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valent moins que nous. Notre devoir, à la fois comme chrétiens et comme nations civilisées, ce serait de les élever jusqu’à notre niveau. Il s’agit non de les exploiter et de les opprimer, mais de les perfectionner, dans notre propre intérêt aussi bien que dans le leur. C’est ce que la loi religieuse de l’Évangile, d’accord avec la philosophie, recommande aux gouvernements occidentaux. Mais de si sages conseils ne sont guère entendus; et la façon dont nous avons traité la Chine, dans unerécente occasion, montre assez que nous ne sommes pas encore à ce point de bienveillance ni de justice.
ha science peut pour sa part aider la politique, en lui apprenant que ces peuples ne sont pas aussi barbares qu’on l’a cru trop longtemps; et que leur civilisation, pour être moins éclairée et moins parfaite, n’en est pas moins poussée fort loin. En respectant un peu plus le passé de ces contrées, attesté par des monuments intellectuels qui parfois égalent ceux dont nous sommes si tiers, nous deviendrons plus pacifiques pour les descendants de ceux qui les ont produits. Nous serons plus indulgents, et nous remplirons mieux la mission que Dieu nous a confiée. Je ne veux pas me faire illusion en attribuant à la science
*VI" PRÉFACE
plus d’action qu’elle n'en a dans les affaires humaines; mais il suliil qu elle puisse concourir au bien qui se fera dans ces extrémités de la térre, soumises à l’influence de la civilisation chrétienne. On allait, dit-on, chercher jadis la sagesse dans le lointain Orient; que la science aujourd'hui nous y fasse porter un peu plus de mansuétude, et qu’elle y adoucisse la puissance des forts. Ce ne sera pas un de ses moindres bienfaits. Celui-la, quoique indirect, n’a rien d’impossible; et l’on est autorisé à croire, sans partialité, que l'administration européenne est plus douce, en même temps qu’elle est plus habile, entre les mains des William Jones, des Wilkins, desColebrooke, des Wilson, desPrinsep, etc.
Quoique à distance, les œuvres des Abel Rémusat, des Eugène Burriouf, des Mohl, peuvent avoir des résultats assez analogues. Ces hommes éminents n’ont, pas pu, comme d’autres, gouverner personnellement les intérêts et les destinées de quelque partie de l’Asie* mais ils les servent puissamment, bien que de plus loin. Ampère s’est associé à ces nobles labeurs, en mettant tous leurs trésors à la portée d’un plus grand nombre de lecteurs. Sans doute, depuis ces articles si élégants et si instructifs, la science a marché; les
PREFACE
éludes sanskrites, zendes, bouddhiques et chinoises sont aujourd’hui plus avancées quequand il les résumait, voilà déjà plus de trente ans, avec tant de bonheur et d’utilité. Mais ces travaux de pure exposition ont eu leur moment; et à cette heure même, ils nesont pas sans à-propos. C’est là ce qui justifie les amis d’Àmpèrc d’avoir songé à les publier de nouveau ; à mon sens, ils oritbien fait, et le p ; ;hlic les en remerciera.