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son ormieil l’expédition du Mazenderan. Le Mazcnderan est l’Hircanie des Grecs. Ce nom, à physionomie sauvage, est celui de la province la plus fertile et a plus riante de la Perse. On y recueille le coton et la canne à sucre, et une chanson locale, conservée par Firdousi, célèbre ainsi la gracieuse nature du Mazenderan : « La rose ne cesse de fleurir dans ses jardins, et la tulipe et l’hyacinthe croissent dans ses montagnes. L'air y est doux, la terre y est peinte de fleurs.
U n’y a ni froid ni chaleur ; il y règne un printemps "éternel. Le rossignol qui chante dans ses jardins, la biche qui erre dans ses vallées, ne se lassent pas de voler et de courir. »
C’est contre cette espèce de paradis que le roi entreprend une guerre funeste. Les enchanteurs et les divs (mauvaises puissances) qui habitent le Mazenderan, font prisonnier Kaous avec son armée. Kaous appelle à son secours l'invincible Rustem- Celui-ci rencontre sur son chemin sept aventures. T aridis qu il dort, un lion veut le dévorer ; mais Rakscli, le terrible coursier, foule aux pieds le lion et le déchire. Au moment de mourir de soif dans le désert, le héros est sauvé par un bélier qui lui indique une source. Ruslem combat et met à mort un dragon avec l’aide du lirlèle Rakscli , qui l’a réveillé trois fois, comme Bayard réveille Renaud en frappant du pied son écu. line magicienne tente de séduire Rustem ; mais il prononce le nom de Dieu , et elle devient noire et hideuse. C’est
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le lype tics enchanteresses delà famille d’Alcine. Après plusieurs autres rencontres, Rustem arrive à la caverne du div blanc, défenseur terrible du Mazendèran. Le trouvant endormi, le héros se garde bien de le tuer dans son sommeil; mais il l’éveille par un cri, et le combat commence. Rustem et son ennemi s’arrachent 1 un à 1 autre des lambeaux de chair, le sol est pétri de leur sang. Enfin Rustem enfonce son poignard dans le eœui du div, dont le sang versé sur les yeux de Kaous rend à ce monarque la vue, que les enchantements lui avaient ravie.
Kaous alors, secondé par Rustem, combat le roi du Mazendèran, cl Rustem le perce de sa lance. En ce moment, grâce à son art magique, ce roi se change en un quartier de rocher; mais Rustem ne se laisse pas tromper par cette ruse de guerre. R saisit la lourde pierre que nul dans l’armée n’avait pu mouvoir, la porte devant la lente de Kaous, et force par ses menaces l’enchanteur tà paraître sous sa forme naturelle. Enfin, il obtient que l’investiture du Mazendernn sera donnée à Aulad, guerrier indigène qu’il protège. Celte investiture accordée à un chef du pays conquis est peut-être le trait, le plus historique de celte expédition dans le Mazendèran, qui doit avoir un fondement réel, mais qu’en raison même de sa célébrité, l’imagination des peuples et la crédulité des siècles ont surchargée de fables et de légendes merveilleuses.
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(Ci s’arrête la traduction de M. Molli. Pour faire aporéoier 1 etendoe de l'œuvre qu'il a entreprise, je vais continuer à donner l'analyse du Livre des Rots d apres Gœrres Je serai encore plus succinct que je ne 1 ai été jusqu’ici; en abrégeant cet abrégé, ma seule intention est de dessiner le contour de la composition o-igantesque de Firdousi.
° °Après son expédition dans le Mazenderan, Kaousen entreprend une autre qui n’a pas beaucoup plus de succès. Séduit par son amour pour la tille du roi du llamaveran, il est fait prisonnier, et c’est encore le vaillant Rustem qui vient délivrer 1 imprudent monarque.
Enfin, le délire de son orgueil est porté au comble. Tenté par les mauvais esprits, il ne se contente plus de régner en paix sur le monde; il veut s élever vers le ciel pour aller voir ce qui se passe dans les régions interdites à l'homme. Des- vautours l’emportent d’abord à travers les airs, puis le précipitent sur la terre. Instruit par celte chute, il se repent de sa folle-ambition et s’humilie devant Dieu.
« Laissons le roi Kaous et insérons ici une narration sur Rustem, pleine de couleur et de parfum. » C’est ainsi que le poète annonce le récit assez insignifiant d’une chasse entreprise par Rustem sur les terres ennemies et de la bataille qui s ensuivit.
Ces grandes chasses, qui durent plusieurs jours, quelquefois plusieurs semaines, qu’on entreprend à la
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lèle d'une petite armée, sont tout à tait dans les mœurs de l’Asie. En même temps, l'espèce de défi qui consiste à chasser joyeusement sur le territoire d’un ennemi est exprimé ici à peu près dans les mêmes termes que dans la fameuse ballade anglaise, la Chasse de Clieviot, que le classique Addisson a comparée à un chant d’Homère : « l'crcy, du Northumberland, lit vœu à Dieu qu il chasserai l dans les montagnes de Clieviot pendant trois jours, en dépit du vaillant Douglas et de tous ceux qui pourraient être avec lui... » Une autre histoire, que Firdousi nommeàhon droit pleine de larmes, c’est la célèbre et touchante aventure de la mort du (ils de Rustem, l’infortuné Zohrab. Le poêle commence par retracer la romanesque naissance du jeune héros, avant de raconter sa mort. Dans une chasse entreprise, comme la précédente, sur les frontières du Touran, Rustem avait perdu son bon cheval Raksch ; Rustem sans Raksch, c’est comme Renaud sans Bayard. Accueilli par l’hospitalité empressée et tremblante du roi de Semenkan, Rustem dormait, après avoir bu largement, quand la belle Tehminé vient dans la nuit lui offrir son apiour. Les prouesses du guerrier avaient fait naître dans le cœur de la jeune tille un sentiment non moins exalté que tendre, et qui s’exprime dans des termes que ne désavouerait pas l’héroïne d’un roman de chevalerie, sauf je ne sais quoi de grandiose et d’un peu sauvage, où l’on sent une poésie plus lointaine et plus naïve.
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« Mille récits de tes exploits, lui dit-elle, sont parvenus à mes oreilles. Je sais que tu ne crains ni les lions, ni les crocodiles, ni les mauvais gemes A travers la nuit sombre tu marches seul vers le Touran, lu dors sur le sol ennemi, tu rôtis pour la nourriture un âne sauvage, tu fais pleurer l'air avec Ion glaive^ Saisi de crainte à cause de loi, l’aigle n ose volei , et le serpent de mer sort des flots. » La princesse termine l'aveu de sa tendresse en promettant à Rustem de lui faire retrouver son cheval, et cet argument, réserve pour le dernier, n’est pas, on peut le croire, le moins puissant de ceux quelle emploie pour obtenir du héros
c]u il réponde à son amour.
Ru stem s’éloigne aux premiers rayons du jour, et laisse à la belje Tehminé un bracelet, en lui demandant, si elle a un fils, de le placer au bras de cet enfant . Un fils najt en effet; sa mère lui donne le nom de Zohrab. Un jour il se présente devant elle et lui dit: « Apprends-moi pourquoi je suis plus fort que mes compagnons, pourquoi ma tête s’éjève vers le ciel, et quelle est ma race? Quand on me demande quel est mon père,
que dois-je répondre? Si tu me caches son nom, je ne le laisserai pas vivante sur la terre. — 0 mon fils! iepond la mère épouvantée, réjouis-toi, tu es le fils de Ruslem, c’est pour cela que tu es plus grand que le ciel! » Mais il ne faut pas que le roi de Touran, Afrasiab, connaisse ce mystère. Elle recommande donc le secret à Zohrab. Celui-ci s’écrie : « le veux rassem-