CHAPITRE VII
Le corps éthérique de Vhomme^
Lorsqu’on observe par le moyeu de la claii^’^oyance les organismes supérieurs de l’homme, ces observations ne ressemblent pas tout à fait à celles qui sont faites avec les sens physiques. Si l’homme touche un objet et qu’il en reçoit une impression de chaleur, il y a lieu de distinguer entre ce qui vient de l’objet, ce qui en découle pour ainsi dire, et ce que l’âme ressent intérieurement. L’expérience psychique interne correspondante à la sensation de chaleur diffère de la chaleur émanée de l’objet. Imaginez maintenant cette expérience interne isolée de tout objet extérieur, sans excitation venue du dehors. Ces sensations internes sans support physique, c’est ce que ressent 1 etudiant occultiste.
Elles se présentent, à un certain stade de son évolution, de telle manière qu’il peut savoir (par l’expérience elle-même) qu’elles ne sont pas le fait de l’imagination, mais qu’elles sont causées par une réalité extérieure d’ordre psycho-spirituel, tout comme une
sensation ordinaire de chaleur, par exemple, est causée par une réalité extérieure d’ordre physique. Tel est le cas lorsqu’il est question de sensations de couleurs dans le monde supra-sensible. Il faut distinguer entre la couleur attachée à l’objet extérieur et la perception de la couleur dans Pâme. Représentez-vous la perception intérieure dont l’âme est consciente quand elle perçoit un objet extérieur de couleur rouge. Imaginez que vous conserviez un souvenir vivace de cette perception, tout en détournant vos yeux de l’objet. Ce souvenir, évoquez-le sous forme d’expérience interne. Alors vous distinguerez entre P expérience interne de la couleur et la couleur extérieure. Le contenu de ces expériences les différencie des sensations extérieures. Elles se rapprochent de ce que nous appelons la joie ou la douleur plutôt que des perceptions externes normales.
Supposez maintenant cet état de conscience surgissant dans Pâme sans une cause physique. Le clair^ voyant connaît de tels états : et le cas échéant il sait qu’ils sont l’expression d’une réalité psycho-spirituelle et non un effet de l’imagination. Lorsque cette réalité spirituelle crée en nous un état de conscience analogue à celui que fait naître un objet rouge dans le monde physique, nous disons qu’elle est rouge. S’il s’agit d’un objet sen^sible physiquement, la sensation externe précédera toujours l’état de conscience. Chez le vrai clairvoyant, dans l’humanité actuelle, cet ordre est renversé : d’abord apparaît l’expérience interne, indécise comme un simple souvenir de couleur ; puis une image sans cesse plus vivante. Si l’on ne prend pas garde à cette suite nécessaire, il sera difficile de distinguer la perception spirituelle réelle, d’une illusion factice (hallucination ou autre). Quant à la vita-
lité de l’image qui s’ensuit, elle dépend entièrement du degré d’évolution du clairvoyant.
Si l’on veut maintenant décrire la perception qu’un clairvoyant reçoit du corps éthérique humain, on peut dire ceci : lorsqu’un clairvoyant a assez développé sa volonté pour pouvoir en présence d’un être humain faire totalement abstraction de son corps physique, il acquiert le pouvoir de percevoir le contenu de l’espace occupé par ce corps physique. Bien entendu, c’est une forte volonté qui est nécessaire pour faire abstraction non seulement d’une pensée, mais d’un objet présent aux regards, et pour éteindre ainsi la sensibilité physique. Mais ce niveau peut être atteint grâce aux exercices qui ont pour objet la connaissance supra-sensible. Le clairvoyant peut alors avoir tout d’abord l’impression générale du corps éthérique. Dans son âme commence à poindre un état de conscience analogue à celui que suscite la vue de la fleur du pêcher : et cet état se précise de telle sorte qu’il peut se dire : le corps éthérique a la couleur de la fleur du pêcher. Puis il discerne les organes et les courants du corps éthérique. On peut ensuite poursuivre la description du corps éthérique en distinguant les états de conscience qui correspondent aux sensations de chaleur, de son, etc. Car ce corps n’est pas seulement un phénomène lumineux. On peut, d’après la même méthode, décrire le corps astral, et les autres aspects de l’entité humaine. Ces considérations feront comprendre comment il faut entendre les descriptions dans le domaine occulte.
Le monde astral.
Aussi longtemps que Ton borne son observation au monde physique, la terre où réside Thomme se présente comme un astre séparé. Mais cette séparation cesse d’exister aussitôt que la connaissance supra-sensible s’élève à des mondes supérieurs. Aussi a-t-on pu dire que l’imagination perçoit, en même temps que la terre, les restes actuels de l’état lunaire. Le monde que l’on atteint de la sorte renferme non seulement la contrepartie hyperphysique de la terre, mais encore d’autres astres, qui physiquement sont pourtant distincts de notre planète. L’homme évolué jusqu’à la connaissance supra-sensible perçoit d’abord l’élément supra-sensible de ces astres. (Il s’agit bien de l’élément suprasensible. Il faut songer à cette distinction quand on demande par exemple : pourquoi les clairvoyants ne peuvent-ils pas nous raconter ce qui se passe sur Mars, par exemple ? Ces questions visent les faits sensibles du monde physique.) C’est pourquoi dans ce livre on a pu définir les rapports qui unissent l’évolution terrestre à l’évolution contemporaine de Saturne, de Jupiter, ou de Mars. Lorsque le corps astral de rhomme s’évade durant le sommeil, son domaine dépasse la terre et s’étend à d’autres univers du monde planétaire. Bien plus, ces univers influencent le corps astral de l’homme même à l’état de veille. Et c’est ce qui justifie la dénomination de corps « astral ».
La vie de Vhomme après la mort.
Nous avons parlé dans cet ouvrage du temps qui s’écoule après la mort et pendant lequel le corps
astral de Thomme est encore uni à son corps éthérique. Pendant ce temps persiste un souvenir de Fexis' tence précédente, souvenir qui va pâlissant sans cesse. La durée de cet état diffère suivant les individus. Elle dépend de la force acquise par le corps astral sur le corps éthérique.
La clairvoyance peut étudier la nature de cette force en observant un homme, qui devrait normalement dormir pour réparer sa fatigue, et qui se maintient éveillé par la volonté. On remarque que suivant les hommes ce pouvoir de demeurer éveillé varie. Or, en prenant le temps maximum qu’un homme peut résister au sommeil, on a à peu près pour ce même homme la durée de la période où le souvenir de la vie passée persiste après la mort, grâce à Tunion avec le corps éthérique.
Lorsque le corps éthérique se sépare de l’homme après la mort, il en reste pour toute l’évolution future un extrait, une sorte de concentré essentiel. Cet extrait renferme les fruits de l’existence précédente. Et il est le siège de tout ce qui, entre la mort et une nouvelle naissance, sera comme le germe de l’existence future.
Le temps qui s’écoule entre la mort et une nouvelle naissance est déterminé en règle générale par la nécessité où se trouve le Moi de trouver le monde physique assez transformé pour qu’il puisse en tirer de nouvelles expériences. Le séjour terrestre se modifie
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pendant que le Moi évolue dans les mondes spirituels. Ces changements de la terre correspondent a des changements cosmiques, par exemple dans les positions relatives de la terre et du soleil. Mais ce sont des changements qui renferment avec certaines conditions nouvelles une répétition des états an térieurs. Ils se manifestent par exemple dans 1 ordre physique par ce fait que la position du soleil au printemps se déplace dans le ciel de manière à parcourir un cercle complet en 26.000 ans environ. Pendant que le soleil parcourt la douzième partie de cette route, c'est-à-dire au cours de 2.100 années environ, les conditions terrestres changent suffisamment pour qu'une âme humaine en revenant dans notre monde physique puisse y apprendre du nouveau. Mais comme les expériences diffèrent selon qu il s'agit d une incarnation masculine ou féminine, en général le Moi passe par deux existences pendant cette période, 1 une féminine, l'autre masculine. Cependant ces événements dépendent également des forces que l'homme emporte avec lui au delà de la mort. Aussi ces indications, exactes dans leur essence, peuvent-elles varier dans le détail suivant les individus.
Les étapes de la vie humaine.
Pour comprendre pleinement la vie humaine, c'està-dire la succession des états qui séparent la naissance de la mort, il faut considérer non seulement les faits physiques, mais aussi les phénomènes qui se déroulent dans les organismes supérieurs de l'être humain. Voici comment Toccultisme les classe : la naissance physique représente la séparation entre
l’homme et le corps de la mère. Les forces qui avant la naissance sont communes entre l’embryon humain et l’organisme maternel, se développent indépendamment après cette naissance, mais dans le cours de l’existence se succèdent pour la clairvoyance d’autres événements qui ont un caractère analogue à celui de la naissance physique. Jusqu’à sa deuxième dentition, c’est-à-dire jusqu’à l’âge de six ou .sept ans, le corps éthérique de l’homme est environné d’une enveloppe éthérique qui le protège ; cette enveloppe tombe à l’àge en question. C’est la naissance du corps éthérique. Il reste à l’homme une enveloppe astrale, qui disparaît à son tour à l’époque de la puberté, c’està-dire entre douze et seize ans. Ün assiste alors à la naissance du corps astral, et plus tard, à celle du Moi lui-même*. Après la naissance du Moi, la vie de l’homme est une assimilation aux conditions de l’univers et de l’existence, et une activité dans le cadre de ces conditions, autant que le permet le développement des trois aspects de l’àme animée par le Moi : âme-sensibilité, raison et conscience. Ensuite vient une époque où le corps éthérique se replie sur lui-même en quelque sorte, par un processus contraire à son épanouissement à l’âge de sept ans. Quant au corps astral, il commence par faire mûrir les germes qu’il contient lors de sa naissance, puis il s’enrichit des expériences du Moi ; et à partir d’un certain moment, il se nourrit spirituellement de la substance du corps éthérique : il ronge ce corps éthérique. Et plus tard, c’est le corps éthérique lui-même qui ronge le corps physique. C’est alors l’âge de la vieillesse, ca-
1. Voir à ce sujet des détails dans l’écrit du docteur Stèiner intitulé : VÉducation de l'enfant au point de vue de la science spirituelle (trad. française de M. Eugène Lévy). (N. d. T.)
ractérisé par la décrépitude physique. Aussi la vie de riiomme se partage en trois périodes : la première où les corps physique et éthérique s^épanouissent ; la deuxième où le corps astral et le Moi se développent, et la troisième où les corps éthérique et physique rétrogradent. Le corps astral participe à tous les phénomènes qui se déroulent entre la naissance et la mort, mais par ce fait qu’il ne naît spirituellement que de douze à seize ans et que vers la fin de l’existence il doit se sustenter en rongeant les forces éthériques et physiques, il évolue plus lentement que s’il n’était pas uni à un corps physique ou éthérique. Aussi après la mort, lorsque l’éthérique et le physique sont tombés en ruines, la période de purification s’écoule-t-elle de telle sorte qu’elle représente à peu près un tiers de l’existence terrestre.
Les régions supérieures du monde spirituel.
Par l’imagination, l’inspiration et l’intuition, la connaissance supra-sensible s’élève progressivement jusque dans ces régions du monde spirituel où lui deviennent accessibles les entités qui participent à l’évolution cosmique et humaine. Elle devient également capable de suivre l’évolution humaine entre la mort et une nouvelle naissance, de telle sorte que cette évolution lui devienne compréhensible. Or il y a des domaines de l’existence encore plus élevés auxquels nous ne pouvons faire ici qu’une brève allusion. Lorsque la connaissance supra-sensible a atteint le niveau de l’intuition, elle vit dans un univers peuplé d’êtres spirituels, qui, eux aussi, ont leurs évolutions propres. Ce qui concerne l’humanité
présente ne s’étend en quelque sorte que jusqu’au monde de l’intuition. A vrai dire, l’homme entre la mort et une nouvelle naissance est bien exposé à des influences qui viennent de plus haut encore : mais il ne les reçoit pas directement. Ce sont les êtres du monde spirituel qui se chargent de les lui faire parvenir. En considérant ces êtres, on trouve les causes de toute destinée humaine, mais la nature même de ces êtres, les forces dont ils ont besoin pour gouverner l’évolution humaine, tout cela est du domaine d’une connaissance qui dépasse le niveau de l’intuition. Il existe des mondes où les conditions de la vie spirituelle, les plus hautes que la terre connaisse, représentent la forme la plus basse de l’existence.*. Les déterminations de la raison pure sont ce qu’il y a de plus haut sur terre, alors que les forces minérales sont les plus basses. Dans les régions élevées dont nous parlons, les déterminations de la raison occupent le même rang que le règne minéral sur la terre. Au-dessus du domaine de l’intuition s’étend le domaine où les plans des mondes sont tissés sur la trame que donne l’Esprit-
Les parties constituantes de Ventité humaine.
Nous avons dit que le Moi élabore les divers organismes humains, corps astral, éthérique et physique, et les transforme respectivement en Moi-Spirituel, Esprit de Vie et Homme-Esprit : ce travail s’accomplit grâce aux facultés supérieures qui sont apparues successivement au cours de l’évolution humaine. Une autre transformation précède cette élaboration, et c’est celle qui donne naissance aux trois faces de
Tâme : sensibilité, raison et conscience. Dans révolution humaine la formation de Famé-sensibilité s’exprime par des transformations astrales, la naissance de la raison se répercute sur le corps éthérique et à l’apparition de la conscience correspondent des modifications physiques. Nous avons signalé ces relations dans la partie de l’ouvrage qui traite de l’évolution terrestre. Aussi est-il vrai de dire en un certain sens : le support de Tâme-sensibilité est un corps astral modifié, le support de l’âme-raison, un corps éthérique transformé, et le support de râme-conscience un corps physique élaboré. Mais il est également vrai de dire que ces trois parties de l’âme sont des fonctions du corps astral : l’existence de Tâmeconscience par exemple, n’est possible que parce qu’elle est un être astral évoluant dans un corps physique approprié, et qui vit d’une vie astrale dans un corps physique aménagé pour l’abriter.
Vétat de rêve.
L’état de rêve a été défini dans cet ouvrage. 11 faut y voir, d’une part, un vestige de l’ancienne conscience imaginative, qui fut le mode de conscience de l’homme pendant la période lunaire et une notable partie de la période terrestre. Car le propre de révolution est que les états antérieurs se prolongent dans le présent. Et ainsi le rêve est le reste d’un état normal passé. Mais d’autre part, cet état de rêve diffère de l’antique conscience imaginative. Car depuis l’épanouissement du Moi, l’individualité joue un rôle dans les phénomènes astrals qui remplissent le rêve. Ainsi le rêve est une conscience imaginative modifiée par
h A 8CIENCR OCCULTE
l’action du Moi. Mais comme cette action est inconsciente, aucune expérience du rêve ne doit être regardée comme une connaissance du monde supra-sensible au sens véritable où l’occultisme entend ce mot. Il en est de même de tout ce que l’on appelle vision. pressentiment, ou double vue. Ces phénomènes se produisent par l’élimination du Moi qui permet à des vestiges d’antiques modes de conscience de réapparaître dans l’homme, lis sont sans aucun prix pour la science occulte, et ne sauraient être classés parmi ses procédés.
De Vacquisition des connaissances supra-sensibles.
La méthode analysée dans cet ouvrage peut être appelée la méthode « de connaissance immédiate » à 1 égard des mondes supérieurs. Il v en a une autre que l’on peut appeler la méthode « du sentiment », mais il serait erroné de croire que la première r.’a rien à faire avec le sentiment. Elle conduit à un approfondissement très grand de la vie sentimentale. La méthode du sentiment, elle, s'adresse immédiatefuent au sentiment, et le prend comme point de départ pour la connaissance supra-sensible. Elle consiste è concentrer l’ême un certain temps sur ce sentiment, pour le transformer on une connaissance, en une vue imaginative des choses. Si, par exemple, des mois durant et plus longtemps même, l’âme se remplit du sentiment de l’humilité, le contenu du sentiment se transforme en une vision. Et en échelonnant des sentiments analogues, on peut s’élever peu à peu à la connaissance supra-sensible. Mais cette route est malaisée à parcourir pour l’homme, dans les condi-
tions présentes de Texistence. La solitude et la retraite y sont indispensables. Car les impressions de la vie journalière troublent, surtout au début, les résultats de la concentration de Pâme sur certains sentiments. Par contre, la méthode que nous avons décrite est applicable dans tous les genres d'existence.
De Vobservation de certains êtres et phénomènes dans le monde spirituel.
On peut se demander si la connaissance suprasensible permet d'observer la vie de l'homme après la mort ou d'autres phénomènes spirituels en général ou bien également d'observer des cas particuliers, par exemple un décédé déterminé d'avance. A cette question on peut répondre que la connaissance acquise par les moyens spécifiés permet l'observation des faits précis qui se passent dans le monde spirituel ; elle permet aussi d'entrer en rapport avec l'homme qui se trouve entre la mort et une nouvelle naissance. Mais il importe pour ce pouvoir que la connaiss^vhce soit le fruit d'une méthode judicieuse et correcte, qui seule permet de distinguer entre l'illusion et la réalité. Sans entraînement approprié, l’observation des cas particuliers expose le clairvoyant à mille erreurs. La méthode analysée dons cet ouvrage rend le clairvoyant capable de suivre l'existence d'un individu après la mort. Elle donne également le pouvoir d'observer en particulier tous les êtres psycho-spirituels, et de comprendre ceux qui, des mondes cachés, se manifestent dans les mondes accessibles à la connais-
sauce. Mais la sûreté dans les observations particu lières résulte précisément de Tétude approfondie des grandes lois qui dominent la destinée du monde et Texistence de tout être humain. Vouloir connaître le particulier sans s’appuyer sur la connaissance générale, c’est s’exposer à l’erreur.
Remarquer.
(Pp. 39 et 40). — Les idées exprimées dans cet ouvrage sur la faculté du souvenir pourraient facilement donner naissance à des malentendus. A ne considérer que les phénomènes extérieurs, on peut méconnaître la différence qui sépare les phénomènes analogues à la mémoire, visibles chez l’animal et même chez la plante, et la faculté humaine que nous appelons la véritable mémoire. Assurément quand un animal accomplit une action pour la troisième ou quatrième fois, extérieurement il semble qu’il y ait en lui quelque chose qui ressemble à la mémoire et à la science qu’elle implique. On peut étendre le concept de la mémoire jusqu’à dire que quand le poussin sort de l’œuf et fait les mouvements de tête appropriés pour picoter les grains, il tient cette science, par le souvenir, des milliers d’êtres dont il est issu. C’est ce que dit Hering par exemple. On peut assimiler ce phénomène à un souvenir. Mais on ne pénétrera jamais la vraie nature de l’homme si l’on ne distingue pas le caractère tout a fait particulier de ce qui se passe chez lui, c’est-à-dire la perception réelle d’expérience antérieure, ce qui est tout autre chose que la simple répercussion du passé sur le présent. Ce que dans ce livre nous appelons sou-
vonir est cettç p^ception du passé, et non seulement lis^i^p^itiOîî^^ choses passées dans les choses présentes. Si Ton veut appeler mémoire les phénomènes correspondants chez les plantes et les animaux, il faudra trouver pour Thomme un autre mot. Ce qui importe dans ce livre, ce ne sont pas les mots, mais bien la compréhension des différences, qui est indispensable pour concevoir la nature spéciale de l’homme. De même certaines manifestations de haute intelligence chez les animaux diffèrent totalement de ce que nous appelons ici le souvenir.
(Pp. 46 à 50). — Entre les changements que le Moi produit dans le corps astral, et ceux qu’il cause dans le corps éthérique, il est difficile de tracer une frontière précise. Il y a interpénétration. Si l’homme apprend quelque chose et acquiert ainsi une certaine faculté du jugement, cette acquisition introduit un élément nouveau dans le corps astral. Mais si ce jugement modifie une qualité de Pâme, et change non plus seulement le jugement, mais le sentiment même de l’homme sur un sujet donné, ce changement modifie le corps éthérique. Tout ce qui devient de la sorte la propriété de l’homme, un bien auquel il peut faire appel à tout moment, résulte d’un changement du corps éthérique. Quand une acquisition passe ainsi dans le trésor de la mémoire, c’est que le travail du corps astral s’est répercuté sur le corps éthérique.
(P. 96). — Nous avons dit que si la loi de l’hérédité était la seule en jeu, les qualités les plus éminentes devraient se trouver au début et non à la fin d’une race : on pourrait objecter qu’il leur faut bien
se (léA^elopper avant de se manifester. Mais cette objection n’est pas sérieuse : car, pour prouver qu’une faculté est héritée du passé, il faut montrer dans le descendant la répétition de ce qui se trouvait chez Fascendant. Et pour parler d’hérédité, il faudrait montrer au début d’une race ce qui se manifeste dans la suite. Mais on ne saurait le faire, si la fin de la race fait apparaître des qualités qui n’étaient pas au début.
(P. 116 et 117). — Nous avons exposé dans différents chapitres de l’ouvrage comment l’homme et son univers passent par les états que nous avons appelés Saturne, Soleil, Lune, Terre, Jupiter, Vénus et Vulcain. Nous avons aussi défini les relations de l’évolution humaine avec les astres qui existent à côté de la terre, et que nous appelons Saturne, Jupiter, Mars, etc. Ces astres Jont naturellement leur évolution, eux aussi; et dans leur stade présent, ils sont au niveau où leurs éléments physiques se montrent à la perception extérieure sous les aspects physiques que les astronomes appellent Saturne, Jupiter, Mars, etc. Au point de vue occulte, le Saturne astronomique est en quelque manière une réincarnation de l’ancien Saturne. Il est né parce qu’avant la séparation du Soleil et de la Terre, certaines entités se sont trouvées dans l’impossibilité de participer à cette séparation. Elles avaient trop des qualités saturniennes pour pouvoir demeurer sur un terrain approprié à l’évolution des qualités solaires. Le Jupiter présent a été créé pour des êtres qui ne pouvaient participer que sur cet astre à révolution générale. De même Mars est un astre fait pour des entités qui, après ce qu elles avaient retiré de l’évolution lunaire.
de quelques particularités occultes 375
ne pouvaient pas progresser sur la terre. Mars est donc une réincarnation de l’ancienne Lune à un niveau supérieur. Mercure est la résidence d’entités qui ont développé certaines qualités terrestres au point de se trouver en avance sur l’évolution terrestre. Vénus est par avance une représentation de l’état vénusien à venir. Ainsi l’on s’explique que les états qui précèdent ou suivent l’évolution terrestre soient dénommés conformément à des manifestations physiques qui existent actuellement dans l’univers.