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LIVRE VL DE LA MAMÈRE DE FAIRE LES DEVIS

dition du roi la meilleure, el ron en dresse procès^verbal à-peu-pres

dans les termes sui:vaats :

' Ce jourd'hui. . .mois, an et jour. . .Nous. . . ( noms et qualités de

' Tintendant de la province), étant à notre hôtel h. . .(nom de la ville },

B après plusieurs, affiches et publications faites tant dans ladite ville que

- dans les autres places de la province, portafit que ledit jour il serait

k par nous procédé à ladjudication et au rabais des ouvrages que le roi

a ordonné être faits pour la construction. d'une place neuve à. . .(nom

fc du lieu qu'on doit fortifier), suivant le dessin de M. . .y avons procédé

g en présence et de l'avis de M. . . ingénieur*dîreeteur des fortifications

sf desdites places, aux clauses et conditions dont la teneur s'ensuit.

r Devis iles ouvrages, etc. (On copie ici le devis tout entier dans la

f forme qui a été prescrite, après quoi Ton continue lé procès-verbal de

la manière suivante. )

Les entrepreneurs aceeptànt les conditions du présent devis se four- I niront de tous les matériaux , peines d'ouvriers , voitures , échafaudages,

ponts, planches, outils, engins, cordages, et généralement de toutes les choses nécessaires à lexécution de leur entreprise ; feront aussi à leurs, frais tous les épuisements d'eaux , et seront obligés , un an après I la construction de la piace, de refaire tous les joints de la maçonnerie

I avec bon mortier de chaux et sable, sans qu ils puissent prétendre

.autre chose, de la part de Sa Majesté, que les prix portés par Tadjudication qui leur en sera faite, observant qu'aucune terre ne soit toisée deux foi$^ quoique parties soient sujettes à un second transport, à l'exception toutefois de eelles qui seront passées à la claie, et des terres douces qui seront mises à part, pour former les parapets, dont on tiendra compte pout- le second transport ; on observera encore qu'aucun remblai ne soit toisé, ni aucun vide dans le cube de la maçonnerie. Seront au surplus lesdits ouvrages exécutés avec toute la diligence possible , sujets aux vérifications et réceptions suivant la manière accoutumée, et garantis un an après qu'ils auront été reçus par les ingénieurs qui en seront chargés.

Au moyen desdits prix , les entrepreneurs seront exempts de guet et garde, de toute corvée et logement des gens de guerre, et il leur sera permis de faire couper tous les gazons dont ils auront besoin , dans les prairies ou. vieilles pâtures les plus k portée , qui leur seront marquées^

56o LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,

par notre subdélégué, ou par les magistrats des lieux, et Fingénieur en chef de la place, sans que lesdits entrepreneurs soient obligés d'en rien payer aux propriétaires des terres. (Si la place est bien frontière et guon soit en temps de guerre, on pourra ajouter qu'il sera donné à l'entrepreneur les escortes nécessaires pour la conservation de ses bestiaux , soit chevaux ou bœufs employés à voiturer les matériaux pour la construction des ouvrages. Que si lesdits chevaux ou bœufs viennent à être pris avec les escortes par quelque parti ennemi, soit de troupes réglées ou autres, en voiturant les matériaux, l'entrepreneur en sera indemnisé suivant leur juste valeur. Quau casx[ue ledit entrepreneur^ ou ses commis soient pris prisonniers par les ennemis en. faisant ie service du roi , leur rançon sera payée par Sa Majesté. )

Et âpres lecture faite du devis ci-dessus à haute et intelligible voix , que les entrepreneurs assemblés pour mettre leur rabais ont dit entendre, lesdits ouvrages ont été mis à prix, savoir:

La toise cube de grosse maçonnerie, par le sieur. . . .à 3o liv. ; par

le sieur « ... à 25 liy. ; par le sieur. ... à 22 liy.^ et par le sieur

à ao" liv.

La toise cube des terres, etc. (-Et ainsi de suite, désignant chac{Kie espèce différente d'ouvrages, sans en oublier aucun, s'il est possible, pour éviter toute contestation dans la suite, et spécifiant à chaque article toutes les mises qui y ont été faites suivant Tordre, et finissant par ta dernière «t la plus faible. )

Après quoi nous avons fait allumer trois feux consécutifs, pour/?eir si pendant leur durée quelque particulier de ladite assemblée ne ferait point quelque nouveau rabais; mais lesdits feux s'étant tous éteints, et ayant fait trois autres remises à différents jours , sans qu'il se soit présenté personne qui ait voulu mettre lesdits ouvrages à plus bas prix^ ni > faire la condition du roi plus avantageuse que le sieur. . • Nous, de

l'avis de .M directeur, et sous le bon plaisir de Sa Majesté, lui

avons adjugé et adjugeons lesdits ouvrages, à charge de donner bonne ^t suffisante caution ; savoir :

Audit sieur. . . .la toise cube de maçonnerie à 120 liv. rhsL toise cube des terres, etc. (Reprenant ainsi de suite toutes les dernières mises dudit entrepreneur.)

Lesquels prix seront payés audit entrepreneur, des deniers de Sa

LIV. VL.DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES DEVIS. 56i Majesté sar les fonds faits et à fiiire pour lesdits onvrages , au fur et à mesure de leur aTancementy et sur les billets de ringënieur qui aBra

« la principale conduite. Fait à . • . • jour et an que dessus , signe l'intendant^ le directeur et Tentrepreneur.

, Et à Tinstafit ledit sieur .... nous a présenté pour caution k p^r* sonne de Guillaume. • • • demeurant à . . . . lequel ^ tant en cette qualité qu'en celle d'associé;, i'est obligé pour ce présent ^ et s'oblige solidaire* ment comme pour les propres deniers et a^Gûres de Sa Majesté, et par les mêmes voies que ledit entrepreneur est tenu. Fait lesdits ipur et an que dessus. Signé l'intendant de la province et la caution.

Pour la conduite que les ingénieurs doivent avoir avec les entrepreneurs, il faut d'abord se persuader que^ comme les entreprises ne se font qu'en vue du gain , on a besoin de toute son attention pour empêcher que ce motif n!occasio&ne. bien des mal-façcms , ou de la négligoice dans le travail. Ainsi ^ pour y obvier , il est du devoir de l'ingénieur de n'épargner ni ses soins ni ses peines pour que tmites choses

' soient faites dans l'ordre, et d'être toujours présent, autant qu'il est possible, à tout ce qui s'exécute. Les maçonneries surtout demandent une présence continuelle , de même que. la façon des mortiers et le choix de l'emploi des pierres; il ne faut avoir sur cela aucune indulgence, lès ouvriers se relâchent assez d'ailleurs. On doit aiosi avoir beaucoup de régularité dans ses. registres , dans la pri&e des attachements , dans la distribution des témoins, dans l'acceptation des matériaux , et ne pas oublier de fixer la grosseur des bois avant que l'ouvrage se fasse , de crainte que l'entrepreneur n'abuse de la condescendance qu'on aurait de les lui laisser employer à ^a volonté , et qu'il ne multiplie mal à propos le nombre de cent de solives ,. abus qui n'est pas moins grand , et qui souvent n'est pas moins préjudiciable à l'ouvrage que celui d'em^ ployer des bois trop faibles ; il en est de même des ferrures et de plusieurs autres choses , qu'il serait trop long de détailler.

D'un autre coté il ne faut pas non plus être inquiet, ni vétiller sans sujet ; le bien du service veut que l'entrepreneur s'exécute , et qu'il n'épargne rien pour la bonté des ouvrages , mais il veut aussi qvk le même entrepreneur trouve, en travaillant bien , de quoi se dédommager de ,ses frais et de ses peines. Si cependant il a fait un mauvais raacdié, ou qu'il lui amve dans le cours du, travail dea contre-temps

Acheox et inévitables, ce n'est point à ringéoieur à y entrer : 1 entre* preneur a la yme de représentation à la cour , comme cela est arrivé plusieurs fois ; et quand il est bien fondé , il est comme assuré de trouver dans la bonté du roi de quoi Tindemniser de ses pertes. Mais qu'on ^ s embarrasse peu d'ailleurs des tons plaintifs qui sont assez ordinaires à ces Messieurs. Un ingénieur qui sait son métier voit aisément ce qui est juste et raisonnable à faire ; et pour peu qu'il prenne la peine d'entrer dans lé détail de chaque chose , il connaît d'un coup d'œil à quoi il doit s'en tenir.

On demande s'il est plus avantageux de n'avoir à faire qu'à un seul entrepreneur général qu'à plusieurs qui seraient chargés de différentes espèces d'ouvrages. L'un et l'autre peuvent avoir lieu , comme cela arrive quelquefois : cependant il convient mieux qu'un seul en soit chai^, et plusieurs raisons semblent autoriser mon sentiment. . i^' Quand tout est réuni dans la même personne, le travail sesutt mieux , il survient moins de discussions et de faux -fuyant».

3i^ Les intérêts du roi ne périclitent pas tant , et il est plus aisé de faire des recherches , si le cas y échoit.

Z^ L'entrepreneur général trouve toujours lui-même des gens solvables et capables pour soutraiter avec lui ; et enfin dans les différentes manœuvres qui surviennent, on sait d abord à qui s'adresser, et sur qui cela doit rouler, sans être exposé aux diauvais procédés qui arrivent souvent , quand plusieurs entrepreneurs s'en mêlent ; ainsi il n'y a point à balancer dans ce choix , et il est même d'usage dans une grosse entreprise de donner le tout à celui qui est chargé des plus gros ouvrages, quand même il s'en serait trouvé d'autres qui eussent dàacbé quelque chose ; mais aussi l'entrepreneur général ne peut exiger que le prix des' mises qui auront été faites;

Dei^is et Conditions qu^observeront les Entrepreneurs des casernes ordonnées à faire à Béthune.

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