CHAPITRE IX
Manuel Pereyra, ses principaux ouvrages. — Manuel Gutierrez et ses œuvres. — Pedro Roldan exécute à Séville le grand retable de la chapelle des Biscayens du couvent des Franciscains, des décorations à l'hôpital de la Charité et à la cathédrale; ses autres travaux. — Luisa Roldan et Marcelino Roldan, leurs productions. — Statue de Notre-Dame des Douleurs, par F, de Coral, à la chapelle de la Cruz à Salamanque. — Herrera Barnuevo, ses statues et ses bustes. — Lorenzo Vila, ses bustes. — Lazarillo Tramulle^ travaille au retable de la chartreuse de la Scala Dei. — Autres sculpteurs. — Les Gapuz, leurs productions. — Autres sculpteurs. — Sculpteurs étrangers travaillant à Valence, au milieu du xvii® siècle.
Après Alonso Cano, avant même son brillant élève Pedro de Mena, quoiqu'il n^ait peut-être ni sa correction ni sa suavité, le sculpteur le plus remarquable de Técole espagnole du xviT siècle, est sans contredit Manuel Pereyra (1614-1667), né cependant en Portugal. Les uns veulent qu^il ait été étudier en Italie, les autres seulement à Valladolid, sous la direction des maîtres éminents que Philippe II et Philippe III avaient appelés dans cette ville. Il s'établit ensuite à Madrid, où il acquit rapidement une grande réputation. Les écrivains portugais affirment qu'il est l'auteur du Christ^ du saint
Hyacinthe et du saint Pien^e, qui se voyaient, jadis, dans Péglise des Dominicains du gros bourg de Bemfica, dans les environs de Lisbonne; c'est fort douteux. Son chef-d'œuvre est la fameuse statue en bois, de grandeur naturelle, de saint Bruno (lig. 98), que Ton admire à la chartreuse de Miraflores, près de Burgos.
Le saint est représenté debout, les yeux fixés sur un crucitix qu^il tient de la main droite ; il porte le froc de son ordre, tombant à longs plis sur ses pieds nus; sur le socle figurent la mitre et la crosse. Il semble qu'il va parier. « Ce n-est là, » écrit un critique, « qu'un morceau de bois, mais ce morceau de bois a été idéalisé par le génie. » Une variante en pierre de cette statue, non moins inspirée, non moins remarquable, placée sur la porte de l'église de la chartreuse de Paular de la rue d'Alcala à Madrid, avait suscité une telle admiraiion de la part de Philippe IV que celui-ci avait donné ordre à son cocher, quand il devait passer devant ce sanctuaire, de mettre ses chevaux au pas, pour lui permettre d'admirer à loisir l'œuvre de Pereyra. Parmi ses autres ouvrages, signalons à Madrid : les statues de pierre de saint Isidore sur la façade de l'église de ce nom; de saint André, à l'église de Saint-André; de saint Martin à cheval partageant son manteau avec le Christ à l'église Saint- Martin; quatre statues de saints bénédictins, dans la coupole de l'église Saint-Placide; un saint Antoine, à l'église de Saint-Antoine des Portugais et un saint Philippe à l'église San Felipe el Real ; à Tolède, une Notre- Dame de la Conception, pour la façade de la chapelle des religieuses capucines, et à Alcala de Henares, diverses statues pour l'oratoire du collège des Jésuites,
ÉPOQUE MODERNE
Sur la fin de sa vie, Pereyra, devenu presque aveugle, ne cessa pas de travailler pour cela. Il continua de modeler, à tâtons, des maquettes, que ses élèves exécutaient ensuite en pierre ou en bois. Le plus habile en ce genre de productions était Manuel Delgado, qui s'était assimilé sa manière et auquel on doit la statue de pierre de saint Jean de Dieu, placée sur la porte du couvent d'Anton Martin à Madrid.
Est-ce à tort ouàraison,que ManuelGutier-
Cliclié Lévy, Paris.