LIVRE SIXIÈME
QUI COMPREND LA MANIERE DE FAIRE LES DEVIS POUR LA CONSTRDCTïOK DES FORTIFICATIONS ET CELLE DES BATIMENTS CIVILS.
doMME on ne peut bien faire les devis sans avoir une connaissance parfaile des ouvrages que l'on veut exécuter, il ma paru qu'il convenait de ne traiter cette matière qu'après avoir enseigne tout ce qu'on a vu dans les quatre premiers livres : car^ pour bien dresser un devis , il faut non- seulement savoir faire un bon choix des matériaux^ afin de spécifier les conditions de ceux que l'on voudra employer , et la manière de les mettre en œuvre ; mais il faut encore régler les dimeosions des ouvrages , afin qu'on puisse voir toutes les particularités du projet jusque dans les moindres parties. C'est dans un devis qu'un ingénieur habile peut donner des marques de sa capacité , et c'est en effet l'endroit par lequel on peut en juger sûrement ; car, s'il a du goût et de bons principes d'architecture militaire et civile, il le fera voir par les dimensions qui seront prescrites dans son devis; s'il a l'esprit net et juste, on y apercevra un ordre et un arrangement qui rendront intéressants les sujets les plus ingrats; enfin, s'il est capable de faire exécuter les travaux les plus difficiles, on en sera convaincu par les détails bien circonstanciés de tout ce qui doit entrer* dans leur construction : sa pénétration ira même jusqu'à prévoir les accidents qui pourraient survenir, et rien ne lui échappera. On peut donc dire qu'un devis doit être regardé comme le chef-d'œuvre de l'ingénieur, et que c'est de là que dépend absolument l'exécution bonne ou mauvaise du dessin que l'on a en vue. Combien de fois n'est-il pas arrivé que de grands ouvrages ont échoué faute d'avoir été précédés d'un bon devis P £t que ne pourrait-on pas alléguer pour en prouver la conséquence ?
Dans l'usage ordinaire ce sont MM. les directeurs de fortifications