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aph. 33.— Accroissement de la population par 100 personnes en France et ou Angleterre (sans tenir compte des agrandissements de territoire). Natalité décroissante en France.
En ce moment, la France est le pays dont le croît de la population est le plus lent. De 1801 à 1886, 1000 personnes en Angleterre sont devenues 2357 personnes : en France, elles sont devenues 1 397.
Augmentât. Augmentation
delà Par a„„x^ de la population Par
population iOOO hab. °°®®** dans les 1000 habit»,
en France. Iles-Britanniques.
27349003 1000 1801 15996400 habit. »
36102921 1820 1871 (72 pour France) 31628400 — 1975
36905788 1824 1878 (76 pour France) 38935000 — 2126
La natalité de la France est de 80 pour 100 au-dessous decelle de la Prusse et de l'Angleterre, et cependant y a-t-il pléthore? N*y a-t-il plus une parcelle de sol en France où un Français ne puisse plus poser ses pieds ? Loin de là ; car la population spécifique de la France relativement à son étendue est faible (voir graphique 35).
Le nécessaire est relatif. Pour le paysan propriétaire, le nécessaire, c*est sa propriété. Pour toute une catégorie de bourgeois, le nécessaire, c'est une place du gouvernement. Maintenant pour tout le monde en France, le nécessaire ne représente pas un morceau de pain quotidien, mais un certain bien-être.
Or, il y a deux moyens de le conquérir et de ne pas le perdre : c'est de redoubler d'initiative, d'efforts, d'énergie ou bien de restreindre ses charges au minimum. La majorité des Français prend ce dernier parti. L'imprudence de l'insouciant qui jette des enfants au monde, sans capital pour les élever, est blâmable; mais la prudence qui en arrive à supprimer la pater-
» Nous avons dû écarter les départements contenant les grandes Tilles, Seine, Rhône, etc., dans lesquels la propriété agricole est insignifiante ; c'est ce qui fait que les coefficients des trois groupes, pris ensemble, diffèrent nn peu de ceux de la France en général.
nité, pour éviter des charges, est un grave symptôme d'inertie morale. Chez tout homme qui, au lieu d'agir, se donne pour but d'éviter Faction, le ressort est brisé. Sous ce rapport, le tableau suivant est navrant :
ENFANTS LÉGITIMES (nÉS VIVANTS) PAR 100 MARIAGES ^
(Voir graphique 84.)
VIv Qu'on jette un coup d'oeil sur le graphique 36, représentant lapopulation de divers Etats par trois grands groupes d'âges de 0 à 15 ans, de 15 à 60 ans, de 60 ans et au delà. En France, sur iOOO habitants, il n'y a que 275 vivants du premier âge; mais il y en a 617 du second ; il y en a 108 du troisième.
C/est une proportion beaucoup plus forte qu'en Angleterre, où, de 0 à 15 ans, nous trouvons 354 vivants, tandis qu'il n'y (ma plus que 573 de 15 à 60 ans et 69 de 60 à 0.
Mais pour bien se rendre compte de la conséquence de ces chiffres, il faut considérer ceux qui concernent les esclaves aux Etats-Unis, avant l'émancipation, cela va sans dire. Le groupe des vivants de 0 à 15 ans est de 424 : il dépasse tous les autres; celui de 15 à 60 ans n'est plus que de 541 ; celui de 60 à 0 n'est plus que de 35.
Si la natalité est nombreuse^ le déchet est donc énorme. On meurt vite, on meurt jeune, on dépasse péniblement l'âge de (>0 ans.
< Economiste français, 13 mars 1880 ; Question de la population en France, Paul Leroy-Beaulieu.
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Graph. 34, — Enfante légitimes nés vivants par iOO mariages, pendant diverses périodes.
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