ROLAND, ROBERT, MADAME DE LIRMAY, ANNA
ROLAND, lisant un journal .
€ Ne cherchons pas plus loin les causes de la démoralisa- 9 tion générale, la littérature a tout fait. »
ROBERT
Voyez-vous cela !
ROLAND, continuant.
< Elle a tué tout instinct respectable, corrompu tout prinj» cipe religieux, détruit tout sentiment patriotique, sapé...»
ROBERT
Très-bien! beau style l
ROLAND
N*est-ce pas?... (Reprenant.) « Sapé les bases de la famille.
> La société chancelle. — C'en est fait des vertus de nos » pères. » (Parlé.) Voilà qui est bien pensé. (Reprenant.) t Le 1 veau d'or est le dieu du jour. La société se meurt^ la so-
> ciété est morte ! »
De profundis! — Prenons jour pour Fenterrer.
ROLAND
Tu ris, toi. — Tu trouves cela drôle.
ROBERT
Croyez-vous, mon oncle, que je vais allumer une lanterne, parce qu'un rêveur m'affirme qu'il fait nuit en plein midi?
ROLAND
Nieras-tu que les mœurs ne se relâchent de jour en jour? Âh ! du temps de nos pères I
ROBERT
Quels pères? — Ah ! j'y suis. Ceux du temps de Louis XV; ou ceux du Directoire.
ROLAND
, Mais...
MADAME DE LIRMAY.
Robert a rai<ion, mon cher Roland. Il y a encore de nobles sentiments et de belles choses dans ce monde. Non, croyez-le, tous les dieux ne sont pas partis.
ROLAND
Mais, regardez donc un peu les tableaux de mœurs qu'on voit sur vos théâtres.
ROBERT
Hé! c'est le roman de la vie et non la vie!