LA S< [ENCE ET L'HYPOTHÈSE
devient le siège d'un phénomène particulier agissant sur le galvanomètre comme un courant et qu'il appelle courant de déplacement.
Si alors deux conducteurs portant des charges contraires sont mis en communication par un fil. il règne dans ce fil pendant la décharge un courant de conduction ouvert; mais il se produit en même temps, dans le diélectrique amhiant, des courants de déplacement qui ferment ce courant de conduction.
On sait que la théorie de Maxwell conduit à l'explication des phénomènes optiques, qui seraient dus à des oscillations électriques extrêmement rapides.
A cette époque une pareille conception n'était qu'une hypothèse hardie qui ne pouvait s'appuyer d'aucune expérience.
Au bout de vingt ans, les idées de Maxwell reçurent la confirmation de l'expérience. Hertz parvint à , produire des systèmes d'oscillations électriques qui reproduisent toutes les propriétés de la lumière et n'en diffèrent que par la longueur d'onde, c'est-àdire comme le violet diffère du rouge. Il fit en quelque sorte la synthèse de la lumière. C'est de là comme chacun sait qu'est sortie la télégraphie sans fil.
On pourrait dire que Hertz n'a pas démontré directement l'idée fondamentale de Maxwell, l'action du courant de déplacement sur le galvanomètre. C'est vrai dans un sens, et ce qu'il a montré directement, en somme, c'est que l'induction électromagnétique ne se propage pas instantanément
l'électrodynamique
comme on le croyait, mais avec la vitesse de la lumière.
Seulement, supposer qu'il n'y a pas de courant de déplacement et que l'induction se propage avec la vitesse de la lumière; ou bien, supposer que les courants de déplacement produisent des effets d'induction et que l'induction se propage instantanément, cela est la même chose.
C'est ce qu'on ne voit pas au premier abord, mais ce que l'on démontre par une analyse que je ne puis même songer à résumer ici.
V. — Expériences de Rowland. — Mais, je l'ai dit plus haut, il y a deux sortes de courants de conduction ouverts : il y a d'abord les courants de décharge d'un condensateur ou d'an conducteur quelconque.
11 y aussi les cas où des charges électriques décrivent un contour fermé, en se déplaçant par conduction dans une partie du circuit et par convection dans l'autre partie.
Pour les courants ouverts de la première sorte, la question pouvait être regardée comme résolue : ils étaient fermés par les courants de déplacement.
Pour les courants ouverts de la deuxième sorte, la solution paraissait encore plus simple; si le courant était fermé, ce ne pouvait être, semblait-il, que par le courant de convection lui-même. Pour cela, il suflisait d'admettre qu'un « courant de convection », c'est-à-dire un conducteur chargé en
LA SCIENCE ET l'hïBOTDÈSE
mouvement, pouvait agir sur le galvanomètre.
Mais la confirmation expérimentale manquait. Il paraissait difficile, en effet, d'obtenir une intensité suffisante, même en augmentant autant que possible la charge et la vitesse des conducteurs.
Ce fut Rowland, un expérimentateur extrêmement habile, qui le premier triompha de ces difficultés. Un disque recevait une forte charge électrostatique et une très grande vitesse de rotation. Un système magnétique astatique, placé à côté du disque, subissait des déviations.
L'expérience fut faite deux fois par Rowland : une fois à Berlin, une fois à Baltimore ; elle fut ensuite reprise par Himstedt. Ces physiciens crurent même pouvoir annoncer qu'ils avaient pu effectuer des mesures quantitatives.
Cette loi de Rowland fut admise sans contestation par tous les physiciens.
Tout, d'ailleurs, paraissait la confirmer. L'étincelle produit certainement un effet magnétique; or, ne semble-t-il pas vraisemblable que la décharge par étincelle est due à des particules arrachées à l'une des électrodes et transportées sur l'autre électrode avec leur charge? Le spectre même de l'étincelle, où l'on reconnaît les raies du métal de l'électrode n'en est-il pas une preuve? L'étincelle serait alors un véritable courant de convection.
D'un autre côté, on admet aussi que, dans un électrolyte, l'électricité est convoyée par les ions en mouvement. Le courant dans un électrolyte