MENUISERIE
Iæs planchers au-dessus des solives seront faits de planches de sapin bien sec d’un pouce ou un pouce et demi d’épaisseur, blanchies du côté vu, assemblées à rainure et languette, bien dressées et attachées aux solives avec autant de clous qu'il sera nécessaire pour les empêcher de se déjeter.
Toutes les croisées de menuiserie auront 7 pieds et demi de hauteur sur 4 pieds 4 pouces de largeur, et seront assemblés à bouement. Les châssis dormants auront deux pouces d’épaisseur, et seront ornés de meneaux ronds sur les montants et traverses, avec un quart de rond sur l’appui élégi dans ses traverses. Les châssis à verre auront un pouce et demi d’épaisseur, et les volets un pouce ; le tout de bon bois de chêne bien sec et bien assemblé, garni de ses ferrures, qui consisteront pour chaque croisée en huit gonds, huit Kches ou gonds n charnière, quatre targettes, quatre crampons et huit équerres proprement limés et mis en œuvre. Chaque panneau des croisées sera garni de verre blanc posé en plomb ou en mastic , soutenu et arrêté par trois vergettes de fer arrondies, bien clouées aux panneaux, et attachées avec bonnes attaches de plomb suivant l’usage.
S’il est jugé nécessaire de barrer ces croisées, on y emploiera des l>arreaux de fer quarré de trois quart de pouce de grosseur, qui entreront de quatre pouces dans les appuis et couvertes , et seront scellés en plomb. Les portes communes seront aussi de bon bois de chêne bien sec, de 6 pieds et demi de hauteur, de trois de largeur, et un pouce et demi d’épaisseur, bien assemblées avec clef, collées et emboîtées par les deux bouts par des emboitures de 5 à 6 pouces de haut , et garnies chacune d’une .serrure à tour et demi, bénardée à l'usage de France, bien limées et polies, de meme que ses penturcs et gonds, qui seront seulement limés, brunis et d’une force convenable.
Les portes à deux ventaux auront chacune 4 pieds et demi de large, et 7 à 8 de hauteur, et seront de bois de chêne d’un pouce et demi à deux pouces d’épai.sseur d’assemblage, et d’un pouce seulement pour les panneaux. Elles seront collées et emboîtées comme les précédentes, sur la largeur et épaisseur du bois, et bien rabotées des deux côtés; elles seront de plus garnies de ressorts, verroux, serrures et autres ferrures nécessaires : le tout proprement limé et de force suffisante.
Les grandes portes cochères auront g pieds de largeur sur ta à i3 de hauteur , leurs battants seront épais de 4 pouces et larges de 8 à les bâtis de 3 pouces d'épaisseur , les cadres quatre , et les panneaux d'uD pouce et demi.
Le lambris des plafonds et cotés des chambres sera fait de bon bois de chêne oa de sapin bien sec, a grands panneaux assemblés, collés et bien arrêtés dans les murs, ou de planches seulement bien blanchies du côté vu, et recouvertes de liteaux sur tous les joints.
Les conditions de cet abrégé peuvent s’appliquer aux casernes, pavillons, arsenaux, logements d'état-major et autres, en changeant seulement ce qui pourra &ire quelque dillérence, tant dans la décoration que dans la pierre de taille et la qualité des matériaux, qui sont tou.s arbitraires suivant les lieux , la destination et la dépense qu’on juge à propos d’y faire.
De la forme des adjudications; formalités qui s'y observent; et da- style dans lequel elles sont confuet.
Le devis étant réglé, et partie des fonds assignée, l’intendant de la province fait publier et afficher dans toutes les places de son département, et même dans les provinces voisines, qu’à tel jour nommé il sera proédé en son hôtel et par-devant lui à l’adjudication des ouvrages à faire pour la construction de la nouvelle place , où seront admis tous ceux (|ui voudront sc charger de cette entreprise , et £ûre la condition du roi la meilleure, en donnant bonne et suffisante caution.
Le jour arrivé, l'intendant, accompagné du directeur des fortifications et autres assemblés à ce sujet, fait lire à haute voix le devis tout entier, afin que les prétendants à ladite entreprise puissent être informés de la nature des ouvrages qu’on veut construire, et des conditions auxquelles ils doivent s’assujétir ; après quoi commencent les différentes mises des entrepreneurs, espèce d'ouvrage par espèce d'ouvrage, qu'on inscrit à mesure quelles se font. Puis, quand il ne se trouve plus personne qui mette au rabais, on allume trois feux de bougie consécutifs, pendant la durée desquels un nouvel entrepreneur peut encore être reçu à faire un nouveau rabais ; et enfin , après l'extinction desdits feux , l'entreprise est adjugée à relui qui a fait la cou-
1-1VR£ VI. m LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. 559 dition du roi la metlleare, et l’oo «n dres.s« procfs-verbal à-peu-pm dans les termes saÎTants ;
Ce jourd'hui. . .mois, an et jour. . .Nous... ( noms et qualités de rintendant de la prorince ), étant à notre hôtel à , . .( nom de la ville }, après plusieurs afTiehes et publications faites tant dans ladite ville que dans les autres places de la province, portajit que ledit jour il serait par nous procédé à l'adjudication et au rabais des ouvrages que le roi a ordonné être laits pour la construction d’une place neuve à. . .( nom du lieu qu’on doit fortifier), suivant le dessin deM. . .y avons procédé en présence et de l’avis de M. . . ingénieur-directeur des fortifications de.sdites places, aux clauses et conditions dont la teneur s'ensuit.
Devis des ouvrages, etc. (On copie ici le devis tout entier dans la forme qui a été prescrite, après quoi l’on continue le procès-verbal de la manière suivante. )
Les entrepreneurs acceptant les conditions du présent devis se fourniront de tous les matériaux, peines d’ouvriers, voitures, échafaudages, ponts, planches, outils, engins, cordages, et généralement de toutes les choses nécessaires à l'exécution de leur entreprise; feront aussi à leurs frais tous les épuisements d'eaux , et seront obligés, un an après la construction de la place, de refaire tous les joints de la maçonnerie avec bon mortier de chaux et sable, sans qn ils puissent prétendre antre efaose, de la part de Sa Majesté, que les prix portés par l’adjudication qui leur en sera faite, observant qn'auctme terre ne soit toisée deux fois, quoique parties soient sujettes à un second transport, à l’exception tontefois de celles qui seront passées à la Haie, et des terres douces qui seront mi.ses à ^>art, pour former les parapets, dont on tieiulra compte pour le second transport ; on observera encore qu’aucun remblai ne soit toisé, ni aucun vide dans le cube de la maçonnerie. Seront au surplus lesdits ouvrages exécutés avec toute la diligence possible, sujets aux vérifications et réceptions suivant la manière accoutumée , et garantis un an après qu’ils auront été reçus par les ingénieurs qui en seront chargés.
Au moyen desdits prix , les entrepreneurs seront exempts de guet et garde, de toute corvée et logement des gens de guerre, et il leur sera permis de faire couper tous les gazons dont ils auront besoin , dam les prairies ou vieilles pâtures les plus à portée , qui leur seront marquées
5Go LA SCIENCE DES INGENIEURS,
par notre subdélégué, ou par les magistrats des lieux, et l'ingénieur en chef de la place, sans que Icsdits entrepreneurs soient obligés d'en rien payer aux propriétaires des terres. (Si la place est bien frontière et qu'on soit en temps de guerre, on pourra ajouter qu'il sera donné à l'entrepreneur les escortes nécessaires pour la conservation de ses bestiaux, soif chevaux ou boeufs employés à voiturer les matériaux pour la construction des ouvrages. Que .si lesdits chevaux ou boeufs viennent à être pris avec les escortes par cjuelque parti ennemi, soit de troupes réglées ou autres, en voiturant les matériaux, l'entrepreneur en sera indemnisé suivant leur juste valeur. Qu'au casque ledit entrepreneur, ou scs commis soient pris prisonniers par les ennemis en faisant le service du roi, leur rançon sera ptayée par Sa Majesté.)
Et après lecture faite du devis ci-dessus à haute et intelligible voix, que les entrepreneurs assemblés pour mettre leur rabais ont dit entendre , lesdits ouvrages ont été mis à prix , savoir :
[.a toise cube de grosse maçonnerie, par le sieur. . . .à 3o liv. ; par le sieur. ... à a5 liv. ; par le sieur. . à aa liv., et par le sieur. . . . à ao liv.
La toise cube des terres , etc. (Et ainsi de suite, désignant chaque espèce différente d'ouvrages, sans en oublier aucun, s’il est possible, pour éviter toute contestation dans la suite, et spécifiant à chaque article toutes les mises qui y ont été faites suivant l'ordre, et finissant par la dernière et la plus faible. )
Après quoi nous avons fait allumer trois feux consécutifs, pour voir si pendant leur durée quelque particulier de ladite assemblée ne ferait |K>int quelque nouveau rabais; mais lesdits feux s'étant tous éteints, et ayant fait trois autres remises à difTércuts jours , sans qu'il .se soit présenté personne qui ait voulu mettre lesdits ouvrages à plus bas prix, ni faire la condition du roi plus avantageuse que le sieur. . . Nous, de l'avis jle M.... directeur, et sous le bon plaisir de Sa Majesté, lui avons adjugé et adjugeons lesdits ouvrages, à charge de donner bonne et suffisante caution; savoir:
Audit sieur. . . .la toise cube de maçonnerie à ao liv.
La toise cube des terres, etc. (Reprenant ainsi de suite toutes les dernières mises dudit entrepreneur.)
Lesquels prix seront pavés audit entrepreneur, des deniers de Sa
LIV. VI. DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. 56i Majesté sur les fonds faits et à faire pour lesdits ouvrages , au fur et à mesure de leur avancement, et sur les billets de l’ingénienr qui aura la principale conduite. Fait à . . . . jour et an que dessus , signé l'intendant, le directeur et l'entrepreneur.
Et à l'instant ledit sieur .... nous a présenté pour caution la personne de Guillaume .... demeurant à . . . . lequel , tant en cette qualité qu'en celle d'associé, s'est obligé pour ce présent, et s’oblige solidairement comme pour les propres deniers et alTaires de Sa Majesté, et par les mêmes voies que ledit entrepreneur est tenu. Fait lesdits jour et an que dessus. Signé l'intendant de la province et la caution.
Pour la conduite que les ingénieurs doivent avoir avec les entrepreneurs, il faut d'abord se persuader que, comme les entreprises ne se font qu'en vue du gain , on a besoin de tonte son attention pour empêcher que ce motif n’occasionne bien des mal-façons , ou de la négligence dans le travail. Ainsi , pour y obvier , il est du devoir de l’ingénieur de n'épargner ni ses soins ni ses peines pour que toutes choses soient faites dans l'ordre, et d'être toujours présent, autant qu'il est possible , à tout ce qui s'exécute. Les maçonneries surtout demandent une présence continuelle , de même que la façon des mortiers et le choix de l'emploi des pierres ; il ne faut avoir sur cela aucune indulgence , les ouvriers se relichent assez d’ailleurs. On doit aussi avoir beaucoup de régularité dans ses registres, dans la prise des attachements, dans la distribution des témoins, dans l'acceptation des matériaux , et ne pas oublier de fixer la grosseur des bois avant que l’ouvrage se tasse , de crainte que l'entrepreneur n'abuse de la condescendance qu'on aurait de les lui laisser employer à sa volonté , et qu’il ne multiplie mal à propos le nombre de cent de solives, abus qui n'est pas moins grand, et qui souvent n'est pas moins préjudiciable à l’ouvrage que celui d'employer des bois trop faibles ; il en est de même des ferrures et de plusieurs antres choses , qu'il serait trop long de détailler.
D'un autre côté il ne faut pas non plus être inquiet , ni vétiller sans sujet; le bien du service veut que l'entrepreneur s’exécute, et qu'il n'épargne rien pour la bonté des ouvrages , mais il veut aussi que le même entrepreneur trouve , en travaillant bien , de quoi se dédommager de ses frais et de ses peines. Si cependant il a fait un mauvais marché , ou qu'il lui arrive dans le cours du travail des contre-temps
fâcheux et inévitables , ce n'est point à l’ingénieur à y entrer : l’entrepreneur a la voie de représentation à la cour , comme cela est arrivé plusieurs fois ; et quand il est bien fondé , il est comme assuré de trouver dans la bonté du roi de quoi l’indemniser de ses pertes. Mais qu’un s’embarrasse peu d’ailleurs des tons plaintifs qui sont assev. ordinaires à ces Messieurs. Un ingénieur qui sait son métier voit aisément ce qui est juste et raisonnable à faire ; et pour peu qu’il prenne la peine d’entrer dans le détail de chaque chose, il connaît d’un coup d’oeil à quoi il doit s’en tenir.
On demande s'il est plus avantageux de n'avoir à faire qu’à un seul entrepreneur général qu’à plusieurs qui seraient chargés de différentes es|)èces d’ouvrages. L’un et l’autre peuvent avoir lieu , comme cela arrive quelquefois : cependant il convient mieux qu'un seul en soit chargé, et plusieurs raisons semblent autoriser mon sentiment.
1° Quand tout est réuni dans la même personne, le travail se suit mieux , il survient moins de discussions et de faux -fuyants.
Les intérêts du roi ne périclitent pas tant, et il est plus aisé de faire des recherches, si le cas y échoit.
3° I, 'entrepreneur général trouve toujours lui-même des gens solvables et capables pour soutraiter avec lui ; et enfin dans les différentes manœuvres qui surviennent, on sait d'abord à qui s'adresser, et sur qui cela dpit rouler, sans être exposé aux mauvais procédés qui arrivent souvent , quand plusieurs entrepreneurs s’en mêlent ; ainsi il n'y a pointa balancer dans ce choix, et il est même d’usage dans une grosse entreprise de donner le tout à celui qui est chargé des plus gros ouvrages, quand même il s’en serait trouvé d’autres qui eussent détaché quelque chose ; mais aussi l’entrepreneur général ne peut exiger que le prix des mises qui auront été faites.
Devis et Conditions qu'observeront les Entrepreneurs des casernes ordonnées à faire h Béthune.
PKEMIÈREMENT.
Les terres pour les fondements seront enlevées et posées dans les lieux indiqués, conformément aux alignements et piquets de hauteur <|ui seront donnés, pour relever le terrain autant qu’il sera jugé conve-
Dioitized ij
LIV. VI. DE I>.\ MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. 563 nir par l'ingéiiieur-directeur, ou celui en chef, pour remplir les trous, et mettre à hauteur les rues qui y communiquent , afin de rendre le terrain bien uni , avec les pentes d'eau nécessaires , observant de les arranger et dresser par lits dans tonte l'étendue qu'elles devront occuper, et de les bien battre avec des dames ou masses de bois ; et s’il s’en trouve trop, l’entrepreneur les fera porter hors la ville aux endroits qui lui seront marqués; et quand il s’en trouvera de mal mises, il sera obligé de les ôter et rétablir à ses frais.
Ces terres seront mesurées et réduites à la toise cube dans les lieux de leur déblai , et payées au prix de l'adjudication.
II. L’excavation faite en profondeur suffisante , et le fonds reconnu bon par l'ingénieur, il sera aplani bien de niveau; après que les alignements auront été vérifiés, on y commencera la maçonnerie en libage et gros moellon jusqu'à un pied au-dessous du rez, laquelle aura de largeur on d'empattement, savoir, le pignon qui regarde la ville , et la partie du mur de face qui regarde le rempart des deux bouts qui doivent butter les voûtes des écuries, 5 pieds 8 pouces jusqu'à la première retraite, 5 pieds 4 pouces pour la deuxième, et 5 pieds en nette maçonnerie.
Le pignon qui regarde le château , 3 pieds 4 pouces jusqu'à la première retraite, 3 pieds pour la deuxième, et a pieds 8 pouces en nette maçonnerie.
Les murs de face , 3 pieds a pouces jusqu'à la première retraite , a pieds lo pouces pour la deuxième, et a pieds 6 pouces en nette maçonnerie.
Ceux de refend qui doivent contenir les cheminées, et l’entrefend qiii traverse en long les écuries dans le milieu du bâtiment au quartier des soldats , 3 pieds jusqu'à la première retraite , a pieds 8 pouces pour la deuxième, et a pieds 4 pouces ou trois briques et demie de 8 pouces en nette maçonnerie.
Les dix contreforts des cinq angles , de 5 pieds jusqu’à la première retraite , 4 pieds 8 pouces pour la deuxième , et 4 pieds 4 pouces en nette maçonnerie.
Les autres murs qui font la cage des deux escaliers, de a pieds 4 pouces jusqu’à la première retraite , a pieds pour la deuxième , et un pied 8 pouces ou deux briques et demie en nette maçonnerie.
Le mur d’échiffe au quartier des soldats, d’un pied 8 pouces jusqu’à
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la première retraite, nu pied 4 pouces pour la deuxième, et un pied
ou brique et demie en nette maçonnerie.
Les deux murs d’entrefend pour le corridor an quartier des ofUciers, a pieds jusqu'à la première retraite, un pied 8 pouc. pour la deuxième, et un pied 4 pouces en nette maçonnerie.
Le mur qui sépare le quartier des officiers de celui des soldats, a pieds ' jusqu'à la première retraite , un pied 8 ponces pour la deuxième , et un pied 4 pouces ou deux briques en nette maçonnerie.
Et l'autre mur traversant les deux dernières écuries , de 3 pieds jusqu'à la première retraite, a pieds 8 pouc. pour la deuxième, et a pieds quatre ou trois briques et demie en nette maçonnerie.
I.x:s parties qui se trouveront plus basses que 6 à 7 pieds auront une augmentation d'épaisseur, à raison de 4 pouces par retraite sur a pieds et detfîdc hauteur; et si l'on rencontre le sable bouillant, on diligente}^ les fondements en les découvrant , lui donnant tonte l'épaisseur ou empattement qu'on croira nécessaire , qui sera toujours réduit en nette maçonnerie aux épaisseurs dites ci-dessus jusqu'au plancher du premier étage.
Les murs des latrines seront de même construction que ceux de (aces des bâtiments.
Puis , après avoir élevé trois rangs de brique bien de niveau , faisant chaîne sur toute l'épaisseur de ces murs , et vérifié de nouveau les alignements et les angles , on y posera une graisserie servant de base eu dehors, laquelle aura trois pieds de hauteur, où on laissera un chanfrein de deux pouce.* coupé en glacis , qui fera une retraite.
La même graisserie sera continuée en-dedans des écuries pour la conservation des murs; il en sera pareillement des pilastres des angles, ou encognures du rez-de-chaussée , qui feront un avant-corps de deux pouces de saillie; des piédroits ou jambages des fenêtres et portes, lesquels seront élevés jusqu'à la hauteur de sept pieds , observant les ébrasements et battees suivant l'uaage. ,
Les appuis des fenêtres , les seuils des portes en dehors, les premières marches , seront aussi de grès d'une seule pierre , le tout proprement coupé conformément au modèle du nouveau pavillon de Saint-Prix; les marches de l'escalier au quartier des soldats, aussi d'une seule pierre, seront débruties et mises en «euvre à joints carrés et recouverts ; elles
LIV. VI. DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. 565 auront la pouces de giron sur 6 de hauteur, à porter dans les murs de 3 ù .'i pouces de chaque côté , ce qui fera 4 pieds a pouces de longueur totale ou euriron , sans défauts ni défectuosités vicieuses ; apres quoi l’on achèvera de même façon les angles , les portes , les fenêtres , les cordons à chaque étage, les entablements et les souches des cheminées au-dessus des toits, en pierres blanches, ainsi que les ornements qu'on laissera en attente de sculpture.
Le reste de la maçonnerie sera fait en brique depuis le dessus de la graisserie, ainsi que les voûtes des écuries, et celles des escaliers au quartier des soldats.
On gardera bien exactement les distributions des chambres et écuries, et les décorations suivant les dessins, plans et profils qui seront donnés à l’entrepreneur, ainsi que les retraites; savoir, au premier étage, le pignon et la partie de mur de face qui butteront les deux bouts des voûtes des écuries, seront réduits à la même épaisseu\~, et tout ainsi que les autres murs de même nature diminuent d'une demi-brique , de sorte que les deux pignons auront seulement a pieds 4 ponc. ou trois briques et demie d'épaisseur, les murs de face a pieds ou trois briques au-dessus des cordons au quartier des officiers, et à celui des soldats au-dessus des voûtes des écuries : les murs qui font la cage des escalftrs , et celui qui sépare les deux quartiers , seront réduits à un pied ou une brique et demie depuis le premier étage jusqu'à leur hauteur totale.
Les murs de refend qui contiennent les cheminées, lesquelles seront dévoyées à côté l’une de l'antre dans l’épaisseur des murs du bas en haut, ne peuvent souffrir de réduction.
Tous les autres murs diminueront de 4 pouces à chaque étage.
l.e bâtiment des latrines sera de même construction , et des dimensions des murs de face, dont les voûtes en plein cintre auront les ouvertures nécessaires pour le passage des matières, le fond pavé de grès avec une décharge dans la rivière.
].-es chambres du rez auront ii pieds de liauteur, les autres des étages au-dessus lo, non compris l'épaisseur des planchers; les galetas auront aussi lo pieds d'élévation jusque sous les entraits : tous lesquels planchers seront compassés, de sorte que l’appui des fenêtres et l’entablement se troaivent h 3 pieds de hauteur au-dessus tout au plus.
Les murs du dedans en général seront élevés bien à plomb; et ceux
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qui font face auront environ un pouce et demi de fruit en deliort.
Les matériaux pour la construction de ces choses seront bons, bien choisis, conditionnés, et de l'échantillon ordinaire, les blancs ou gros libages pour les fondements , provenant des carrières de la Bussicre ou de Barloin , tirés au moins d’un an en bonne saison : il en sera de même des grés dont les boutisses dans les murs auront lo à ao pouces de queue, espacés de 3 en 3 pieds de milieu en milieu en dedans et en dehors alternativement, et les panneresses ou carreaux lo ü la.
Les pierres de taille pour les pilastres des angles, les piédroits, les ouvertures, les cordons, les entablements, les fenêtres du galetas, et les ornements des sou lies des cheminées, seront aussi tirées au moins d'un an , en bonne saison , ayant été exposées aux injures de l'hiver, bien ébousinées jusqu'au vif, en sorte qu'il n’y reste ni fil , ni moie , ni veines jaunes, proprement taillées et ragréées au fersuivant les panneaux et dessins, qui enseigneront aussi les saillies qu'elles devront ^voir.
Les briques seront toutes de même échantillon ordinaire, bien cuites et bien conditionnées, dont on choisira les plus belles pour les parements , posées en bain flottant de mortier, de même que les pierres de taille, avec attention de les placer dans leur lit , ainsi que la graisserie, le tout par ^ises égales de niveau et en liaison , bien et dûment frottées, réparées et dans les joints, recirées au fer à mesure que le travail avancera , observant de les bien appareiller, principalement les pierres de taille , et les graisseries jointoyées au mortier de cendrée.
Dans les grandes chaleurs on aura soin de mouiller en emplovant chaque brique , afin qu’elles ne refusent pas le mortier.
L’entrepreneur ne commencera à travailler à tous ces ouvrages qu’après que les attachements des fondements lui auront été marqués par l'ingénieur.
Cette maçonnerie sera mesurée et réduite à la toise cube pour les fondements, et celle au-dessus à la toise carrée d'une brique d'épaisseur suivant l'usage du lieu, toisée tant plein que vide, sans rien diminuer des ouvertures.
La graisserie comptée au cent de pieds carrés , mesurée parements vus pour la taille ainsi que les pierres blanches.
Les appuis des fenêtres et les marches à la pièce , mises en place , lesquelles choses seront payées au prix de l’adjudication.
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