‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 193 sur 207 · LIV. VI. DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVLS. S · texte numérisé non relu

LIV. VI. DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVLS. S

absence par l'ingénieur en chef de la place ; et au cas qu’il se trouve pendant le cours et après l'achèvement du travail quelques mal-fac^ons de leur part, ils seront tenus de le refaire à leurs frais, sans pouvoir prétendre d’être dédommagés: tons lesquels onvrages ne leur seront comptés qu'une fois seulement, et payés au prix de l'adjudication qui en aura été faite chaque année.

Les entrepreneurs se fourniront sans exception de tous les matériaux , outils, échafauds, cintre des voûtes, et autres choses nécessaires pour l'entière et parfaite exécution de leur entreprise, employant le nombre d’hommes suffisant, et qui leur sera ordonné pour diligenter le travail , afin qu'il soit fait en bonne saison ; et au cas de retardement , il en sera mis à leurs fr.-.is autant qu’il sera jugé nécessaire : ils suivront en tout les ordres qu'ils recevront, et les dessins qui leur seront donnés , n’employant que des matériaux conditionnés comme il est dit, qui seront sujets à vérification et réception, rejetant ceux qui ne se trouveront pas des qualités et dimensions requises au présent devis , et no pourront prétendre à leur entier et parfait paiement qu’après l’achèvement et réception d'iceux, qu’ils garantiront pendant nn an, à compter du jour qu'ils auront été reçus; et pour sûreté de l’exécution d’iceux et des deniers du roi , qu’ils recevront à compte à fur et à mesure que le travail avancera, ils donneront bonne et suffisante caution.

S'il survient quelque ouvrage extraordinaire et imprévu pendant le cours de l'année, les entrepreneurs seront obligés de le faire par continuation du prix de chaque nature dont ils seront convetius ; et si réciproquement on trouvait a propos de changer, retrancher, ou différer à une autre année quelqu’un de ceux qui sont ordonnés, les entrepreneurs ne pourront en prétendre aucun dédommagement.

Ils feront transporter tous les décombres provenant des constructions ou démolitions de leurs ouvrages , aux lieux qui leur seront indiqués; et si quelqu’un manque d’avoir achevé son entreprise par négligence à la fin du mois de septembre procham, il sera condamné à une amende proportionnée au travail dont il aura été chargé.

Bien entendu qu’encore que le présent devis comprenne ce qui doit entrer dans la construction totale de ces casernes , il ne pourra cependant servir à cette fin que pour In consommation des fonds qui seront ordonnés chaque année.

Chaque entrepreneur sera tenu au dédommagement des propriétaires sur les héritages desquels il prendra ou voiturera les matériaux de gré à gré, ou suivant l’estimation qui en sera faite par deux experts nommés de part et d’autre; et s’il arrive quelques difHcultés entre les entrepreneurs, ou entre eux et leurs cautions, comptes et décomptes, qui aient rapport directement ou indiiectement à l'exécution de leurs ouvrages, et que tout ne soit pas assez clairement expliqué par le présent devis , ils SC conformeront sans appel à ce qui sera réglé par le directeur des fortifications, ou en son absence par l’ingénieur en chef; et ils ne pourront, sans leur consentement, rendre les ouvrages par sous-entreprise, ni s'associer.

Fait à Béthune le aa mars 1 ^aa. D’abtezay , ingénieur en chef.

Quand on fera des devis, il est à propos de lier les entrepreneurs, autant qu'il est possible, ainsi qu’on vient de le voir dans les conditions précédentes, afin de prévenir toutes les contestations, et les relâchements auxquels la plupart sont assez sujets.

Devis pour la construction d'un magasin à poudre très-solide , de ao toises de longueur sur 4 de large.

PREMlèaEMENT.

Placer autant que faire se pourra le magasin dans un lieu le plus suc, le plus à couvert, et le moins exposé au front des attaques , non plus que ses portes et fenêtres au vent d’ouest.

II. Après que l'ingénieur en chef aura distribué le plan, profil et le devis aux entrepreneurs, et tracé tout l'intérieur des murs, on marquera la largeur de la fouille des terres pour la fondation jusqu’au bon, vif et solide fond , que nous supposons ici de 6 pieds de profondeur seulement, et plus ou moins bas s'il eu est nécessaire, sur la largeur de 8 pieds dans le fond pour les longs côtés, bien mis de niveau, et les terres coupées à plomb", et étrésillonnées pour qu’il ne s’y fasse point d’éboulement.

III. Ensuite on posera de gros moellons ou libages, avec de bons lits, et joints à sec, et on maçonnera au-dessus avec pareille matière en bon mortier , jusqu’à a pieds 3 pouces de hauteur, bien arrasés de pied en pied; après quoi l’on posera au-dessus une chaîne de deux assises

LIV.V1.de la manière de faire les devis. ■ 57g de brique , traversant toute la largeur du mur, dont la seconde sera on boutisse j>ar les deux extrémités, et sur laquelle on fera retraite de 3 pouces de part et d’autre : on recommencera à élever encore a pioils 3 pouces en moellon , faisant parement bien dressé et à plomb tant sur le devant que sur le derrière , en sorte que l’achèvement de toute la hauteur desdits 6 pieds, ainsi que toutes les iondations, soit quelles aient plus ou moins de profondeur, soient terminés par cinq assises de briques dont la dernière sera aussi en boutisses , pour avoir 9 pouces de retraite sur le devant, trois sur le derrière , et réduire les murs des longs côtés à 7 pieds d'épaisseur.

IV. On fondera aussi en même temps et aussi bas les piliers buttant et les murs de face sous les deux pignons, en y observant toutes les bonnes façons, liaisons et symmétries que ci-devant ; le tout posé en bon mortier ordinaire, composé d’un tiers de bonne chaux éteinte toute vive, et de deux tiers du meilleur sable bien battu, démêle et conroyé , ensorte qu’il ne fasse plus qu’un même corj>s , et mis en œu^Te seulement vingt-quatre heures après , et le rabotant et conroyant tout de nouveau, sans y mettre de l’eau que la première fois.

V. Lesdits piliers buttants auront chacun 4 pieds 6 pouces de large sur 6 pieds 6 pouces de queue en fondation , réduits ensuite à 5 pieds <> pouces, et 4 pieds au nœud de leurs parements , pour avoir deux retraites de 3 pouces chacune.

VI. I.ÆS fondations des deux pignons auront chacune 5 pieds de large, et le mur réduit à 4 pieds, à cause des retraites du devant et du derrière ; le tout construit en même temps pour faire meilleure liaison.

VII. Si le fond du terrain se trouvait tendre, faible ou douteux, après l’avoir sondé avec la sonde à tarrière , on le fortifiera par une grille de charpente de bois de chêne , composée de longuerines et racinaux de 10 pouces quarrés, assemblée par entailles à queue d’aronde aux extrémités par le devant et le derrière , et. tenues en raison avec des bonnes chevilles de fer ébarbelées, enfoncées à tète perdue, après quoi les arroser de moellon ou libage, comme il est dit ci-devant.

VIII. S'il y avait plus de précaution à prendre, il faudrait couvrir toute la superficie de ladite grille par un plancher de madriers de bois de chêne de 6 pouces d’épaisseur, sur 8, 10 et 12 de largeur, bien joints l’un contre l'autre , les laiss.mt déborder de 2 ou 3 pouces sur le

58o . LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,

devant et le derrière de la fondation , avec une espèce de mentonnet , ou bien un heurtoir pour contenir le premier moellon ou libage posé à sec , et l’cmpècher de glisser au vide lorsqu’il serait chargé.

IX. Piloter même au-dessous de la grille,, s’il en était nécessaire, pour plus de solidité et de sûreté , et cela fait selon l’usage du pilotage , dont nous ne faisons point le détail.

X. Toutes ces fondations mises à leur hauteur, on fera courir le niveau tout autour, après quoi on établira les murs au-dessus , selon les largeurs ci-devant spécifiées, donnant un peu de fruit au parement extérieur, c’est-à-dire a ou 3 lignes par pied , et le parement intérieur bien monté à plomb ; ensuite on posera d’abord cinq assises de pierres dures non gelisses, ou de graisserie , en tous les parements extérieurs , dont les carreaux auront lo à la pouces de face, sur 9 à 10 de queue à joints quarrés et d'équerre ; et de trois en trois carreaux on placera une boutisse à tête carrée , sur 18 à ao pouces de queue; le tout bien essémillé et équarri ; observant que lesdites boutisses ne doivent pas' être mises l’une sur l'autre dans les assises au-dessus, mais en quinconce ou en échiquier, avec des coins à tous les angles, et aux piédroits des portes et fenêtres ; le tout en bon mortier de ciment, composé d’un tiers de bonne chaux vive, et de deux tiers de poudre de vieux tuileau bien pulvérisé et passé au tamis , battu , démêlé et conroyé , en sorte (ju’ils ne fassent plus qu’un même corps , fait de quinze jours avant que de le mettre en oeuvre , pendant lequel temps on le rebattra de nouveau à plusieurs reprises avec la batte de fer, dans un petit bassin ou auget d'un pied quarré fait exprès, avec des planches par les côtés et un gros madrier dans le fond, et toujours sans y mettre de l'eau que la première fois.

XI. Et comme la plupart des pierres , et surtout celles de graisserie , sont fort susceptibles d'impression de la gelée, à cause de la nature de leurs porcs , il faut que le derrière desdites cinq assises soit rencontré et maçonné au moins avec deux briques en boutisses posées en mortier ordinaire.

XII. Tous les parements intérieurs desdits murs seront de bonnes briques bien cuites et bien moulées, faits par plombées de cinq assises, faisant ensemble un pied de hauteur, y compris le mortier, dont la première aura trois briques et demie, la seconde trois briques, la

Gooslt^

LIV. VI. DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. 58i troisième deux briques et demie , la quatrième deux briques , et la cinquième une et demie, afin d'observer une bonne liaison ; et l’intervalle entre lesdites briques et celles qui ont garni le derrière de la graisserie, seront maçonnées en mortier pose à la main , pressé du talon du marteau en bon moellon ordinaire, en sorte qu’il souffle de toutes parts, et arrasé à chaque pied de hauteur.

XIII. Au-dessus des cinq assises de graisserie, on fera parement de briques par plombées, comme ci-devant, et l’entre-deux maçonné en moellon, observant que le dehors et le dedans montent également, et en même temps avec des coins de grès retournés en liaison à tous les angles posés en mortier de ciment.

XIV. Les longs côtés seront élevés de même jusqu’à 5 ou 6 pieds plus ou moins , selon le besoin , après quoi ils seront terminés par cinq assises de briques , traversant d’un parement à l’autre pour recevoir la naissance de la voûte, dont la dernière assise sera posée par précaution eu douelle et coupe de voussoir, selon le cintre de la voûte , pour éviter le défaut des cales ou gros mortier que les maçons mettent mal-à-propropos sons la première brique qu'ils posent, pour racheter la retombée du cintre ; le tout à petits joints et à petits lits , sans faire de trop gros mortier.

XV. La voûte sera faite en plein cintre , comme la plus solide , de 3 pieds et demi d’épaisseur au moins, toute de bonnes briques choisies, bien cuites et bien moulées, frottées et dressées à la main l’une contre l’autre , posées à petits joints en bon mortier, sans grumeaux ni grains de sable , très-bien et également cintrées dans toute sa longueur et largeur ; tous les matériaux choisis et bien appareillés, c’est-à-dire, des voussoirs pendants et clavaux conditionnés, et taillés exprès, si c’est de pierres.

Mais si c’est de briques , comme la meilleure matière à ce sujet , il faudra d’abord les bàb'r par une brique d’épaisseur, bandée et bien fichée de coins de bois sur la clef, et bien arrondir son extrados, pour recommencer une seconde voûte , répétées jusqu’à quatre fois l’une sur l’autre , faisànt ensemble au moins 3 pieds.

XVI. On élèvera en même temps les piédroits, les piliers buttants et les mura des pignons au-dessus de la voûte , que l’on terminera en dos dâne on cape de bàtandeau, avec des pentes de part et d’autre, diri-

LA SCIENCE DES INGÉNIEURS, gécs comme celles des égoùts d'nn toit ; le tout en brique sans moellon* nage, à cause de la gelée. Sur la superficie desdites pentes on fera une crémaillicre, dont les intervalles seront proportionnés selon la longueur de la tuile et de son crochet , afin d’observer le pureau ordinaire, pour lequel elTet on préférera toujours la tuile du grand moule à celle du petit, l’une et l’autre posées en bon mortier ordinaire, et encore mieux en mortier de ciment, ou tout an moins moitié de l’un et de l'autre de ces derniers , bien mêlés ensemble , et la couverture faite en bonne saison.

XVII. Si l’on ne veut pas mettre en usage lesdites crémaillières , on encastrera à sec dans la maçonnerie les pannes , sablières ou ventrières, et les chevrons de bois de chêne , espacés de quatre k la latte , qu’on laissera déborder de tonte l’épaisseur de ladite latte , pour recevoir le crochet de la tuile , et posée en mortier comme ci-devant

XVIII. Et si l’on voulait couvrir d'ardoise, au lieu de lattes volisses , on mettra de bons feuillets de chêne bien sec, cloués avec deux clous à chaque chevron, avec des contre-lattes de sciage, sur lesquelles on posera l'ardoise attachée au moins avec trois clous chacune, observant toujours le pureau ordinaire ; et en ces deux derniers cas , il faudra absolument mettre un entablement de pierres de taille, ou de briques de champ, avec une plate-forme de charpente au-dessus , pour recevoir et retenir les pas des chevrons , au bas desqneb on pourra mettre des coyaux; mais cela est bien sujet au feu, et empêche de voir les endroits par où les eaux de pluies peuvent tomber sur la maçonnerie et la dégrader ; quant aux couvertures de dalles de pierres , non-seulement elles chargent trop , mais elles sont encore sujettes à s’éclater et fendre par les neiges et les grandes gelées, et les mortiers s’affament, et il faut toujours recommencer à les réparer.

XIX. Les baies des deux portes des pignons auront chacune 4 pieds de large sur 7 et demi de hauteur, voûtées en plein cintre , leurs piédroits garnis de pierres de taille, avec deux battées; les deux fenêtres au-dessus auront chacune 3 pieds de large sur 5 de liauteur, avec double battée , et voûtées en cintre surbaissé.

XX. Les doubles fermetures des baies desdites portes seront faites à deux ventaux avec des planches de bon bois de chêne bien sec , de a pouces d’épaisseur, bien jointes à feuillures l’une contre l’autre, gar-

LIV. VI. DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. niM par leurs derrières de bonnes barres de pareil bois, et bien clouées avec des clous picards rivés par le dedans ; les volets des fenêtres seront simples, mais avec des bois et planches des mêmes qualités , et les unes et les autres recouvertes avec des lames de tôle de Hollande , clouées sur les planches , et rivés aussi par le derrière , garnis de leurs gonds, pentures, pivots ou pioches, avec des crapaudines scellées en plomb dans des dés de grès ; de bonnes Mrrures à bosses , à doubles tours , toutes différentes , avec de bous et forts verrous.

XXI. La voûte bien achevée et couverte, on la laissera cintrée pendant cinq ou sis mois , pour donner le tempe au mortier de se consolider et faire corps avec les briques , après quoi on la décintrera tout doucement par travée, et non tout-û-la-fois ^ on la réparera en tous les lits et les joints avec de bon mortier blanc et reciré; on déblaiera les bois et décombres , faisant place nette.

XXII. Ensuite on mettra tout le sol ou aire du magasin bien dresse, battu et de niveau , un pied plus haut que le rez-de-chaussée sur lequel on posera des poutrelles de S pouces quarrés , soit en longnerines ou traversines de a pieds de milieu en milieu, en sorte qu'il ne reste plus ,que iti pouces d'intervalles entre elles, dont la hauteur sera arrasée

avec des escarbilles ou mâchefer, provenant des forges des serruriers ou maréchaux ; et après les avoir bien arrangés et battus pour remplir tous les vides , on remettra du charbon de bois jusqu'à (leur du dessus desdites poutrelles , sur lesquelles on posera le [danchcr de madriers au moins de a pouces d'épaisseur, bien chevillés et proprement joints ensemble , ainsi que les chantiers pour ranger les barrique.s , et le tout de bon bois de chêne bien sec , sans aubier ni gerçures : lequel plancher sera tenu un pied plus haut que le rez-de-chau.ssée , par lequel on montera par deux marches de 6 pouces chacune , faisant les seuils des deux portes avec battée par le bas , potir qu’on n'y puisse pas introduire du feu.

XXIII. Paver sur 6 pieds de large tout autour dudit magasin avec des carreaux de grès de 9 à 8 pouces quarrés à leur face, sur 8 à 10 de queue, posés sur un conchis ou forme de sable de 8 à 9 pouces de hauteur, bien battus au refus de la demoiselle , et mis en pente de 6 pouces , depuis le parement des gros murs allant vers le petit mur d'enceinte, qui doit être un pied et demi ou a pieds plus bas avec de

petites ouvertures ou tuyaux de a ou 3 , pouces, pour servir d’ecoalement aux eaux qui tomberont des ëgouts des toits, pour éviter les humidités; et si ledit pavé était posé en bon mortier de ciment, il serait encore meilleur.

XXIV. Ledit petit mur d’enceinte ou d’enveloppe sera fondé solidement avec deux retraites de 3 pouces de part et d'autre , et réduit ensuite à un pied et demi d’épaisseur sur lu à ta pieds de hauteur plus ou moins selon la situation du magasin , fait en mêmes matériaux que ci-devant.

Tonte la maçonnerie qui composera ce magasin, y compris la voûte et les angles de pierres de taille , sera payée à la toise cube , sans y comprendre aucun vide.

La maçonnerie du petit mur d’enceinte sera payée k la toise quarrée d’un pied et demi d’épaisseur réduite.

T.«s terres à la toise cube , déblai et remblai compris.

Les bois de charpente payés au cent de solives mises en œuvre.

Les portes à la pièce.

Les fenêtres à la pièce.

Les gros fers au cent de livres pesant , poids de marc.

Les serrures avec leurs clefs et verroux à la pièce , mis en place.

La tôle au cent de livres pesant , poids de marc , la pose et clous compris.

Le pavé de grès è la toise quarrée selon sa construction. Au surplus on mettra à l’ordinaire toutes les conditions auxquelles on voudra obliger les entrepreneurs, ainsi que de fournir bonne et suffisance caution, tant pour la sûreté des deniers du roi qui leur seront délivrés, que pour la garantie de leurs ouvrages un an et jour après leur réception.

Comme il n'y a point de maçonnerie nouvellement faite qui ne tasse ou ne fasse quelque affaissement , plus ou moins , selon la bonne ou mauvaise qualité des matériaux, j'estime, pour plus de solidité ilans la construction d’un magasin à pondre, d’où peut dépendre la conservation ou la perte d’une place , qu’il ne faudrait rien faire avec précipitation , et qn'après que la fondation serait mise à hauteur de la retraite, on aurait soin de la couvrir de gros fumier et de terre au-dessus mise en dos d’âne, pour l’écoulement des neiges et eaux des plaies; afin de

LIV. VI. DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. 5S.S laisser reposer, af^isser et consolider les mortiers pendant six mois, et au printemps ensuite la découvrir par un beau temps, la bien balayer, repasser le niveau partout ; et après avoir rétabli ce qu’il pourrait y avoir de dégradé, élever les murs au-dessus jusqu'à la naissance de la voûte, en les arrasaut toujours à meme hauteur, après quoi les couvrir et laisser reposer comme ci-devant ; l'aunée ensuite faire la voûte avec toutes ses appartenances, la couvrir de tuile ou d'ardoise, et ne la décintrer que six mois après, et toujours par petites travées pour ne lui pas causer de grands ébranlements, ainsi que cela est arrivé à quelques endroits que la bienséance ne permet pas de citer; faire ensuite son plancher avec les chantiers et son mur d'enceinte ou d’enveloppe.

Fait à Saint-Quentin, le aa janvier 173^ Demuz.

Voici le devis de la citerne de Calais , que j’ai promis dans le liv. IV : il ne contient rien de particulier dont je n'aie fait mention en parlant de la citerne de Charlcmont ; mais il servira d’exemple , et pourra avoir son utilité.

Dei'is de ce qui est h faire et h observer pour la construction <T une citerne qui recevra les eaux de pluie qui tombent sur T église paroissiale de Calais.

SEHUEMENT DES TERRES.

Après que les alignements auront été tracés à l'entrepreneur, pour Pu^cat faire l'excavation et la fouille des terres qu'il faudra ôter, il les enlèvera XXXJV. jusqu'à la profondeur du dessus des eaux des puits circonvoisins , les transportera et les aplanira le plus uniment que faire se pourra , sur la partie du cimetière du côté du midi , suivant toute sa longueur et sa largeur, et singulièrement dans les endroits les plus bas.

Les vieux matériaux provenant de la démolition du petit mur du parvis , les pavés, les arbres et tous autres appartiendront à la fabrique de ladite église , qui s’en saisira à mesure de la démolition d’iceux , laquelle sera faite par l’entrepreneur, qui les transportera où bon lui semblera, afin que ledit entrepreneur n’en reçoive point d’embarras après la construction de ladite citerne ; il remblaira derrière la maçonnerie par dehors et à ses dépens les trous qu'il conviendra ; lesquelles terres

il battra avec une batte du poids de trente livres , et tes mettra en état

de recevoir le pavé qui sera fait autour.

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