La science des religions
questions ecclésiastiques s'est accru. La lutte, plus politique que religieuse, a tourné tantôt à la violeQeey tantôt au ridicule, en ÂUemagne, en France, et même en Angleterre et en Italie. Ces péripéties, qui dureront encore quelque temps, sont conformes aux lois exposées dans ce livre et les confirment. On n'a rien eu d'essentiel k changer dans leur expression ; quelques ligues ont été ajoutées, qudques mots remplacés, non pour modifier le sens ou la portée d'aucune page, mais pour accentuer certaines idées ou éclaircir certaines formules qui avaient été mal comprises. On a tenu compte des remarques faites par des
AVERTISSBMEIIT.
critiques sérieux et désintéressés: mais on a
lolalement oublié les injures émises dans certaines feuilles anglaises et françaises. L*espiit de parti est étranger à la science, et les prières sont pour ceux qui les font.
Des hommes instruits et fort bons chrétiens m*ont adressé une question à laquelle je dois répondre. Voyant bien les ^ises périr tour à tour comme les branches inférieures d'un arbre qui croît par le sommet jusqu*au jour où il meurt dans sa racine, ils m'ont demandé si du moins la morale chrétienne ne devait pas survivre. J'ai montré^ au chapitre III, que la morale est indépendante de la religion et qu'elle est un produit des mœurs. Si la morale appelée chrétienne est conforme à ridéal que l'homme peut rêver, elle défraiera la vie entière de l'humanité. Sinon, elle subira des changements successifs, comme en ont subi la morale des anciens Grecs et celle des brâhmanes. Du reste» si Ton prend la morale chrétienne dans le sermon sur la montagne, c'est un code bien incomplet ; * celle des évangiles en général offre déjà des articles que noire temps n'accepte plus; celle du concile de Trente est en grande partie repoussée par la société laïque.
La morale des chrétiens n'échappe donc pas ^lus que le reste aux variations séculaires que les