ACTE
pondez-moi, comme à son père.... pourquoi est-elle partie ?
Je ne puis refuser de vous répondre, monsieur ; puisque vous l'exigez...
JULIEN
Je vous en supplie...
MADAME DE LIRMAY, trës-émue.
Eh bien... pendant un séjour que nous fîmes à la campagne, ma fille tomba malade... Une nuit que je m'étais relevée, pressée par l'inquiétude, je rencontrai mademoiselle de Nareuil qui revenait du parc... Elle n'était pas seule, et... le lendemain, effrayée, sans doute, de ce que j'avais vu... elle quitta ma maison et... je ne l'ai jamais revue.
JULIEN
Comment? vous n'avez pas cherché à la ramener?...
MADAME DE LIRMAY, après une grande hésitalion. Non.
JULIEN, avec un étonnement profond.
Vous n'avez pas daigné savoir si elle se perdait ?
MADAME DE LIRMAY, de même.
Non.
JULIEN
Mais je vous l'avais confiée !... n'était-ce pas un devoir?...
MADAME DE LIRMAY.
Un devoir 1... Ah ! croyez-le, monsieur, je n'ai pas méconnu le mien.
JULIEN, accablé.
Pardon, madame... où demeure-t-elle?
MADAME DE LIRMAY,
Je l'ignore.
JULIEN
Maison 4oit le savoir ches vous^ madame... puisqu'elle reçoit mes lettres.
MADAME DE LIRMAY (Elle sonne. — Entre Jean.)
Savez-vous qui porte les lettres adressées ici pour mademoiselle de Nareuil ?
JEAN
Madame^ c'est... on les met à là poste.
MADAME DE LIRMAY.
A quelle adresse ?
JEAN
Je ne sais pas.
MADAME DE LIRMAY.
Informez-vous.
JEAN
Je vais demander à monsieur.
MADAME DE LIRMAY, vivement.
Non^ non !... il ne le sait pas.
JEAN.
Ah!... madame, je me rappelle... c'est Louis, le valet de chambre de monsieur, qui les porte.
MADAME DE LIRMAY.
Est-il ici, Louis ?