‹ La sculpture antiqueChapitre 73 sur 163 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

mitive, avec, en plus, la liberté du mouvement et la vie plus sensible qu'admettait déjà le bas-relief (fig. 63). De ce fragment, la Déesse en char, à la scène d'offrande que reproduit la figure 64, bas-relief trouvé comme le premier à l'Acropole, il y a peut-être quelque différence d'âge; celui-ci est un peu plus récent, si l'on en juge par

Fig. Cf. — Scène d'offrande (Acropole d'Athènes).

la complication et l'heureux agencement du tableau, par la tentative de poser des figures de trois quarts. Et cependant le type féminin se retrouve tel absolument que nous le connaissons. Sauf le casque, qui distingue ici nettement Athéna, l'attitude, le geste, le vêtement, sont ceux que nous avons étudiés, et comme pour attester davantage l'importance du monument, pour en mieux marquer la date et l'origine, le

SGULPT. ANTIQUE. lO

profil, fronl en arrière, nez pointu, bouche saillante, yeux largement fendus, se rapproche singulièrement du profil du Discobole et de l'Apollon de Ténéa. Enfin, les cheveux qui tombent en boucles sont, par derrière, encerclés de liens et divisés en zones, encore comme ceux du Discobole et de PApollon de Ténéa.

Sortons-nous de l'Attique , le tombeau lycien des Harpies, le monument votif de Thasos semblent, pour la facture et les types sculptés, sinon pour les sujets et l'arrangement même du tableau, dus au même ciseau que les bas-reliefs de l'Acropole.

Quel que soit le sens des scènes étranges représentées sur les parois du tombeau de Xanthos (la figure 65 reproduit la face ouest), on y voit tantôt des processions de femmes, tantôt de gros et lourds personnages assis, rois ou dieux, qui reçoivent des offrandes, flanqués de Harpies, monstres ailés à tête et gorge de femmes, à serres d'oiseaux de proie, mangeurs d'enfants, ou Sirènes emportant des âmes de morts, — quels que soient, disons-nous, les rôles que jouent les personnages, et la nature même de ces personnages, comme les statues de Délos et d'Athènes, comme les femmes des stèles de l'Acropole, toutes les figures féminines sont ici vêtues jusqu'aux talons de fines tuniques plissées que souvent soulève une de leurs mains. Femmes, Harpies ou Sirènes, toutes sont couronnées d'un diadème d'où se répandent sur la poitrine les longues boucles, sur le dos les masses enfermées dans une résille, qui sont maintenant pour nous comme la coiffure classique avant les guerres médiques; à moins que l'artiste n'ait préféré rouler sur leur nuque la même

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