Voir page 550, note 3, l'explication de ces mots
2. In DE Lapparent. Loc. cit., page 398. Il faudrait être sûrque les laves ainsi mises en parallèle appartiennent à une même coulée.
CHAP XIII. — PÉTROGRAPHIE.— FORMATION DES ROCHES ÉRUPTIVES 5il9
Au Vésuve, on considère généralement, en effet, que la lave du sommet est plus alcaline et plus légère ; celle du bas, plus ferrugineuse et plus lourde. A Ténériffe, la densité passe, dit-on, du haut en bas, de 2,35 à 3,lo, en même temps que la teneur en silice baisse de 59 p. 100 à 47 p. 100.
Le phénomène de liquation, que nous croyons saisir là sur le fait, comme une simple conséquence de la densité amenant un alliage inhomogène à se séparer par zones avant de cristalliser, a été également invoqué, comme ayant dû se produire par l'influence des parois réfrigérantes, entre lesquelles un magma éruptif a pu être contenu. C'est ce qu'on appelle le «principe de Sorct», ou du vase clos, appliqué pour la première fois par Teall, puis devenu, avec Brôgger, etc., le fondement de toute une pétrographie. M Brôgger a cru remarquer que le refroidissement des parois d'un bain liquide devait amener, sur la périphérie, une concentration des bases ; il a constaté, sur certains massifs de Norvège, un phénomène semblable et, sans remarquer peut-être assez qu'il s'agissait là de magmas basiques très profonds et peu chargés de minéralisateurs, dont l'érosion très ancienne du massif Scandinave a amené, dans cette région, l'apparition au jour, il a voulu généraliser la règle '. Pour lui, il a toujours dû y avoir semblable concentration en vase clos des magmas, de telle sorte que les parties basiques sont venues à la périphérie et ont été amenées à s'épancher les premières, les venues acides n'ayant pu venir qu'ensuite; une série éruptive serait alors marquée, pour lui, par une acidité nécessairement croissante *.
On remarquera que, par la seule théorie, on arrive à une conclusion tout à fait opposée en envisageant, au lieu de l'action des parois, la liquation par densité, qui a dû amener en haut et faire sortir les premières les roches acides plus légères et plus chargées de principes volatils, tandis que les roches basiques constituaient les fonds de creuset. Le scepticisme, qui peut résulter d'une telle contradiction, me paraît accentué par l'étude de nombreuses coulées éruptives, où je ne crois pas
1. FooQiÉ a observé, par contre {Sanlorin, 1879, p. 303) que certains dykes fîloniens avaient des salbandes vitreuses plus acides que le centre. D'autre part, comme l'ont fait remarquer Fouqcé en 1878 et Geikie en 1894, il existe des dykes à filets étirés et comme fluidaux, plus ou moins chargés de produits ferrugineux (voir Michel Lévv, Sw la classificatioii des magmas, 1897. p. 327). J'ai moi-même, en étudiant le groupe de filons de la Yilletelle (Creuse) [Roches éruptives de la Creuse 1902, p. 90), montré que la teneur en silice pouvait y varier de 64 à 76 p. 100 et qu'il y existait des dykes de porphyre pétrosiliceux à structure fluidale. Enfin, même pour des laccolithes, comme celui qui forme le porphyre bleudel'Esterel, A. Michel Lévy n'a trouvé aucune différence chimique appréciable entre les salbandes et le cœur de la masse. Voir une discussion de la question dans Dcparc {Second mémoire sur l'Oural du Nord, page 510) avec une théorie de la différenciation.
2. Près de Rristiania, les éruptions finissent pourtant par une coulée très basique.
qu'il soil possible d'établir aucun ordre général et constant, soit de basicité, soit d'acidité croissante.
C'est ainsi qu'en Auvergne, A. Michel Lévy a mis en évidence plusieurs récurrences de roches acides dans la série du Mont-Dore. La série commence, contrairement à une théorie de M. Iddings, qui sera exposée plus loin, par les termes les plus différenciés. Ailleurs on a, dans un grand nombre de cas, observé une basicité constamment croissante ^ J'ai moi-même constaté le cas en étudiant autrefois la série de Mételin (mer Egée). A. Michel Lévy en a signalé divers exemples. Au Yellowstone, M. Iddings a reconnu, d'abord, des andésites acides, puis basiques, puis des rhyolithes, enfin des basaltes : c'est-à-dire qu'on termine par une roche basique après des alternances. En Californie, on a, d'après M. Diller, des andésites à hornblende, puis à hypersthène, des rhyolithes, des dacites, enfin des basaltes, qui marquent également le terme des éruptions. En résumé, la loi de ces phénomènes n'apparaît pas encore. M. Iddings avait cru pouvoir admettre que le magma de composition moyenne devait sortir le premier et en grande abondance, puis, simultanément, des magmas de plus en plus différenciés, les uns acides, les autres basiques, jusqu'aux rhyolithes et lamprophyres, qui constituent le maximum de différenciation possible. Mais, au Mont-Dore, c'est juste l'inverse. Il est bien probable qu'il y aurait des cas très nombreux à distinguer : en premier lieu, ceux où la cassure volcanique s'ouvre directement sur le magma profond et, au contraire, ceux où l'ascension a lieu, en plusieut-s temps, avec différenciation intermédiaire dans les poches profondes ; puis les réouvertures possibles de fractures fermées, les remplissages nouveaux de lentilles vidées, marquant une récurrence dans la série : tous phénomènes internes, qui nous échappent et qui pourraient bien nous échapper toujours.
3° Diverses actions de contact. Refusionoumétamorphisme des parois. Enclaves, etc. — On vient de voir que l'influence refroidissante des parois ne pouvait être considérée comme ayant, d'une façon générale, produit la concentration des bases à la périphérie ; j'ai dit également plus haut qu'on ne pouvait établir une relation constante entre les variations du grain à distance ou à proximité des salbandcs. Quand il y a eu simple action de contact, le grain a pu devenir plus serré, le refroidissement ayant été plus brusque ; mais, dès que ce contact a pu amener une concentration de vapeur d'eau ou de principes volatils, pour les roches
1. Dans la série permo-carbonifère de la France centrale, A. Michel Lévv a montré l'alternance de montées acides et basiques, avec tendance à l'exagération dans les di'ux sens et terminaison très basique par des mélaphyres (Bull. Carte géol., d" 4 j, 189;i) Voir les recherches de M. Lackoix à la Réunion (Rev. Scientifique, 191i).