L. I., p. 122 sqq
COURANT ATTICO-DORIEN
yeux y sont tout pareils à ce qu’on voit sur plusieurs têtes des métopes les plus récentes de Sélinonte 1 ; et ces métopes plus récentes, nous savons qu’elles-mêmes se rattachent étroitement aux plus anciennes, et que l’unité de style est incontestable entre les rudes sculptures du début du vie siècle et les sculptures plus adoucies du ve siècle, toutes provenant des divers temples de Sélinonte2. — Une tête de femme en terre cuite, découverte àTarente3, qui est d’une date moins reculée que le marbre précédent, mais appartient toujours à la première moitié du ve siècle, nous offre aussi cette expression un peu maussade et boudeuse des lèvres, qui n’est donc pas, on le voit, propre aux seules sculptures de Sélinonte. Et on la retrouve pareillement sur la tête de Nike, qui décore les plus belles monnaies archaïques de Syracuse, celles qu’on date de l’an 479 ou 478 4.
A la même famille appartiennent encore deux statues d’homme, d’origine sicilienne. L’une, en bronze, découverte à Sélinonte, parait avoir représenté le dieu-fleuve Sélinous, éponyme de la ville5 6; mais, vu l'absence des attributs qui l’individualisaient, ce n’est plus aujourd’hui qu’une statue quelconque de jeune homme nu debout. Elle doit dater des premières années du vc siècle r‘. J’aurai bientôt à rappeler de nouveau la tête de cette figure de bronze; pour le moment, je veux seulement remarquer que, dans le profil du visage7, la ligne du nez, le dessin de la bouche et la courbe du menton, elle est conforme au type déjà connu par les métopes sculptées d’un temple à peu près contemporain8. — L’autre statue, plus récente, en marbre, est désignée sous le nom d’ « Apollon »
1. Cf. notamment Benndorf, Melopen von Selinnnt, pl. XI, 5 ; Brunn-Bruckmann’s Denkmæler , 293.
3. Cf. München. Sitzungsb ., 1897, II, pl. VII, p. 132-133 (Furtwængler).