CHAP. IX. — METALLOGENIE. - SYNTHESE DES MINERAIS
ment, ceux que l'on trouve dans les ség^régations basiques : la magnétite, le fer chromé 'cristallisé en présence de l'acide borique;, Tapalile (en présence de chlorure de sodium), etc.
D'autres ont pu être obtenus à l'état cristallin par volatilisation simple : le soufre, la blende, le cinabre, le réalgar, ou par l'action de la vapeur d'eau siu* un corps volatil (oligiste, cassitérite, rutile), ou encore par une vapeur sur un corps solide (argent sulfuré;.
Mais la très grande majorité a exigé une intervention liydrothermale, et c'est seulement par voie hydrothermale que l'on a pu reproduire ensemble les minéraux ordinairement associés dans les fdons : ce qui montre la prédominance de ce genre de réactions dans la constitution des gîtes métallifères. Les diverses méthodes de synthèse hydrothermale distinguent aussitôt un certain nombre de familles minéralogiques, qui correspondent tout à fait aux associations des gîtes métallifères.
Ainsi l'on a reproduit, par des procédés analogues, la cassitérite (oxyde d'étain), le quartz et diverses substances, qu'on trouve associées à l'étain dans ses gisements ; la cassitérite, en faisant agir la vapeur d'eau sur le bichlorureou le lluorure détain; le quartz, par l'eau sous pression attaquant le verre ^Daubrée) ; l'émeraude en utilisant l'acide borique, etc. '
De même, les sulfures de plomb, zinc et fer, si cotstamment associés dans leurs gisements, ont été obtenus par diverses réactions, qui leur conviennent également à tous trois : action de l'hydrogène sulfuré au rouge sombre sur un sel de plomb (Carnot), ou sur un sulfure amorphe sous pression (Sénarmont) ; action lente des eaux thermales faiblement sulfatées en présence de substances réductrices (Daubrée); réduction des sulfates par des matières organiques ou des carbures, etc.
La réaction de l'hydrogène sulfuré sur un chlorure a donné à Durocher de très nombreux sulfures : galène, pyrite, stibine, cinabre, argyrose, etc. Ailleurs, dans les sources thermales californiennes, qui déposent du cinabre, il paraît y avoir réaction des substances bitumineuses sur un sulfure double de mercure et de sodium, et cette intervention des sulfures doubles a dû être fréquente pour d'autres métaux.
Enfin, le rôle des carbonates alcalins paraît être considérable pour tout ce groupe de minéraux liloniens, qui se rattachent, par une chaîne continue, aux roches éruptives proprement dites et qui, d'autre part, passent par transitions insensibles aux filons concrétionnés. Je rappelle la synthèse simultanée des deux éléments de la pegmatite, le quartz
1. Celle mélhode n'a cependanl pas réussi encore pour la tourmaline el la topaze, parfois associées avec l'étain.
et lorthose; on a réussi de m()me, avec un carbonate alcalin et un sulfure, à avoir dô la stibine cristallisée, de la bisniuthine, du réalgar, de la chalcopyrite, de la proustite, etc. (Sénarmont). Le mispickel a été obtenu par la môme méthode, si remarquablement féconde, en faisant agir, sur du sulfure de fer et du sulfoarsénite de soude, du bicarbonate de soude sous pression, et Sénarmont a même reproduit ainsi la fluorine, dont on connaît l'association fréquente avec les sulfurés métallifères, par le bicarbonate de soude sur le fluorure de calcium amorphe.
Il semble bien probable, d'après ces expériences, que la réaction du bicarbonate alcalin sur un sulfure, ou celle de l'hydrogène sulfuré sur un chlorure, ont fréquemment déterminé la cristallisation des minerais métallifères sulfurés, de môme que la production de minerais oxydés a dû souvent résulter du simple contact entre la vapeur d'eau et les chlorures ou fluorures. Nous sommes ainsi tout naturellement amenés à supposer l'intervention, comme éléments essentiels dans la minéralisation, du chlore, du soufre, de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau, plus rarement de l'arsenic et de l'acide borique, par conséquent des éléments mômes qui jouent un rôle prédominant dans toutes les fumerolles éruptives.