‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 120 sur 207 · LIVRE IV. DE.S ÉniFICES MII.IT.\ 1RES. r^^■J · texte numérisé non relu

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vue ne soit point barrée par rettc traverse, et que la croisée en ait plus de grâce : à l’égard de la hauteur des carreaux, il faut leur donner environ un sixième de plus fjue leur largeur

Détail des Cûiwertures de tuiles et (F ardoises.

On distingue ordinairement troi.s sortes de tuile : la première est celle du grand moule, qui a trois pouces de long et 8 de large; on lui donne 4 |K>uces de pureau ou il'écliantillon ; la seconde est le moule bâtard dont nous ne dirons rien, parce qu’il n’est plus d’usage : la troisième, celle du petit moule, qui a environ lo pouces de long sur 6 de large, on lui donne 3 (louces de pureau ; il faut environ i5o tuiles du grand moule pour faire une toi.se quarrée de couverture, et près du double, c’est-à-dire 3oo tuiles du petit.

La latte dont on se sert pour les couvertures de tuile, s’appelle latte quarrée ; elle doit être de bon bois de chêne de droit fil, sans nœuds ni aubier : elle se vend en botte, et la botte contient 5o lattes de 4 pieds de long chacune. Quand les chevrons sont à un pied de distance les uns des autres, chaque latte est clouée sur quatre chevrons, avec cinq ou six clous ; et comme il reste trois espaces de chevrons entre les deux extrémités d’une latte, on met une contre-latte clouée de deux en deux contre- lattes, et la distance d’une latte du dessus à celle du dessous, qui est ce qu’on appelle pureau, est ordinairement d’un tiers de la hauteur de la tuile prise au-dessous du crochet.

Quand on emploie des tuiles du grand moule, il tant environ trente lattes par toise quarrée de couverture, et 36 quand on se sert de celles du petit moule ; ce qui demande l’un portant l’autre iqo clous.

Pour que la tuile soit bonne, elle doit être faite d’une argile bien grasse, qui ne soit ni trop rouge ni trop blanche, et si bien cuite, que lorsqu’on la suspend avec un lil pour la frapper, elle rende un son clair et net ; ce qui n’arrive pas quand elle est mal cuite, alors elle s’écaille et tombe par morceaux ; on observera aussi que la plus vieille cuite est la meilleure.

Nous avons en France deux sortes d’ardoise, dont l'une se tire de Mézières et de Charleville, et l’autre vient d’Angers : cette dernière est beaucoup plus estimée que celle de Mézières et de Charleville, mais en

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general la meilleure est celle qui est la plus noire, la plus luisante et la

plus ferme.

Il y a à Angers de trois sortes de grandeur d'ardoise : la première s'appelle la grande quarree forte, il en faut environ aoo pour faire une toise quarrée; la seconde s'appelle grande quarrée line, il en faut i8o par toise ; la troisième s'appelle petite fine, il en faut 34o par toise.

On donne pour pureau à l'ardoise, aussi bien qu’à la tuile, le tiers de sa hauteur, et les lattes sur lesquelles elles sont attachées, s'appellent lattes volisses, et ces lattes, qui sont beaucoup plus larges que celles qui servent aux couvertures de tuile , se touchent presque l’une l'autre : elles se vendent aussi par bottes, et chaque botte contient vingt-cinq lattes ; une botte fait environ une toise et demie de couverture , la contrelatte est de bois de sciage.

Pour em|)loyer un millier d’ardoise, supposant qu’elle ait un pied de long et 5 à 6 pouces de large, qui est la plus en usage, il finit cent cin- •quante lattes, et loou i a toises de contre-lattes ; il faut environ laclous pour attacher chaque latte sur les chevrons, et au moins trois clous pour chaque ardoise.

On se sert ordinairement de tuile pour faire les égouts des couvertures d'ardoise ; et afin de les rendre de la même couleur, on les |)eint à l'huile.

Le plomb dont on couvre les enfaîtements des combles d'ardoise et des arreslières, doit avoir une ligne d’épaisseur, et environ ao pouces de large ; on le maintient avec des crochets posés le long de l’enfaîtement, dont il y en a un sur chaque chevron : l’enfaltcment des lucarnes se couvre aus.si de plomb de même épaisseur, mais pas tout-à-fait si large, puisqu’il suffit qu’il ait i5 pouces; celui que l'on emploie pour couvrir les œils de beuf et les noues est aussi de même espèce.

Le plomb jiour les cheneaux que l'on met sur les enfaîtements doit avoir une ligne et demie d'épaisseur et i 8 pouces de largeur , et celui des bavettes au-dessus des mêmes chéneaux est aussi de même qualité : il faut donner aux cheneaux environ un pouce de pente par toi.se pour l’écoulement de l’eau, que l’on soutient par des crochets posés aussi sur chaque chevron.

Le plomb du tuyau de descente doit avoir deux lignes d'épaisseur, et le tuyau '3 pouces de diamètre, et leurs entonnoirs ou hottes pèsent

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