‹ La seconde année: ou, A qui la faute?Chapitre 20 sur 70 · CARO) IM · texte numérisé non relu

CARO) IM

Je ne veux plus rien avoir de caché pour toi... cela rend trop malheureuse... Apprends donc (pion m'entourait d hommages, qu'on me faisait la cour.

Je ne veux rien savoir...

CAROI [NE.

Ah! ce n'est pas pour toi... c'est pour moimême! Ton ami Edmond, tout le premier... 11 m'aimait , ce n'est pas ma faute...

ni:\ SEVILLE, secouant la tête.

C'est peut-être la mienne.

CAROLINE

('/est possible... c'est toi qui le voulus.. Quoique insensible à leurs hommages... jeu ('tais nattée... et peut-être qu'un jour...

DENNEVILLE.

O ciel!

CAROLINE

On ne sait pas ce qui peut arriver... La preuve, c'est qu'hier il a osé me faire une déclaration écrite...

DENNEVILLE.

Vraiment!

CAROLINE

Oui, une vraie déclaration... Je ne sais ce que j'en ai fait... je l'ai perdue... sans cela je te la montrerais... Et vois jusqu'où la colère peut nous mener... moi, qui jusquà présent l'avais dédaigné, maltraité... j'étais si fâchée contre toi... que je ne sais vraiment...

Dieu ! il était temps.

CAROLINE

Et le plus indigne... c'est que je t'accusais à tort.

AlR de Téniers.

Moi t'accuser !... est-ce possible?

Pardouue-moi , je souffrais tant!

Car je songeais à cette lettre horrible, Qui ne m'a pas quittée un seul instant. Je l'emportais à ce bal qui s'apprête... Comme un tourment, elle est là, sur mon sein.

(La lui donnant.)

Tiens. . . Tu le vois , sous les habits de fête Il est souvent bien du chagrin.

DENNEVILLE, la prenant.

Ma lettre à Edmond.

CAROLINE

Oui, voilà ce qui m'avait abusée... Ces diamants... ce tête-à-tête avec une jolie femme... je ne pouvais pas penser à moi, et je te soupçonnais... quand je suis seule coupable.

DENNEVILLE, essuyant une larme.

Pauvre femme!... (Avec chaleur.) Non, Caroline , non : tu sauras tout ; c'est moi...

CAROLINE

Eh bien! nous le sommes tous deux... pardonnons-nous mutuellement... Je n'ai pas besoin de te dire que je ne vais plus à ce bal.

DENNEVILLE.

Vraiment !

CAROLINE

Je reste ici près de toi... Je viens te demander à souper... Me refuseras-tu? Aussi

bien je meurs defaini... car, par caprice, je n'ai point diné...

DENNEVILLE.

Moi non plus.

CAROLINE

Tu vois bien que nous nous entendions!

DENNEVILLE.

Et ta belle toilette?

CAROLINE

Elle aura été pour toi seul... et maintenant elle me pèse.-, elle me fatigue, il me tante de

m'en délivrer... Soune ma femme de chambre.

(Denneville va pour tirer le cordon de la sonnette... Caroline l'arrête.) Ah ! j'oubliais que je lui ai donné congé pour la soirée... mais je m'en passerai bien. (Elle va près de la glace.) Mon ami, voulezvous m'oter mon agrafe?...

DEN-NEVILLE, vivement.

Bien volontiers. (S'arrêtant.) Non, non, on vient.

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