I.IVRE V. DE LA DÉCORATION. 4/,i
sans aucune architrave, est la seule pièce qui mérite d’être mise en (£UTre,et qui peut rendre cet ordre recommandable. Il fait ensuite la description de la colonne Trajane , dont il remarque l’excellence, et qu’il croit avoir servi de règle à la colonne Autonine, et à une autre qui fut élevée dans Constantinople à l'honneur de l’empereur Théodose. Cette dernière est des plus belles, non-seulement parce qu'elle est bien proportionnée , mais par l’ouvrage en bas-relief dont elle est entourée depuis le bas jusqu’en haut, où l’on voit la description du triomphe de cet empereur après avoir vaincu les Seytes. J’en ai une estampe qui a bien a5 pieds de longueur sur a de hauteur, gravée sur le dessin d’un R. P. Jésuite , qui l'a fait à Constantinople d’après l’original. Cependant, selon Félibien , il y a apparence que la colonne Trajane n’est pas la première que l’on ait dressée à l’honneur de grands hommes, puisqu'il n’y a pas long-temps que l’on voyait à Rome une petite colonne toscane sur laquelle était la figure d’un corbeau avec ce mot au-dessous Corviii, qui marque selon toute apparence que cette colonne fut élevée à Valérius Maximus, après l’action qu'il fit à la vue de l'armée des Gaulois et de celle des Romains, où il accepta le défi d’un géant qui sortit de l’armée ennemie, qu’il combattit et vainquit avec le secours d'un corbeau qui vint se placer sur sa tête, ce qui lui fit prendre ensuite le surnom de Corvinus : et comme , suivant l’histoire romaine nouvellement mise au jour par les R R. P P. Catrou et Rouillé, de la compagnie de Jésus, cette action mémorable est arrivée l’an 4°4 de la fondation de Rome, on voit combien cette colonne est plus ancienne que la Trajane.
Voyei rhistoir« citée, tome 4, p. üJa..