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CHAPITRE SIXIÈME

Des ponts donnants qui servent à facUiter Ventrée des viUes de guerre.

jLes ponts dormants que l'on fait pour passer les fossés des fortifications sont toujours en charpente , et élevés sur plusieurs chevalets qui sont posés sur des piles de maçonnerie A ^ dont la hauteur se règle sur la profondeur du fossé* Quelquefois, dans les lieux marécageux où l'on ne peut fonder des piies de maçonnerie sans beaucoup de difficulté et de grandes dépenses, on se contente de planter des files de pieux d'une longueur suffisante , pour qu'une partie étant enfoncée à refus de mouton , l'autre qui reste en dehors soit assez élevée pour recevoir les chapeaux, qui doivent être à-peu-près au niveau du rez-de-chaussée.

Quand on n'a point de bois d'une assez belle longueur, on enfonce autant de files de pilots qu'on le juge nécessaire , par rapport au nombre de travées que doit avoir le pont. Ces pilots sont arrasés au niveau du fond du fossé par des tenons qui s'emmanchent dans la sole des cheva-lets. C'est ainsi que j'ai vu construire à Saint-Venant, en 1709 , celui qui est sur le grand fossé de la porte d'Aire*

Le pont dont il est question présentement est composé de plusieurs p^ travées et chevalets, dont on ne détermine point ici la quantité, parce que cela dépend de la longueur du fossé où il doit être exécuté. Chaque

aole B qui Ae porte point de bascule a da pieds de longueur sur lo à ta de grosseur^ celle C, qui porte le châssis de la bascule ^ a aS pieds de longueur sur iik ifà pottces de grosseur. Sur chacune des soles qui ne portent point de bascule , sont assemblés à tenons et mortaises ô po«teaux D) avec deux liens boutants H^ terminés d*un chapeau fi. Les poteaux ont 1 1 à la pouces de grosseur sur différentes longueurs, sui-* yaut les endroits où ils sont employés.

Le chevalet qui porte la bascule du pont-levis est oonstrnit de même, avec cette différence quil y a deux poteaux de plus, et cpte les cbapeani: ont 25 pieds de longueur sur i3 à i4 pouces de grosseur. ' Sur tous les chapeaux E , il y a d un chevalet à lautre cinq cours de longerons F de 1 1 à 12 pouces de grosseur, espacés entre eux à distances égales, et formant en tout une largeur de i4 pieds : ils sont recouverts d'un plancher de madriers I, de 4 pouces d'épaisseur, chevillés sur chaque longeron d'une broche de fer de 8 à 9 pouces de longueur, ébarbelée par les angles.

Sur ce premier plancher, on en pose un second de 8 pieds de largeur seulement et de 3 pouces d'épaisseur, qu'on appelle redoublement, sur lequel on attache quelquefois des barres de fer plates, autant plein que vide, et de même longueur que les madriers.

On n'emploie plus guère de redoublement ni de barres de fer pour conserver les ponts dormants. On les couvre d'un pave plus élevé dans le milieu qu'aux extrémités pour l'écoulement des eaux, et alors on pose le long des poteaux montants des garde-pavés de 9 à 1 1 pouces d*équarrissage. Il est certain que ce pavé rend le pont d'une bien plus longue durée , les réparations n'en étant pas si fréquentes qu'aux autres.

A l'extrémité de la largeur du premier plancher, et sur les chapeaux £, on assemble à tenons et mortaises les poteaux montants G des gardefoiis^ de 7 pieds et demi de longueur compris les tenons sur 7^8 poufees de grosseur, terminés par une tête arrondie ou à pans, avec une g6rge et un quart de rond au<-dessous, comme il est figuré au dessin. Ces poteaux sont affermis chacun d'un lien pendant M , de 6 pieds de lou^ gueur sur 12 à 6 pouces d'épaisseur, chanfreiné à un pied au^desttis du chapeau par un talon renversé, qui réduit la partie supériçurè à 8 pouces de largeur pour affleurer le poteau dés garde-fous- Ce& polwnil sont liés ensemble par deux cours dd lisses L et K, dont la première L est appelée lisse cT appui.

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