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III. Six lois inductives et six lois dèductives

I. Les adversaires de la Science économique font un autre reproche à ses fondateurs et à un certain nombre de ses plus éminents représentants.

Les Physiocrates, Quesnay, Mercier de la Rivière, Le Trosne, Dupont de Nemours, l'abbé Baudeau, avaient essayé de déterminer l'ordre naturel dans les sociétés.

Ils avaient considéré que l'ordre s'établissait dans les relations économiques et sociales comme le niveau des liquides dans deux vases communiquants. Adam Smith continua de rechercher les conditions de cet ordre.

M. Hector Denis a été heureux de trouver, dans Adam Smith, une phrase ainsi conçue : (< En cela, comme dans beaucoup d'autres cas, l'individu est conduit par une main invisible pour remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions » (1). Cela lui suffit pour accuser les économistes d'être des théologiens. Il est vrai que Frédéric Bastiat a écrit les Harmonies économiques, dont le titre a le défaut de rappeler les Harm,onies de la nature de Bernardin de Saint-Pierre. Il ne faisait évidemment pas une œuvre scientifique en disant : (( J'entreprends de montrer dans cet écrit l'harmonie des lois providentielles qui régissent la société humaine. » Mais lui-même n'y faisait pas un acte de foi absolue, car il ne niait pas qu'il y eût des conflits d'intérêts.

(1) Hector Denis, Histoire des systèmes économiques et socialistes, t, II, p. 240.

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Quant à Adam Smith, il a constaté l'hostilité possible entre les intérêts publics et les intérêts privés ; il a analysé les intérêts spéciaux des marchands, des ouvriers, des propriétaires, des marchands de grains, des professeurs, des classes sociales, des villes et des campagnes, des milieux gouvernants : et il demande aux législateurs de ne pas tenir compte des clameurs importunes des intérêts particuliers (1).

Les Catheder socialisten, les socialistes démocrates, les interventionnistes de tous genres, en appellent à l'Etat et à la loi pour supprimer les antagonismes, « établir l'équilibre entre les intérêts opposés », et réaliser l'harmonie dont ils se moquent quand les économistes déclarent qu'elle résulte de la nature des choses.

Nous connaissons ce système. Il a reçu le nom de « Colbertisme » (1), et il a été appliqué par l'homme qui, ayant à la fois des plans d'ensemble et un grand soin du détail, était le plus propre à le faire réussir. Les Catheder socialisten, qui essaient de le rajeunir, feraient bien d'étudier le commerce des blés et le régime des corporations, tel qu'il avait essayé de l'établir.

Cette étude historique leur montrerait que les mesures prises pour prévenir les antagonismes économiques, loin de les supprimer, les aggravaient en y ajoutant des perturbations telles que la fraude, la délation et la violence en permanence.

Mais même dans les systèmes tyranniques où la majorité des intérêts individuels est opprimée, ce sont ces intérêts individuels qui font la force et la fortune du groupe.

Les faits nous permettent de tirer les conclusions suivantes :

I. Loi inductive : Les groupes humains se conservent, se développent ou tombent en décadence.

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