‹ La science du beauChapitre 22 sur 48 · XXVIII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

XXVIII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

la littérature et de Fart grecs des lumières abondantes sur les beautés classiques et de puissantes excitations à en rechercher les principes. Au pied du Pentélique et de l'Hymette, en face d'Égine et des Cyclades, sur les rives, quoique desséchées, du Céphise et de l'ilyssus, sur le rocher de l'Acropole encore couronne'1 de ruines magnifiques, à l'ombre du Parthénon ou des restes charmants du temple de Minerve Pandrose, sur les eaux qui baignent Salamine et dans la plaine de Marathon où l'on croit fouler les ossements des Perses vaincus, dans les gorges étroites du Taygète et parmi les lauriers-roses que nourrit l'Eurotas, il eût été bien difficile de ne pas éprouver des impressions esthétiques aussi profondes qu'ineffaçables. Ces impressions, chacun de nous s'y abandonnait selon son caractère et pour le seul plaisir de les goûter, ou, tout au plus, pour en réchauffer, au retour, les pensées, les sentiments, la vie en un mot que recèlent les textes, mais qui, ailleurs, n'éclate pas avec la même force aux yeux du lecteur même le plus épris et le plus attentif. Ces impressions qui nous reviennent sans cesse, agrandies plutôt qu'atténuées par l'effet du lointain et la poétique magie du souvenir, ces émotions personnelles, nous croyons bien faire de les mettre, dans ce livre, au service de la science du beau, et nous pensons que c'est ici le lieu de manifes-

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