‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 2 sur 207 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

temps, qu’ou s’aperçoit du danger qu’il ^ a de se faire imprimer; parce que, devenant plus délicat, on cesse de voir ses ouvrages avec la même complaisance , on méprise an bout de quatre jours ce qu’on avait trouvé passable d’abord, et on n’est jamais content de soi , par l'envie qu’on a de mieux faire.

Il y a treize ou quatorze ans que j’ai ébauché celui-ci, sans avoir pu me persuader qu’il méritât d’être mis au jour, et peut-être ne serait-il pas sorti de mon cabinet, si j’en avais été entièrement le maître. Je n’aflcctc point une fausse modestie, les personnes aux lumières desquelles j’ai soumis mes écrits, rendront justice à la sincérité de mes sentiments : la gloire d’avoir fait un livre ne .s’esl jamais présentée à mou esprit d’une manière assez riante pour me sentir flatté de la qualité d’auteur: je n’ai jamais perdu de vue la censure à la quelle j’allais m’exposer, et celte pensée m’a même souvent intimide. Cependant j’ai fait en sorte d’en tirer avantage, en considérant la rigueur du public comme un motif excellent pour me rendre circonspect. Tout le monde est d’accord que ce n’est que depuis qu’on l'a regardé comme un juge inexorable, que l’émulation des gens de lettres s’est accrue, et que les bibliothèques se sont grossies d’un grand nombre de livres en toute sorte de genres, <|ui ne seraient peut-être pas si achevés, si ceux qui les ont produits n’avaient appréhendé le ridicule que les gens de hou goût ont coutume de donner à tout ce qui porte un caractère de médiocrité. Il est vrai qu’il y a des matières si abondantes par elles-mêmes que, pour peu qu’on les traite avec méthode, on peut se tirer plus heureusement d’affaire. Celles dont je

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parle sont de cette nature; et, pour juger du plan général que je me suis proposé, en voici la disposition.

Il s’agit de quatre volumes in-quarto, accompagnés d’un très-grand nombre de planches gravées en taille douce, qui comprennent les plans, profils et élévations des différents .sujets qu’on s’est proposé de développer. De ces quatre volumes il y en a deux qui regardent l’art de fortifier les places dans toute sorte de situations, la manière de les attaquer et de les défendre relativement à ce qui s’est pratiqué de mieux depuis l’invention de la poudre. Les deux autres ont pour objet la construction des fortifications et de tous les ousTages qui en font partie, et c’est le premier de ces dcux-là que je donne présentement; puisque l’ordre naturel demande que l’on parle de la manière de construire les places qu’on veut fortifier, avant de donner des maximes pour les attaquer et les défendre. Ce n’est pas que ces deux objets n’aient un rapport intime ; aussi l’a-t-on insinué aux endroits où il convenait d’en faire mention. D'ailleurs, on n’a pas voulu donner les quatre volumes à la fois, afin ' d’avoir plus de facilité pour l’impression, et ne point engager le public tout d’un coup dans une dépense qui aurait • pu gêner plusieurs personnes : ajoutons que les volumes qui conviendraient aux uns, ne conviendraient peuU-tre pas aux autres, selon le goût que l’on peut avoir pour les matières qui intéressent plus ou moins, chacun faisant un traité à part, qui peut être détaché du reste. C’est pourquoi je ne m’arrêterai point à les détailler, pour ne m’attacher uniquement qu'à celui-ci, afin d’éviter la confusion que pourraient faire naître tant de sujets différents.

Ce volume est divisé en six livres ; dans le premier, on

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