ACTE lil \M
ROBERT
Aucun... Qui peut vous faire croire?...
MADAME DE LIRMAY.
Ah ! je ne peux pas vous dire... ce que je crains. Mais j'ai peur.. .peurpoursa vie!... par grâce, veillez sur lui, et si vous appreniez qu'un péril le menace... j'aurai du courage...
ROBERT, voyant entrer Anna et Georges.
Voici Anna !
ANNA^ entrant avec Oeorges.
Ah î... on se tait quand j'arrive... vous parliez de moi.
ROBERT
Justement... et j'exprimais mes craintes...
ANNA, rinlerrompanl.
Oh I L'homme prudent!... Il y a des jours où il observe si le ciel ne menace pas de tomber.
ROBERT
C'est que vous êtes dessous, tôte évaporée !
ANNA
Évaporée! quelle insolence !
JEAN, entrant avec un plateau.
Des lettres pour monsieur.
MADAME DE LIRMAY.
Il est occupé. Mettez-les là.. (Jean dépose les lettres sur la table et sort.)
GEORGES, à madame de Llrmay.
Mon père partira-t-il avec nous?
ii8 LA SECONDE JEUNESSE
Je respère...Tourtant il se pourrait qu'une affaire.. é qu'il m'a confiée nous retardât de quelques jours.
ANNA
Bieil! Alors vous ne viendrez pas. Je connais monsieur mon père.
, MADAME DE LIRMAT.
Mon enfant, tu parles trop légèrement.
ANNA
C'est vrai, toujours des affaires. (ARoben.) Si jamais tu en as, toi, tu verras.
ROBERT
C'est toi qui les dirigeras.
ANNA
Mais je m'y entendrais. (Regardant les lettres que Jean a déposées sur la table.) Ahî justement, un papier timbré!.,, des nouvelles du procès Chavart.
MADAME DE LIRMAY, d'un toiy distrait.
Vraiment ?
ANNA, ouvrant le papier.
Vraiment!... Écoutez tous... j'adore l'aimable langage de la loi. Se voir condamner... On se condamne chacun de son côté dans tous les actes qu'on s'envoie.
ROBERT
Laisse cela, tu n'y comprends rien.
C'est ce qui me ravit, (Usant.) c Tribunal de commerce...»