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CHAPITRE PREMIER

Introduction. Historique. Exposition du sujet.

L'étude de la scoliose, dans le mal de Pott,estdigne d'attirer l'attention. Si l’on songe que les déviations latérales du rachis sont le plus souvent mises sur le compte de la scoliose essentielle, on conviendra qu'il est du plus haut intérêt d'arriver à formuler un diagnostic précoce. L'avenir du malade en dépend. Le traitement de la scoliose étant en partie basé sur des mouvements rationnels et une gymnastique appropriée, le mal de Pott exigeant, au contraire, l’immobilisation absolue, nous n'avons pas besoin d'insister sur les dangers que courrait un individu affecté de mal de Pottavec scoliose, s’il était soumis au traitement orthopédique de la scoliose essentielle. L'évolution rapide de la maladie, les déformations irrémédiables du rachis, les abcès par congestion avec les dégénérescences qu'ils provo-

rite quent sur les viscères, sans parler de la généralisation tuberculeuse, point noir à l'horizon dans toute ostéité spécifique, pourraient être la conséquence de cette erreur de diagnostic.

Il faut venir jusqu’en 1858, époque à tete Bouvier publia ses leçons cliniques sur les maladies chroniques de l’appareillocomoteur,pour voir signaler, d'une facon précise, l'existence des déviations latérales de la colonne au cours du mal de Pott. « Dans le mal de Pott, dit-il, on observe aussi des courbures latérales, bien que quelques auteurs considérent cette disposition comme un mythe. »

Tous les auteurs, qui s'occupent de la question, signalent, chemin faisant, la possibilité de ces déviations latérales du rachis dans le mal de Pott, mais sans insister beaucoup.

« Cesontsurtoutleschirurgiens orthopédistes américains qui, dans ces dernières années, sont revenus sur ce point particulier de la question. Dans cet ordre d'idées, nous devons tout d’abord signaler un excellent travail publié par les Annals of surgery. Dans ce mémoire, le docteur Bartow s'attache à démontrer que le mal de Pott, au début, s’accompagre dans l'immense majorité des cas d’un certain degré de rotation de la colonne vertébrale, capable d'en imposer pour de la scoliose. Les nombreuses reproductions photographiques, que l’auteur annexe à son travail, ne laissent aucun doute sur le bienfondé de l'opinion qu'il s'attache à défendre. »

En 1888, paraissait ie travail magistral de Lannelongue, sur la tuberculose vertébrale. Là encore, on

SAT trouve signalée la possibilité des déviations latérales au cours du mal de Pott, le fait étant toutefois considéré comme exceptionnel.

En suivant l'ordre chronologique, nous devons citer ensuite une observation communiquée la même année à l'American orthopedic Association par le docteur Henry Taylor, de New-York. Le fait est relatif à une jeune femme de 29 ans, présentant au niveau de la 11° vertèbre dorsale et au niveau des 3e et 4 lombaires une brusque inclinaison vers la droite, de sorte que le rachis dans son ensemble, au leu d'être perpendiculaire au bassin, formait avec lui un angle de 700. S'il existait une inclinaison latérale de la colonne vertébrale, il y avait peu de rotation véritable.

À propos de la communication de Taylor, Ketch, de New-York, rappelle que l’existence d’une déviation latérale n’est pas chose exceptionnelle dans le mal de Pott. D’après lui, pareille déviation s’observe surtout dans les altérations de la partie inférieure de la région dorsale et dans celles de la région lombaire, et au début de la maladie.

Devant l'American orthopedic Association, nous voyons encore à deux reprises différentes, en 1890 et en 1891, le docteur Lowett, de Boston, insister sur l'importance des déviations latérales dans létude diagnostique du mal de Pott. Pour lui, la déviation latérale est la règle dans les cas de mal de Pott dorsal ou lombaire au début, mais il s'agirait moins d’une rotation que d’un déjettement en masse sur le

côté.

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Reginald Sayre appuie l'opinion de Lowett, il rappelle un cas dans lequel la déviation ressemblait tellement à celle du mal de Pott, que pendant plusieurs jours il est resté dans le doute.

Tous les travaux antérieurs ont été repris, ordonnés et enrichis d’une nouvelle collection d’observations, par le professeur Kirmisson, dans sa Revue d’orthopédie à laquelle nous ferons de larges emprunts.

A l'heure actuelle, le fait particulier dont nous venons de parler est bien connu de tous. Tous les chirurgiens ont trouvé des cas où le diagnostic, entre la scoliose et le mal de Pott, présenta la plus grande difficulté.

Le but de ce travail est d'étudier quelques cas de scoliose pottique, observés dans le service de M. le professeur agrégé Nové-Josserand, de chercher s’il est possible d'en déduire quelques notions intéressantes, soit au point de vue du diagnostic, soit au point de vue du traitement.

Dans un premier chapitre, nous étudierons la scoliose pottique, les causes qui la font naître,les caractères qu'elle présente.

Dans un deuxième chapitre, nous comparerons ces symptômes avec ceux de la scoliose essentielle et nous verrons s'il est possible d'arriver à trouver des signes sûrs de diagnostic.

Nous terminerons en disant quelques mots du traitement.

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