CHAPITRE I
I. UalUuu. — U loi de Malthas. — Calcul de Perrette. — ObeUeUt dertraetib et obftaclee prérenUIi. — IL— Omission de Malthns. — Rapport de U rieh|M6
■ et de U popalatioD. — Franee. — Iles-Britaimiqaee. — ÉkaU-Unie. — III. U» moyens de subsistance et la popolation. — Errenr de M. AehiUe Gaillard.— Bertillon.— Irlande. — IV. Obstacles de Malthos.— Densité de la popolatfcm.
— Animaux domestiques et sauvages. — Obstacles. ~ V. Contndnte morale.
— Ses eaoses. — Le reoensement.— L'épargne des enfanta.— Pasaion dépnssire. — France. — Arrêt de la population.— Angleterre. — Inertie morale.— VL Comparaison de la longérité bnmaine. — Population par kilomètre carré.
— Utilité de la densité de la population.
I. Malthus est devenu une sorte de bouc émissaire qu*on rendrait volontiers resjionsable de tous les maux de Inhumanité. Cette responsabilité est-elle justifiée ?
Malthus est parti de ce fait : que, lorsque plusieurs produits ont chacun une force reproductive égale à celle du producteur, on arrive nécessairement à une progression géométrique plus ou moins rapide. Le ûls de l'homme a-t-il une force génératrice égale à celle de son père? Pour lui, toute la question est là.
Or, il lui paraît évident que tout homme a une force génératrice égale à celle de son père. La progression de la population sera donc géométrique.
Mais, si l'homme peut engendrer deux, quatre enfants qui consommeront pendant quinze, vingt ans sans produire, il ne peut cependant produire que comme un. U en résulte doue que la production sera toujours en retard de toute une génération sur la production.
Malthus a formulé, dans les termes suivants, la loi à laquelle il a donné son npm :
a Lorsque la population n'est arrêtée par aucun obstacle, elle va doublant tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique.
« Les moyens de subsistance, dans les circonstances les plus favorables à Tindustrie, ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique.
« Portons à i 000 millions le nombre des habitants actuels de la terre : la race humaine croîtrait comme les nombres I , 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256, tandis que les subsistances croîtraient comme ceux-ci : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Au bout de deux siècles, la population serait aux moyens de subsistance comme 256 est à 9; au bout de trois siècles, comme 4096 est à 13, et, après deux mille ans, la différence serait immense et comme incalculable, o
Cestle calcul de Perrette. Son pot au lait se casse, et le calcul s*évanouit ; mais si le pot au lait ne s'était pas cassé, il n'en eût pas été plus exact.
Il faut compter avec les obstacles qui empêchent l'application rigoureuse de ce calcul ; Malthus, qui les avait fort bien' vus et analysés, les a distingués en deux sortes : les obstacles destructifs et les obstacles préventifs.
IL II faut tenir compte enfin d'une toute petite chose qu'avait complètement négligée Malthus : c'est l'augmentation de la capacité industrielle de l'homme.
Le fils, qui a la machine à vapeur à sa disposition, ne fait pas plus d'enfants que son père, mais peut quintupler ou décupler sa puissance de production ^
Les faits soiit un démenti constant depuis un siècle à la loi de Malthus, ce qui prouve que les lois à priori ne valent pas mieux dans la science économique que partout ailleurs.
Voici la France : il suffit de jeter un coup d'oeil sur le
1 Voir liv. IL -
SIS lA SCIBNCK ÉCONOHIQUB.
tableau suivant pour Être coavaincu que la r autrement vite que la population '.
lgZ6 IBil IU« '
IEt6 lUI ISH an 1866 IS71 \SJi
1 Cette évaluation de^U richesae n'est'paa rigoureusement exacte, mais elle est un iadice BuFSsant, sur une longue période. (Pour U discussion de cette évaluation, voir Vacherel de FoTille, Évatualion de la fortune de In Francs, Journal de tlatisliiae,m», 1879, 1883.) De plus, elle est trop faible, cor elle ne tient pas compte de la dis' Bimulatiou des valeurs mobilières.
RAPPORT EN CAPITAL DES SUCCESSIONS CONSTATÉES ET DE LA POPULATION EN FRANGE EN 1826-1885.
Dates Chiffre
des recensements, de la population.
Valeur en capital
des saccessions
constatées.
Rapport par habitant.
Mais, dit-on, en France, la population croit lentement. C'est vrai ; mais dans les Iles-Britanniques la population croît rapidement, et voici le résultat :