PERMIEN
iî«n.
Frasnien.
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MosGorien
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SlépItanieD.
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Peojabiea
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(Rolhlie-
geude).
Tlpiringien iZechsteio}.
tu MÉSOZOIQUE
•arjurassiqae.
CRETACIQUE
l* Série iafra-crétacce.
Néoco-
Barré-
Aplien.
niien.
micn.
Albien Gaull).
2» Série stipra-crétacée.
Céoo-
Turonien.
manien.
-o te
Ô te
Emscbérien
Sénooieo iarér.
U NÉOZOIQUE
NEOGENE
1* Série miocène.
HeUélien.
Torlo-
Dien.
5î Sarmatien
ViD'Iobonicn.
oa
UéM-méditerranéfn
2* Série pliocène.
FlaisancieD.
Asliin.
Néo-mcdilerranéen.
Sicilien.
A^ de lEIephas
meridionaiis.
3* Série pléistocéne dans l'Europe ocrideiitale.
Age de l'Elcphas anliquiis.
(Climat chaud.) Ctielléen.
Age de
l'Eleplias
priraigcnius
'Faune de
toundras.)
MousUcrien.
Age du Renoe.
(Faune
de •teppes; S«lB:rta et Magdalénier
Paléolitiiiquc.
CIIAP. Yl. — CHRONOLOGIE BTRATiGRAl'HIQUE ii3
En 1849, un singulier progrès est réalisé dans le Cours de paléontologie et de géologie de dOrbigny, qui représente déjà, dans ses grandes lignes, ce que seront les traités de géologie postérieurs, et qui peut l'être considéré comme ayant donné à la chronologie paléontologique sa base définitive. On y trouve, pour la premii>re fois, nos grandes divisions classiques : paléozoïque, trias, jurassique, crétacé, tertiaire, avec leurs 28 subdivisions, qui, pour la plupart, subsistent encore.
A partir de ce moment, les progrès se sont poursuivis d'année en année : les géologues de tous les pays s'attachant à faire rentrer leur chronologie locale dans le cadre général fourni par d Orbigny et se trouvant amenés, par suite des difficultés mentionnées plus haut, à introduire des coupures nouvelles, à modifier les limites d'étages ou même de systèmes '.
Une question, à laquelle on attache beaucoup d'importance et dont la solution ne paraît pas encore mûre, a été celle de proportionner les coupures de la classification à celles des phénomènes eux-mêmes, de manière que le premier aspect du tableau chronologique mît aussitôt en évidence les grandes périodes historiques, caractérisées par des mouvements de lécorce terrestrç, ou des variations capitales de la faune. On a ainsi établi trois groupes principaux, auxquels on a laissé leurs anciens noms de primaire, secondaire ou tertiaire, choisis dès le premier jour, mais en ajoutant une seconde épithète, qui montre bien que la séparation est fondée sur la considération des orgattii.mes : paléozoïque, mésozoïque, néozoïque, c'est-à-dire à faune ancienne, moyenne ou récente.
Chacun de ces groupes a été, dans la classification actuelle, divisé en systèmes, dont le nombre total est de il : archéen, précambrien, silurien, dévonien, carboniférien, permien, triasique, jurassique, crétacique, éogène et néogène; puis les systèmes ont été divisés en séries, les séries en étages et les étages en sous-étages. Dans la classification, que je reproduis, il y a environ 60 étages et 100 sous-étages- : chiffres, qui, si l'on ne modifie pas les principes actuellement en usage, doivent
représente notre jurassique ; le crétacé, qui ne porte pas encore ce nom, comprend: weald clay, sable vert, craie chloritée, craie tufeau et craie blanche.
1. Voir le Chronographe géologique de E. Renevier (Congr. géol., 1894) et le Dictionnaire de U. BoTTi, Deipiani e sotto-piani in Geologia. In-S", Reggio-Calabria, 1899.
2. Un sous-étage, à son tour, se divise en un certain nombre de zones paléontologiques, ordinairement définies, pour abréger, par un nom de fossile; par e.xemple, dans le callovien (27), les trois zonesàvlmwi. macrocephalus, Amm. ancepsei Amm. athlela; ce qtii ne veut pas dire que chacune de ces zones représente la zone d'extension verticale du fossile, qui sert, par une simple convention, à la nommer. Ce fossile peut, en réalité, très bien se retrouver également, soit au-dessus, soit audessous.
224 L\ SCŒNCIi: GÉOLOGIQUE
évidemment s'accroître avec le progrès et la généralisation des études géologiques ; car le nombre des épisodes locaux, qui peuvent sembler marquants dans l'histoire de la Terre, et dont la valeur est comparable à celle des divisions primitivement adoptées, ne saurait manquer d'avoir été très considérable.
Étant donné cet émiettement des périodes géologiques en fractions de plus en plus menues, le vœu naturel des géologues serait que les grandes lignes de la classification fussent établies une fois pour toutes et reconnues d'un commun accord, c'est-à-dire qu'il ne pût plus y avoir de discussion, ni sur les groupes, ni sur les systèmes, ni même sur les étages et qu'on se bornât désormais, par exemple, à introduire de nouveaux sous-étages, ou à subdiviser à leur tour ceux-ci.
Malgré le désir unanime des congrès géologiques, il est à craindre que ce progrès ne soit pas réalisé d'ici longtemps'. On ne veut pas, en elîet, se décider à envisager cette série chronologique comme une échelle absolument conventionnelle, mais à divisions invariables, par rapport à laquelle on mesure et on apprécie des phénomènes inconnus ; on protend que l'échelle corresponde à la réalité absolue des faits, que ses degrés soient rigoureusement concordants avec les événements de l'histoire terrestre, que l'épaisseur môme du trait, ou le caractère employé pour noter la division, soient proportionnels à la coupure qu'elle représente dans cette histoire : ce qui suppose cette histoire entièrement connue, la science géologique à jamais fixée et nous recule, par suite, à une époque indéterminée.
11 semble, au fond, comme je lai déjà remarqué, que cette préoccupation trahisse la persistance inconsciente des anciennes idées à la Cuvier ou à la d'Orbigny sur les cataclysmes du globe. Car on conçoit que, s'il s'était réellement produit un certain nombre de créations nouvelles, un certain nombre de brusques mouvements, communs à toute l'étendue de la Terre, quel que fût d'ailleurs ce nombre, on eût pu trouver là des démarcations générales et invariables, fixées une fois pour toutes. Mais, avec l'idée d'évolution, avec l'idée (tout au moins possible théoriquement) de colonies retardataires subsistant en un
1. 11 est un point, tout au moins, sur lequel il devrait 6tre bien facile d'établir une entente : ce sont les noms variables, appliqués à une môme division géologique, d'ailleurs bien définie. A cet égard, il est, je crois, déplorable de changer un nom pour lui en substituer un autre, qui, sur le moment, peut sembler meilleur, ou môme simplement dont la désinence parait plus naturelle, comme crétacique remplaçant délacé. Un nom n'est qu'une convention ; son choi.x n'a à peu près aucune importance en lui-même et si, pour des noms nouveaux, on peut se régler sur des questions de convenance, de symétrie, ou d'euphémisme (préférer, par exemple, les noms de pays ou les types marins), un ancien nom, admis par tous pour désigner une chose bien déterminée, ne devrait être changé sous aucun prétexte.
CIIAI». VI. — APPLICATION DE LliCHELLE CHRONOLOGIQUE 2i3
point, tandis que le reste évolue, avec l'idée de courants apportant une faune boréale vers le Sud, une faune pélagique sur le littoral et modifiant localement les conditions de vie, que reste-t-il, comme démarcations, dans l'ordre d'idées stratigraphique ? Au milieu d'un phénomène continu, pourquoi attribuer une importance spéciale à tel changement de faune, important pour le bassin parisien, mais qui n'est, en réalité, qu'une migration insignifiante pour l'histoire de la Terre. C'est un peu comme si, dans l'histoire générale, on établissait une coupure énorme à l'arrivée des Normands en Angleterre, à la conquête de la Bretagne par les Français, prétendant étendre cette division à l'histoire de l'Amérique, de la Chine ou de l'Australie. Et, sans doute, en histoire, un tel procédé peut, à la rigueur, se soutenir, parce que l'histoire intéressante pour nous est celle d'une très petite fraction de l'humanité, renfermée dans l'Europe ou les régions très voisines et que de tels événements ont pu exercer moralement un contre-coup à longue distance. Mais, en histoire géologique, il faudrait une démonstration préliminaire bien convaincante pour nous faire admettre que le sort desTrilobites canadiens a pu directement toucher ceux de Bretagne ou de Bohême ' ?
Restent alors les divisions fondées sur la tectonique, sur les grands mouvements du sol; et l'on dira à cela qu'il a dû, en somme, exister une certaine correspondance entre les mouvements tectoniques et les variations des mers, entraînant un changement dans la faune !... Pourtant, là aussi, n'est-on pas un peu dupe de cette illusion d'optique très habituelle, qui nous fait attribuer une importance démesurée aux événements survenus à côté de nous?
V. — Application de Téchelle chronologique à la détermination de l'âge d'un terrain quelconque.
L'établissement d'une échelle chronologique par les méthodes que nous venons d'envisager est une première étape géologique, après laquelle il reste, pour tout travail quelconque sur le terrain, à utiliser cette chronologie, qui fait désormais partie du patrimoine scientifique et à identifier un sédiment observé, dont on désire connaître l'âge, avec un numéro de la série.
Cette identification, qui se fait par la méthode même exposée plus haut pour l'établissement de la série, est relativement facile, quand le
1. Ainsi que je l'ai déjà remarqué, il y a cependant des observations singulières dans cet ordre d'idées. Il semble, par exemple, que les trilobites Paradoxides apparaissent partout au môme niveau.
Di Launat. — Science géologique. 13
terrain renferme des fossiles ; il n'y a plus alors qu'une question pratique de paléontologie, une collecte d'échantillons à faire et à comparer avec les types figurés dans nos livres ou gardés dans nos musées. Les difficultés dordre théorique, qui peuvent se présenter, sont exactement les mêmes que celles rencontrées précédemment pour classer les terrains dans l'ordre chronologique, le problème étant au fond identique ; je renvoie donc, pour leur solution approximative, à ce qui vient d'être dit : choix des fossiles marins à variation rapide, étude d'ensemble de la faune, précautions relatives à l'influence des faciès, etc.
Quand les fossiles font défaut, le géologue n'est pas encore désarmé, s'il constate l'intercalation de la couche non fossilifère étudiée, entre deux strates à fossiles connus, sauf les restrictions déjà indiquées. Il possède même encore un élément sérieux d'appréciation, s'il connaît seulement la position de cette couche par rapport à une seule autre, déterminée comme âge et située, soit en dessus, soit en dessous, à la condition toutefois qu'il ne puisse pas y avoir de renversement, d'interversion dans l'ordre des numéros. Mais, quand un terrain non fossilifère se présente en relations problématiques avec les autres terrains de la région, le géologue se trouve souvent dans un cruel embarras.
C'est alors que l'on est souvent tenté de faire intervenir ces assimilations de faciès, qui, pendant une certaine période de la science, où l'on ne s'en méfiait pas autant qu'aujourd'hui, ont entraîné tant de lourdes erreurs. Tel calcaire, tel schiste doivent être les mêmes que tels autres, auxquels ils ressemblent. Voilà le raisonnement, qui n'est admissible que lorsqu'on a pu établir de proche en proche la continuité entre les deux calcaires ouïes deux schistes. De même, a pnore, un terrain de grès rouge et d'argiles bariolées avec du gypse doit être permo-triasique en Australie, parce qu'il aurait des chances pour l'être au centre de la France. Ou encore, une couche de houille importante en Chine ou au Tonkin doitèiYO. d'âge carbonifère, parce que c'est pendant le carbonifère que se sont faites en Europe les plus abondantes accumulations de matières végétales, transformées en houille. Le faciès corallien, qui peut apparaître dans les étages les plus divers, a été longtemps considéré ainsi comme caractéristique d'un étage déterminé. Dans l'ordre d'idées inverse, il a fallu des discussions de plusieurs années pour faire admettre que Ja craie de Rouen, les grès du Perche et certains récifs coralliens à rudistes du midi de la France représentaient, avec des faciès si divers, également le cénomanien (36). Nous sommes aujourd'hui plus familiarisés avec ces variations constantes de faciès, que peut présenter un même terrain sur une étendue relativement restreinte ; mais, précisément parce que nous nous en méfions davantage,
CHAP. VI. — APPLICATION DE LKCIIKLLK CHRONOLOGIQUl!: 227
nous n'avons plus, de ce côté, la ressource, sur laquelle, il y a une trentaine d'années, on croyait encore souvent pouvoir compter.
11 ne reste alors, pour définir l'âge de ces terrains énigmatiques, que les considérations les plus délicates de la tectonicjue, les coupes plus ou moins hypothétiques, où une inconnue se dégage par sa mise en équation avec les autres termes connus, parfois aussi les comparaisons (le coupes, dont il y aurait peut-être lieu de suspecter, plus quon ne le fait souvent, la belle symétrie, fondée sur des généralisations trop complètes et trop vastes pour avoir des chances de cadrer avec la complexité des phénomènes naturels.
C'est ainsi que, lorsqu'il s'agit de régions compliquées comme les Alpes, les non-professionnels sourient parfois de la comparaison entre des coupes dessinées par d'excellents géologues, partis seulement de principes contradictoires, ou en constatant que certains terrains voyageurs se promènent, suivant le moment et suivant l'auteur, d'un bou à l'autre de l'échelle géologique ; il semble, à ceux qui ne sont pas du métier, que la science géologique doive être bien mal assise, pour que les terrains métamorphiques de l'Attique soient classés : par les uns, dans le primitif, par les autres dans le crétacé, pour que les schistes lustrés des Alpes se soient promenés tant de fois du trias au précambrien et du précambrien au trias, avant de se fixer aux environs de ce dernier, avec tendance actuelle à rajeunir encore, pourq^e les terrains salitères du Saltrange indou aient remonté soudain toute léchelle des terrains du silurien à l'éocène, pour que les gypses d'Algérie, classés autrefois comme des éruptions éocènes, se soient, au contraire, un beau jour, réveillés sédiments triasiques. Il est certain qu'il se pose ainsi quelques problèmes difficiles, où toute l'ingéniosité du géologue tectonicien trouve, et trouvera longtemps, matière à se déployer; mais il serait absolument injuste d'en conclure que tous les résultats de la géologie stratigraphique sont également sujets à discussion. La vérité est, au contraire, que, dans la mesure où le problème est résoluble avec les moyens dont nous disposons, — c'est-à-dire en admettant qu'une même phase de l'évolution organique, non pas pour un individu isolé, mais pour Icnsemble d'une faune et surtout pour ses éléments les plus mobiles, qui sont les animaux marins, corresponde partout à peu près à une même période du temps, — la solution est bien près d'être atteinte ; et nous pouvons, dès à présent, dans l'immense majorité des cas, considérer cpi'un terrain quelconque, interrogé par nous avec suffisamment de patience et d'adresse, doit finir par nous répondre son âge avec une remarquable précision.
CHAPITHE Vil