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CHAPITRE PREMIER

LA MÉTHODE

!. Le but de la science est la découverte de la vérité. — La vérité ne doit iamais être subordonnée aux conséquences. — Deux négations.

II. L'induction. — La déduction. — Induction : tout homme est mortel. — Déduction : les assurances sur la vie.

III. Les lois naturelles. — La loi naturelle est un rapport constaté entre des phénomènes déterminés. — La certitude de la sanction.

I. Je me permets de rappeler les règles fondamentales de la méthode, car le mot de Descartes est toujours vrai : « Les questions de méthode priment toutes les autres. »

La méthode est l'ensemble des procédés employés à la recherche de la vérité.

Le but de la science est le rejet de Verreur et la découverte de la vérité.

La recherche de la vérité ne doit jamais être subordonnée aux conséquences que tels ou tels systèmes philosophiques, religieux ou politiques, tels ou tels intérêts peuvent en tirer.

Toute notion scientifique comporte deux négations :

1° elle nie la possibilité d'un commencement spontané ; 2° elle nie que les phénomènes soient le résultat de caprices intermittents.

La foi aux miracles est incompatible avec la loi de causalité.

II. Les deux instruments de la connaissance sont Vinduction et la déduction.

LHnduction est la constatation des rapports des faits entre eux. Tous les faits qui se produisent dans les mêmes conditions ont la même cause. Si on supprime la, cause, on supprime les faits.

Toute science est constituée par induction ; car elle comporte cette affirmation, formulée par Auguste Comte : <( Toutes nos conceptions subjectives reposent sur des matériaux objectifs. »

La déduction est V application de Vinduction à des cas nouveaux : elle dispense de recommencer les observations et les expériences qui avaient constitué la généralisation.

L'induction, c'est la constatation des faits. La déduction, c'est la conséquence d'une généralisation considérée comme évidente.

« Tout hommes est mortel, » voilà une induction devenue loi générale. C'est un fait nécessaire, affirmé par toute l'expérience passée et présente.

Les causes de la mort sont multiples : cependant, à l'aide d'observations, on est arrivé à déterminer le taux de la mortalité avec une certaine précision. Un individu peut mourir demain, mais sur mille individus d'un âge donné, il y en aura un chiffre déterminé qui survivront à un âge donné.

Donc PREMIÈRE INDUCTION .• Tout homme meurt.

Première déduction : Il a besoin de prendre des précautions non pour empêcher cet événement fatal, mais pour en atténuer les conséquences.

Deuxième induction : Le taux de la mortalité est assez exactement déterminé pour permettre la mesure des risques.

Deuxième déduction : Donc, on peut fonder des assurances sur la vie.

Le progrès intellectuel de l'humanité a consisté à établir des inductions, à simplifier et à coordonner les lois dégagées et à en dégager de nouvelles.

LA MÉTHODE 3

Cette œuvre est inspirée par Véconomie de Veffort, car toute loi obtenue rend plus faciles les acquisitions futures.

La loi naturelle est un rapport constaté entre des phénomènes déterminés.

La loi de Voffre et de la demande n'est pas la cause de la baisse ou de la hausse du pHx des m.archandises. C'est une formule d'après laquelle chacun est certain que si, sur un marché, il y a plus de marchandises offertes que de marchandises demandées, leur prix baissera, et que, si le contraire se produit, leur prix haussera.

La vérité d'une loi naturelle est prouvée par la certitude de la sanction. Hegel a assimilé les lois économiques aux lois de la gravitation : et personne ne peut essayer impunément de se soustraire ni aux unes ni aux autres.

Une loi, dit fort bien Littré (1), devient une puissance mentale, car elle se transforme en instrument de logique ; une puissance matérielle, car elle nous donne le moyen de diriger les forces naturelles.

(1) Auguste Comte, p. 42.

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