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LA AIÉTHODE E.\ ÉCONOMIE SOCIALE ET EN HISTOIRE

Mais, comment pénétrer dans ce microcosme qui doit nous dévoiler d’une manière si curieuse l’univers économique et social qui l’enveloppe, l’enserre, le soutient?

Frappant de mensonge les définitions arbitraires des

INTRODUCTIO.M A L’IXDUSTRIE Dü JOUET. 443

économistes, l’induslrie du jouet ne nous laisse qu’un fil conducteur pour la suivre dans ses innombrables détours : la monographie.

On a comparé le rôle de la mouograpbie dans l’iiis- (oire sociale à celui de l’étude des chartes dans l’iiistoire proprement dite, sans trop soupçonner les analogies profondes qu’il y avait entre elles, les admirables règles de méthode auxcjuelles toutes deux sont sujettes.

L’art de déchiffrer les textes, d’en fixer les noms et les dates est en tout semblable à l’analyse de ce qu’on est convenu d’appeler le document humain. L’observation rigoureuse y est également nécessaire; un trait vaut un acte, un mot remplace un besoin, une phrase une satisfaction morale ou intellectuelle; les chiffres y ont la même importance, les noms la même portée, qu’il s’agisse des lieux ou des personnes. Une histoire faite sans documents authentiques n’est qu’un ronian ; un exposé d’économie sociale sans base monographique ne peut être qu’une illusion doctrinaire. Alais, de même aussi qu’un répertoire de chartes, si complet qu’il soit, n’est pas de l’histoire, une série de monographies, fussent-elles d’une exactitude rigoureuse, ne saurait constituer la science sociale.

Les analogies sont loin de s’arrêter là. En liistoire, les documents des époques reculées disparaissent avec

APPENDICE

elles, et, pour les époques réceutes, se trouvent en telle abondance que la vie de riiislorieii ne suffirait pas à les consulter. De même pour le sociologue : d’une part, il ne dispose que d’un nombre fort restreint de monographies, et, d’autre J)arl, la quantité de celles qu’il pourrait faire est infinie. Aussi serait-il également absurde d’exiger que riiistorien connût tous les documents d’une époque avant de l’autoriser à la raconter, et que le sociologue réunît toutes les monographies d’un état social avant d’en faire l’exposé.

Enfin, pour difficile qu’il soit à l’historien de suppléer à l’insuffisance des documents ou de faire un choix dans la masse, et au sociologue de discerner les monographies nécessaires de celles qui sont inutiles, du moment que pour suppléer au défaut de sources ou pour légitimer leur choix, tous deux ont recours à des principes abstraits, ils se trompent sûrement, s’abandonnant à des idées préconçues et préjugeant des solutions que leurs données premières ne contiennent point. L’histoire devient un roman, la sociologie une utopie ou un rêve.

De ces considérations dérivent trois règles qui valent pour l’histoire et la sociologie, comme pour toutes les sciences sans distinction.

1" Afin de donner un caractère scientifique à leurs recherches, il faut que le sociologue et l’historien découvrent les rapports que leurs sources premières, mono-

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