CHAPITRE HUITIÈME
Des oohnnes et de leur diminution, des perdques et des cariatides.
Si Ton juge de l'origine des colonnes parce qu'en disent quelques historiens, il y a apparence qu elles sont très-anciennes , et que l'usage en était fréquent longtemps avant l'invention des ordres. On les Bt servir d'abord de monuments pour éterniser la mémoire des grands hommes , ou pour marquer à la postérité la reconnaissance des bienfaits qu'on en avait reçus. Après leur mort on dressait une cblonne au sommet de laquelle était l'urne qui renfermait leurs cendres ; et il y a apparence que c'est cette urne qui a donné lieu \\x chapiteau, dont on s'est servi depuis pour les couronner agréablement.
Vitruve dit que les premières colonnes qui parurent en Grèce , furent celles du temple de Junon dans Argos ; et que les Doriens ne sachant quelle proportion ' leur donner, considérèrent que le pied de l'homme était ordinairement la sixième partie de sa hauteur, et sur cet exemple ils firent les colonnes sextuples de leur grosseur. Ensuite ils en augmentèrent la hauteur ai; temple de Diane à Ephèse , parce qu'ils voulurent Iqur donner des mesures proportionnées à la stature des femmes de kur pays. Quoi qu'il en soit, les architectes ont toujours paru fort partagés sur la hauteur qu'il fallait leur donner pour chaque ordre : c'est pourquoi nous nous en tiendrons aux portions de Vignole, sans nous arrêter à rapporter tout ce qu'on pourrait dire sur ce sujet. Les premiers architectes ayant fait les colonnes à l'imitation des arbres, qui sont ordinairement plus gros par le pied que par le haut, ils les ont aussi diminuées dans le même goût. Mais comme on s est aperçu que cette diminution produisait un effet désagréable ,. on s'est contenté de ne la commencer qu'au tiers de la tige : c'est-à-dire qu'ayant divisé la hauteur de la tige en trois parties égales , la première reste à plomb et parfaitement cylindrique, et les deux autres vont en diminuant imperceptiblement jusqu'à l'astragale. Cette diminution se fait plus ou moins sensible, selon la grosseur ou la délicatesse des
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