CHAI'. XIV. — GITES D'ALTÉRATION ET SÉDIMENTS
tel type de gisements *. Je viens de signaler une des raisons qui me semblent être le plus fortement marquées, à savoir la profondeur originelle et le degré dérosion *. Je ne prétends nullement que ce soit la seule et que les « types régionaux » des gîtes métallifères, dont je viens de rappeler quelques cas, n'aient pas d'autre raison d'être. Il est très probable, au contraire, qu il a dû se passer, là également, quelque chose d'analogue au phénomène, qui a constitué les « provinces pétrographiques », c'est-à-dire que, pour une cause profonde et inaccessible à nos observations, tel ou tel métal se sera trouvé amené, en plus ou moins grande abondance, dans le magma igné interne, dont procèdent les métaux de nos gisements, comme cela a pu avoir lieu en pétrographie pour les alcalis, ou toute autre substance occasionnelle.
VI. — Gîtes d'altération et de remaniement. Produits de métasomatose. Sédiments métallifères, mécaniques et chimiques.
Si cet ouvrage était un traité de métallogénie, il y aurait ici à développer, après les lois qui ont procédé à la répartition des métaux dans leurs gites primitifs, l'étude des phénomènes secondaires, chimiques ou mécaniques, par lesquels ces gisements ont été postérieurement remaniés, déplacés ou concentrés. Nous aurions donc, d'abord, à examiner en détail ces altérations superficielles, qui ont modifié les gisements presque sur place, en produisant des concentrations locales, dues à des réactions de cémentation ou de substitution ; puis il faudrait passer aux transports à distance, dont la cause première est une érosion, qui a dû attaquer de préférence les parties déjà les plus altérées et parfois les plus enrichies par la métasomatose précédente-, et, à ce propos, il y aurait lieu d'envisager les divers modes de précipitation, qui ont pu assembler les métaux ainsi transportés : soit par une simple préparation mécanique; soit, après dissolution, par une réaction chimique, que les organismes ont pu parfois faciliter.
1. On s'imagine, volontiers, en dehors de toute observation scientifique, que les minerais doivent se trouver surtout à côté des volcans et dans les hautes montagnes. C'est, sous une forme grossière et tout à fait inexacte quand on la présente ainsi, la notion devenue instinctive de la relation entre les gîtes métallifères, les roches éruptives et les dislocations du sol. Mais j'ai suffisamment dit que, ni les appareils extérieurs des volcans, ni les parties hautes des chaînes plissées, n'étaient propres à la concentration des métaux.
2. Je rappelle en passant que la tectonique nous montre: tantôt des régions métal» ifères autrefois profondes, puis relevées par un plissement, comme cela parait se produire pour l'ancienne chaîne hercynienne des Alpes, introduite dans les plis tertiaires; tantôt des compartiments effondrés, après avoir été superficiels, comme le synclinal silurien de Christiania, ou la région du Lac Supérieur.
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Mais, dans un livre, où nous cherchons à élucider les causes premières des transformations géologiques et leur évolution possible avec le temps, ces concentrations secondaires, si intéressantes qu'elles soient pour la théorie des minerais, si importante que me semble leur valeur pratique, ne doivent être néanmoins considérées que comme un cas particulier dans les phénomènes très généraux de l'altération continentale, de l'érosion et de la sédimentation. Je les ai étudiées à ce propos, en insistant alors sur leur rôle capital dans toute la géologie. Il me suffira donc de renvoyer à des chapitres antérieurs * et de marquer ici leur place sans y revenir.
i. Voir pages 308 à 331 pour l'altéralion superficielle, pages 339 à 341 et 474 à 48a pour la sédimentation.