trouve liée avec d'autres classes par des circonstances semblables à celles énoncées aux § 4^ et 5o, on établira les rapports de gradation indirecte de l'une à l'autre classe, selon les principes émis aux mêmes paragraphes. Cela sera toujours sous-entendu , quelle que soit l'extension que doive prendre dans l'avancement de la société la complication des élémens qui composent le mérite naturel du travail.

56. Une classe se forme donc de tous les individus présentant, à coût égal , un mérite égal d'aptitude par l'effet du niveau naturel de comparaison qui , sous les rapports combinés du coût et de l'aptitude, résulte de la concurrence des travailleurs aux ouvrages.

Sy. Le mérite d'aptitude que chacun présente dans son travail , est égal : i.° à celui des individus qui , étant occupés à ces travaux, présentent , à coût égal , une aptitude égale : 2..° à celui des individus qui, ayant une égale aptitude pour l'exécution de ce même travail, l'auraient convenablement choisi , si la demande le permettait; mais qui, par suite de ce

manque de demande, doivent s'occuper à d'autres travaux les plus convenables à choisir par eux dans une pareille circonstance : 3.° au mérite des individus, qui, àl'ëgardde ceux occupés aux travaux supplétifs, se trouvent réciproquement égaux en mérite d'aptitude par l'effet des mêmes causes. (0

58. Il est nécessaire de faire entrer en considération, qu'en indiquant les lois de l'échange entre des individus ayant obtenu une aptitude égale pour les travaux demandés dans une région, nous avons supposé que tous connaîtraient aussi avoir eu cet héritage. Ici on doit ajouter la réflexion que plusieurs individus ne connaissent pas le partage d'aptitude qu'ils ont eu en héritage de la nature ; et que, par conséquent, plusieurs commettent des erreurs en embrassant le travail. D'autres ne découvrent que tard , dans le cours des vicissitudes de la vie, les avantages de leur aptitude ; c'est pourquoi ils doivent présenter une moindre aptitude que ceux qui, ayant hérité d'une aptitude égale , se sont occupés à l'exercer dans un âge plus tendre. Attendu que le prix naturel est formé par le niveau naturel de la concurrence, ce sont seulement les individus concurrens d'une classe , qui influent sur le prix naturel du mérite du travail d'une classe. Celui qui s'occupe ?i un travail dans

la croyance erronnJe, qu'il sera propre à présenter la comparaison d'échange la meilleure possible dans les rapports combinés du coût et de l'aptitude, doit être considéré, tant que dure une semblable persuasion, comme faisant partie de la classe d'individus ayant une aptitude égale à celle qu'il possède pour le travail embrassé.

59. C'est pourquoi le prix naturel d'un travail se mesure par le mérite naturel que peut obtenir , dans l'exécution de ce même travail , la classe par laquelle il est propre à être choisi pour atteindre le but de la plus avantageuse comparaison d échange sous le rapport combiné du coût et de l'aptitude.

60. Il peut arriver que des individus d'une classe concourent , non pas par erreur , mais bien sciemment , au travail d'une autre classe. Le mérite naturel de leur travail sera la valeur naturelle que pourrait obtenir par ce travail la classe à laquelle il conviendrait de l'embrasser,

' dans le but de retirer l'échange le plus utile par les effets combinés du coût et de l'aptitude. Le travail de la classe d'un individu ne peut, par exemple, être hâté par une exécution plus prompte et plus fatigante ; mais cet individu, pour soutenir son fds malade, a besoin d'une valeur plus forte que celle de la journée du I. 3

travail ordinaire, propre à sa classe. Il se présente à ce travail exécutable en une journée par la classe supérieure , et qu'il pourra aussi achever en une journée, mais avec une fatigue tellement violente, qu'elle le rendra inapte au travail dans la journée suivante. Le travail fait par lui, ne peut offrir dans l'échange que la valeur du mérite naturel rccevable par la classe à laquelle ce travail appartient; mais, quoique cette valeur de son ouvrage soit équivalente à la valeur d'une journée et demie de travail de sa propre classe, et que le coût soit équivalent pour lui au coût de deux journées, l'urgence du besoin le forcera à préférer ce travail à l'autre.

6i. De l'enchaînement général des lois, qui déterminent le prix naturel du travail en échange, il résulte que ce prix dérive du niveau produit par la concurrence de tous les individus de la région aux travaux respectivement les plus convenables à entreprendre. Le génie, l'homme extraordinaire et unique , qui n'a point d'égal dans l'exécution d'un travail , peut seul s'affranchir de la valeur qui dérive du niveau naturel de la concurrence des travailleurs aux cxivrages les plus convenables. Si son travail n'est point recherché, il reste avili et sans prix , et il justifie alors cet adage italien : // saper che nonfrutta è più niiscro assai deîla sciocchezza. Il est con-

Iraint de s'occuper au travail le plus propre parmi les travaux demandés , et ne peut eu retirer rien de plus que le mérite naturel, que ce travail présente à la classe propre à le choisir. Mais si l'on a besoin de l'œuvre de ses facultés extraordinaires, le prix de cette œuvre dérivera du niA eau produit par le conflit de sa demande , et de l'offre des acheteurs.

TROISIEME SECTION

Valeur naturelle du travail en échange entre des indiçidus d'une aptitude diverse; à diverses distances du marché d échange et du lieu d 'exécution de travail ; et dans des circonstances économiques également diverses.

62. Pour procédf'r par dégrés au développement des principes , et pour en rendre conséquerament l'intelligence facile , je n'ai supposé ni la diversité de distance du marché , ni la variété des marchés, ni la différence des lieux d'exécution du travail , ni celle des conditions économiques dans chaque individu ; en un mot, à l'exception d'une A'^ariété d'aptitude naturelle , j'ai considéré Thomme dans des circonstances précisément égales; et, parlant de là, j'ai envisagé le coût du travail de riionimc sous

îa considération de cette égalité de situation économique.

Il est cependant nécessaire de considérer l'homme dans la variété des circonstances économiques. Un individu , qui est éloigné d'un mille du lieu de la vente , a certainement, à l'égard de l'individu d'une aptitude égale qui en est éloigné de dix milles, l'avantage d'un moindre coût de travail de vente. L'individu, qui se trouve sur le lieu du travail , a sur l'individu d'une aptitude égale , éloigné du travail, l'avantage d'occuper au travail le temps que l'autre met à se rendre au lieu du travail , et à retourner chez lui. Et ainsi de suite , ces considérations doivent s'appliquer à toute différence de situation économique chez le travailleur.

63. Au lieu donc de considérer la masse des individus d'un état divisée en tant de classes composées chacune séparément des individus concurrens, qui présentent, à coût égal, un égal mérite d'aptitude parles rapports combinés du coût et de l'aptitude , on doit considérer cette masse dans la division des classes composées chacune des individus qui y concourent, présentant, à coût égal , un égal mérite d'aptitude au marché le plus convenable , par les effets combinés de coût, d'aptitude, et de condition économique.

64- Le même esprit des principes énonces développe l'affinité , FenchaînemcHt et la gradation de ces classes , et , par conséquent , le mérite naturel de leur travail.

65. Chacune de ces classes d'individus tend , dans Fétat naturel des choses, à s'occuper aux travaux les plus propres à procurer dans le marché le plus utile , la meilleure comparaison envers ies autres classes à l'aide du coût , de l'aptitude , et de la situation économique.

66. Ainsi, le degré respectif de supériorité de mérite naturel de travail que chacune de ces classes, séparément considérée , possède à Tégard des classes inférieures en aptitude , se déduira du degré de supériorité de mérite d'aptitude, qui, dans le marché sortable , résultera de la comparaison — du travail le moins propre parmi les plus convenables , auxquels chaque classe aura dû s'occuper pour obtenir à l'égard des classes inférieures l'échange le plus avantageux , — avec le travail exécuté à coût égal par la classe qui , ayant à s'occuper à ce même travail dans le choix des ouvrages les plus propres à obtenir une avantageuse comparaison d'échange à l'égard des classes supérieures, ressortira, par les effets combinés de coût, d'aptitude et de situatior* économique ,1a moins

inférieure en apiilude parmi toutes les classes inférieures.

67. Ces mêmes principes feront également connaître le degré relatif d'infériorité de mérite naturel de travail , que chaque classe doit avoir à l'égard de celles qui lui sont supérieures.

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