‹ La science et les lettres en OrientChapitre 9 sur 101 · I.A SCIENCE EN OUÏE N T · texte numérisé non relu

I.A SCIENCE EN OUÏE N T

Indes ol bon nombre de préjugés. On a beaucoup déraisonné sur la Chine, elles Chinois ne se font pas de 1 Europe des idées plus ridicules que celles que nous nous sommes formées souvent de leur empire. A l’ignorance et à l’esprit de système s’est joint le dédain qui leur va si bien, et I on s est dit : A quoi bon savoir le chinois? Des personnes instruites du reste sont portées, faute de notions précises, à ne voir dans cette étude que l’amusement d’une vaine curiosité, tout au plus l’inutile mérite de la ditficulté vaincue, ou une sorte de manie bizarre comme le goût des magots. On n’oserait s’écrier : Peut-on être Persan! car on a lu Montesquieu, mais on se surprend a penser : Peuton être Chinois ! Quelle estime taire alors d une vie vouée tout entière à l’étude d’une langue et dune littérature auxquelles on attache si peu d importance ! Cependant la mort de M. A. Rémusat est une des pertes les plus sérieuses que pouvait taire la science; des progrès de l’ordre le plus elevé sont arrêtés pai celte mort, qui l’a frappé dans la lorce de 1 âge, et, poui ainsi dire, au cœur de ses travaux.

C'est que la Chine est tout un monde. On pourrait dire que c’est la planète la moins différente de la nôtre; peut-être les habitants de Saturne seraientils plus curieux à connaître que 1 Empire du Milieu, encore je n’en voudrais pas répondre. Une nation dont la population est aujourd’hui supérieure a celle de toute l’Europe, qui compte plus de quarante siècles

UE LA CHINE

d’an'iqui,é l,ien »«We * «le traditions historiques non interrompues, dont le langage et l’écriture sont ondes sur des procédés entièrement différents de ceux qu’emploient les autres peuples, dont l'organisation politique, les mœurs et jusqu’à la tournure

es ltlees el du slïle "e diffèrent pas moins de tout ce que nous connaissons ; une nation qui possède une

. 7 6 "nmense> 1u‘ connaît tous les raffinements

n . a vie sociale la plus compliquée, en un mot qui piesente un développement de civilisation complet, à fois parallèle el opposé au notre; une telle nation mente bien qu’on l’étudie pour elle-même ; et si

reSle 1CS PreUïeS s'°ff'™n, dons comme on 1 a déjà fai, avec succès, des documents que

S:;:rienNsuri'ancien"eiiisi-eduta

si ’ 'a eCla,rer> d’™e lumière que rien ne ont 1 T'! ’ ,0UleS l6S grantles invasions qui

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depuis trois mille ans unrT"’ 06110 ' Cl'°";ir' a" -ioué et compte aclueliem’ent „l l"11”0"80 ‘lanS 'C m°mlc -re, :„c„„, itiîrqQ.p,“él :;rrqu’°ucune

ï consacrât ses rares facultés. ' ° n°lr° 'Cm|'8

LA SC1EÎNCE EN ORIENT

11 n’csl presque aucune portion du vaste ensemble de recherches que la Chine peut offrir, sur laquelle ne se soit portée l’attention de M. A. Rèmusat. Parcourir ses principaux travaux, c’est faire, pour ainsi dire, le tour de ce vaste sujet. Sa sagacité choisissait en général, dans chaque matière, le point délicat et essentiel pour s’y appliquer. Dire ce qu il a lad, c est toucher aux plus curieux produits de la science qu'il cultivait ; indiquer ce qu’il voulait faire encore, c est indiquer où en sont les problèmes les plus intéressants qui restent a résoudre.

D’après cela, ayant pour but de faire de cette notice comme un compte-rendu du degré auquel M. A. Remuait a porté et de l’état où il a laissé nos connaissances sur la Chine, je diviserai ses travaux d’après l’ordre des matières auxquelles ils se rapportent, ainsi qu il

suit :

1° Langue et écriture chinoises ;

2° Langues tartares : japonais, coréen ;

5° Histoire littéraire, belles-lettres ;

4° Sciences naturelles, arts mécaniques ;

5° Géographie, histoire ;•

6° Philosophie et religion.

On voit que c'est presque le plan d'une eneve opudie; mais que ce mol n’effraye pas mes lecteurs je n'ai ni l'intention ni les moyens d'être profond. Mon désir est seulement de choisir sous ces differents chcls les résultats qui peuvent offrir l'intérêt le plus geneia

DE LA CHINE

et souvent le plus piquant : heureux si je trouva is pour les exposer un peu de cette clarté vive que leur auteur savait si bien y répandre. Quoi qu’il en soit, faire connaître les travaux de M. A. Rémusat est une obligation pour quiconque a profité de son admirable enseignement. D autres sauraient beaucoup mieux s acquitter de celte tâche; mais les plus faibles de ses élèves doivent contribuer à la remplir.

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