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laire. Plater parle même d'hérédité, de maladie ge: nérale. ;
En 1622, la découverte du système lymphatique par Aselli oriente vers une nouvelle voie la concep tion de la scrofule. Elle devient, dès lors, pour 1a majorité des auteurs, Bonnet, Astruc, Morgagni, en particulier, une maladie générale de la fonction lym-. phatique. On voit même Wharton envisager l’origne tuberculeuse possible de laffection et discuter, comme Astruc, d’ailleurs, de ses rapports avec Ia syphilis.
Les recherches sur l'étiologie et la pathologie de la scrofule vont dès lors se succéder, nombreuses. Jol de Vilars accuse le mercure d’en être la cause. Pour Boerhaave, c’est l’acidité des humeurs. Dubois incrimine le mode d’alimentation. Quesnay l’infection putride. Russel baptise la scrofule « tabes gian. dulaire », l’attribue au passage du pus dans le sang et préconise la cure marine comme moyen de traitement. |
Le problème de la scrofule semble toujours si important et si peu résolu, malgré l’abondance des études dont elle à fait l’objet, que l’Académie Royale de Chirurgie, met au concours, en 1759, la question suivante: « Déterminer les caractères des tumeurs
scrofuleuses, leurs signes, leur cure ».
Parmi les mémoires présentés qui sont susceptibles de retenir l'attention, il faut mentionner celui de Faure qui attribue les écrouelles à la voracité, la maïlpropreté et le manque d’hygiène; celui de Bor. deu qui croit à la contagion possible dé la maladie,
affection générale, à son avis, et qu’il traite à Ba.
rège par le mercure (traitement de choix, également pour J.L. Petit) ; celui de Charmetton qui fait de :a scrofule une maladie de la lymphe et croit à la possibilité de la contagiosité des écrouelles.
Cette notion de contagion est particulièrement importante, puisqu’il faut arriver à Pinel, Hallé, Richeron, Martin et Lepelletier pour ne plus voir le scrofuleux isolé à l’égal d’un lépreux.
Une bonne étude de la scrofule est celle qu’en fait Sauvages ; il en décrit plusieurs variétés, en rapproche le Rachitisme et déjà entrevoit la tuberculose osseuse. C’est à peu près en même temps que Re: nard, traitant des écrouelles, envisage leur relation avec la phtisie et la puberté.
Cullen, bientôt après, étudie tout spécialement les impetigines dans leurs rapports avec la secrofule et le Rachitisme.
Puis, le domaine de la scrofule s’élargit de plus en plus, et l’on s'inquiète des causes mêmes de la maladie. Lalouette, comme plus tard Guersant qui. devait reprendre ses idées, fait rentrer la gourme dans le cadre de la scrofule et White, bien que s’élevant contre la notion de contagion, lui rattache la phtisie et le carreau. L’un et l’autre insistent sur le rôle important que joue la misère comme facteur prédisposant.
Kortum, à la suite d’un certain nombre d'essais expérimentaux, conclut aussi que la scrofule n’est
- pas contagieuse, Il y rattache certaines formes de
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tuberculose générale et osseuse dont il donne une assez bonne description.
Hufeland insiste sur le facteur important de da
scrofule qui est la malpropreté, Hardy établit la notion de la scrofule viscérale, et nous voyons la plu-
part des maladies cutanées et un grand nombre daffections tuberculeuses considérées par les auteurs comme des variétés de la maladie scrofuleuse.
Le rôle possible de la syphilis dans la genèse de scrofule n’est pas non plus perdu de vue, et Alibert, dans sa monographie des dermatoses écrivait: @ Si les personnes ont été longtemps tourmentées: par la maladie syphilitique et ont négligé les soins convenables à leur guérison, il est rare que leur descendance ne soit pas infectée d’une maladie qui à tous les caractères du vice scrofuleux ».
De même, Devergie, dans son Traité pratique de maladie de la peau dit: & Cette cause, nous la regardons comme étant complexe —- elle est à la fois scrofuleuse et syphilitique: c’est une transformation par hérédité de la syphilis en la scrofule, et à la quelle la syphilis ne reste pas étrangère,” de sorte que si elle n’est pas combattue, on ne détruit pas
la maladie. On sait qu'à cet égard, plusieurs prati.
ciens pensent que la syphilis constitutionnelle est l’origine de la scrofule et qu’elle se transforme en cette maladie. Nous ne sommes pas aussi explicites à cet égard, mais nous admettons que des parents qui ont eu des accidents syphilitiques dont ils n’ont jamais été parfaitement guéris, au moins quant à la cause première, peuvent transmettre à leurs enfants,
4 2 [ ‘ d’une part, cette cause, ce virus plus où moins mo-
difié, et, si le tempérament de l’enfant le dispose à la scrofule, il en résulte une maladie de forme com-
posée, dérivant de la scrofule et de la syphilis ».
Enfin, Wilson et Jordan considèrent la scrofule comme un rejeton ou une transformation de la syphilis.
El est un nom qui domine toute l’histoire de ïa scrofule à cette époque, c’est celui de Bazin. Rassemblant tous les travaux épars, il expose au cours de nombreuses leçons et d'importantes monographies la conception qu’il se fait de la scrofule, maladie constitutionnelle qu’il rattache à la tuberculose et oppose à lParthritisme, à la syphilis, à la dartre ou herpetis. L’œuvre de Bazin constitue, suivant le mot de Gastou, le & pivot » de l’étude de la scrofule, et pour cette raison, nous nous devons de la résumer brièvement.
Après avoir défini la maladie constitutionnelle « maladie aigue ou chronique, pyretique ou apyretique, continue ou intermittente, ordinairement à longues périodes, contagieuse ou non contagieuse Caractérisée par un ensemble de produits morbides et d’affections variées, sévissant indistinctement dans tous les systèmes organiques (peau, tissu sous-cutané, systèmes osseux ou fibreux, viscères) », Bazin décrit à la scrofule quatre périodes.
Celles-ci sont d’ailleurs précédées de prodromes tant physiques que psychiques qui réalisent a « constitution scrofuleuse ou écrouelleuse »: exagé. ration ou diminution des forces organiques, bouli-
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mie ou inappetence, qualité de l'esprit ou idiotie, aplatissement antéro-postérieur de sternum avec projection en avant, déformation primitive des phalanges unguéales en baguette de tambour, hypertrophie du corps thyroïde, etc.
1°) La première période survient surtout au cours de la seconde enfance. Elle est caractérisée par des « affections superficielles du système tégumentaire : éruptions cutanées et affections muqueuses catarrhales, accompagnées d’un engorgement le plus souvent sympathique, parfois inflammatoire des ganglions qui se trouvent compris dans la sphère d’action des parties affectées ». Bazin divise ces acci: dents en:
a) Scrofulides cutanées superficielles primitives bénignes qui comprennent les affections erythémateuses (engelure, erythème induré, couperose) , la scrofule boutonneuse (strophulus, lichen erythème papuleux, acné) et la scrofule exsudative (gourme ou pseudo-teignes).
b) Scrofulides des membranes muqueuses, c’est-àdire, scrofulides catarrhales (catarrhe scrofuleux de la conjonctive, coryza scrofuleux, catarrhe auriculaire, angine catarrhale scrofuleuse, catarrhe scrofuleux génito-urinaire, bronchites répétées avec toux grasse et dyspnée), scrofulides éruptives (impetigo des muqueuses, conjonctivites, keratives, lupus).
c) Ecrouelles ou engorgement ganglionnaire.
écrouelles ganglionnaires et écrouelles cellulaires.
2°) La deuxième période ne comprend encore que des lésions tégumentaires, mais elle sont plus pro-
fondes que celles de la période précédente, laissant | après elles des cicatrices indélébiles.
| Cette période comporte :
a) des scrofulides érythémateuses: Iupus érythé. ï mateux et lupus tuberculeux ; L bi des scrofulides tuberculeuses, impetigo rodens de Bateman, scrofulides pustuleuses de Hardy, lupus simple ou avec hypertrophie, molluscum.
c) des ,scrofulides ulcéro-crouteuses: inflammatoires ou fibro-plastiques ou Inpus térébrant.
3°) A la troisième période Bazin rattache les af- L fections articulaires et osseuses telles que: abcès ne froid, périostites, ostéites, tumeurs blanches, carries, x nécroses, hyperostoses, spina ventosa, mal de Pott. }
Des troubles plus où moins marqués de létat général accompagnent ces accidents locaux: anémie, amaigrissement, diarrhée, albuminurie, parfois suivis de mort. S
4°) La quatrième période est celle des affections Dr: parenchymateuses et viscérales, puisqu'on y trouve les accidents suivants: engorgement scrofuleux des mamelles, du testicule, périsplanchnite scrofuleuse “4 (tuberculose aigue généralisée) méningite scrofuleu- Se, péritonite, pleurésie, infiltration et dégénérescen ce graisseuse du foie, nephrite albumineuse, catarrhe scrofuleux des bronches, phtisie scrofuleuse, catar- à -rhe scrofuleux intestinal, carreau, encéphalopathie scrofuleuse.
Ainsi done, pour Bazin, les limites de la scrofule sont des plus étendues, puisque commençant aux der.
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matoses diathésiques ou microbiennes, elle s'étend jusqu'aux tuberculoses locales ou générales.
Cette extension même de la scrofule devait amener une réaction contre la conception de Bazin, réaction que provoquèrent les progrès de l’anatomie pathologique et la découverte du bacille de Koch.
Mais l’accord est encore loin de se faire sur la façon de concevoir la scrofule. ï
Pour certains auteurs, comme Cornil, la scrofule doit être distinguée de la tuberculose bien qu’il y ait entre les deux maladies un certain qéeres F paren: té, de communauté d’origine.
Pour d’autres, tels que Graves la tuberculose est de la scrofule ; pour certains, enfin (Friendlænder) la scrofule n’existe pas, il n’y à que de la tuberculose. | |
En somme, comme le font remarquer Langlois, Gastou, on peut opposer deux doctrines, celle des dualistes qui admettent l’existence des deux maladies scrofule et tuberculose, et celle des unicistes qui ne reconnaissent que la tuberculose dans laquelle ils font rentrer la scrofule. Les uns et les autres apportent à l’appui de leur thèse des arguments qu’il nous faut rappeler.
Pour les dualistes, au nombre desquels, avec Ba: zin, on compte Hardy, Pidoux, Rindfleisch, Wirchow, Lebert, Cornil, Grancher, Legendre, de Gennes, la scrofule constitue un terrain particulier sur lequel se développera la tuberculose.
Avant la découverte du bacille de la tuberculose, diverses raisons sont mises en avant par les auteurs