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Parmi les salaires les plus élevés dans les départements et à Paris sont ceux des sculpteurs ornemanistes, des bijoutiers. Pourquoi ? parce que ce sont des métiers qui exigent un long apprentissage et des dispositions spéciales; par conséquent, rhomme qui connaît ce métier est capable d'une plus grande puissance d'utilités qu'un manœuvre, par exemple ; donc, il a une plus grande valeur. A Paris, ils ont augmenté de 75 pour 100 pour les premiers, de 65 pour i 00 pour les seconds ; les salaires de certains autres métiers ont augmenté dans une plus forte proportion, parce que plus nous irons, plus les travailleurs auront une tendance à prendre des métiers ayant un c6té délicat et artistique. Le recrutement de ces métiers deviendra donc de plus en plus facile, ToiOf^e de travail déplus en plus grande et pèsera sur le salaire.
.Graph. 50. — Augmentai ion ponr cent des salaires.
Pour le même motif, la moyenne de Taugmentation des salaires a été plus grande dans les départements qu'à Paris ; mais ici les salaires sont plus élevés du tiers ou de la moitié. L'n
pareil avantage provoque un afflux à Paris de tous les ouvriers qui se sentent quelque habileté; il en résulte une offre considérable de travail qui précisément a retardé la progression de l'élévation des salaires. Cet afflux^ par contre, a réagi sur les chefs-lieux des départements. Afin de conserver des ouvriers habiles, on a été obligé d'élever rapidement leur salaire.
Cette augmentation de salaires s*est manifestée en Angleterre comme en France.
Vous avez vu à Londres un groupe de mendiants et de mendiantes, aux vêtements en lambeaux, laissant voir la peau grelottante à travers leurs déchirures; aux souliers crevés et fangeux ; aux faces blêmes et au regard morne, d'une résignation désespérée, et vous avez cru qu'ils représentaient le dernier degré de la misère, au-delà duquel il n'y a plus que la mort. Eh bien 1 ces gens sont des aristocrates relativement à leurs aïeux.
Il y a environ soixante ans, le nombre des pauvres de Londres était de 106000 \ En 1875, il était de 100000, quoique la population eût triplé. Or, leur prix d'entretien est cinq fois plus élevé qu'en 1815.
Puisque presque toutes les marchandises, entre autres le pain, le sucre, le thé, sont moins chères qu'à cette époque, d'où vient cette différence? ce ne sont pas les pauvres qui fixent leurs moyens d'existence; ils sont fixés par d'autres, et ils doivent être inférieurs à ceux des ouvriers les moins payés, dette différence vient que l'idée du nécessaire indispensable, ifiême pour les plus pauvres, s'est transformée depuis cette troque.
M. Robert Giffen a communiqué, en 1883, à la Statistical So- '}tety, une étude sur la progression des salaires pendant un demi-siècle qui donne les résultats suivants :
« Danson, Lectures , p. 42.
SCIENCE ÉCONOM. 18
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