‹ La science des espritsChapitre 4 sur 84 · PREMIÈRE LÉGENDE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LÉGENDE

COIUCEKT UNS FEMME PLEURAIT DE n'ÊTRE K)1NT MÈRE ET GOMMENT ELLE EUT UNE FILLE QUI DEVINT LA MÈRE DE DIEU.

Il y avait une femme nommée Hannah qui était stérile parce que son époux s'était éloigné d'elle.

Cette femme était donc triste et désolée comme la Synagogue lorsqu'elle attendait le Messie.

Vint le temps des nouvelles pâques et elle n'osa se revêtir de ses habits de fête, parce qu'elle n'était pas mère et que ses servantes mêmes lui reprochaient d'être stérile.

Elle s'en alla donc et se laissa tomber sous un laurier.

C'était du temps que Rome venait de soumettre le monde.

Et sur les branches de ce laurier elle vit un nid de moineaux, et elle pleura amèrement en répétant :

Je ne suis point mère.

Alors TEsprrt du Seigneur lui pàHa et lui dît : Je suis (bûché de ta douïélit, et je te ramènerai ton époux ;

Car mon oreille est toujours inclinée vers les lèvres de céiix ^ui pleurent.

Tu dis ; Je n'ai point mis un homme au monde, et moi je te promets qtielque chose de plus heureux : car tu enfanteras la fetflme sans péché ;

Celle à qui je dîriai, par la bouche de Thurtiariité : Vous êté^ ma mère I

La Synagogue enfantera l'Église d'où sortira lé principe de Ta^sociàtioti catholique ; la servitude engendrèi^à la liberté ; la femme esclave mettra au monde la femme pure et libre.

A ces paroles Hannah sentit ses larmes s'arrêter : elle se leva et elle courut, car elle pressentait que son époux n'était pas loin.

Elle le rencontra qui ramenait son ti-oupeau et qui revenait des champs en disant : Je doimirai cette nuit dans ma maison.

El elle l'émbrassâ, puis elle lui dit : Demain, j'aurai cessé d'être stérile.

II lui fut fait selon ce qu'elle avait cru, et après le terme accompli elle devint mère.

Mais ses compagnes, qui la félicitaient, lui dirent, comme pour tempérer sa joie : Ce n'est qu'une fille.

— Qu'elle soit nommée Marie, répondit Hannah, et que le monde espère, car ma fille aura un fils:

Marie sera mère de Dieu.

Ses compagnes ne comprirent pas ce qu'elle voulait leur dire, mais elles enveloppèrent l'enfant dans des linges blancs et la posèrent dans son berceau neuf, en admirant combien elle était belle.

Quand la petite fille Marie eut trois ans, ses parents la portèrent au temple, et, comme ils l'avaient posée à terre, elle monta toute seule les degrés de l'autel.

Ainsi, dans un âge si tendre, sa religion fut déjà libre et ses croyances ne lui furent point imposées.

Elle resta dans le temple jusqu'à l'âge de quatorze ans et se prit d'amour pour la beauté éternelle. C'est pourquoi elle dit : Je suis la servante du Seigneur.

C'est pourquoi elle ne fut jamais servante d'un homme.

L'esprit d'amour alors n'était point encore descendu sur la terre, et la génération était regardée comme une souillure. L'homme était enfant de la chair, et le christianisme ne l'avait pas fait encore enfant de Dieu.

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