SCÈNE III
RENÉE, LIRMAY.
RENEE, avec terreur.
Vous?
LIRMAY, avec une froideur alTectéc.
Ma présence vous trouble? 11 paraît que vous ne m'attendiez pas.
RENÉE
Que venez-vous faire ici?
LIRMAY.
Rassurez-vous, je ne viens pas vous poursuivre... j'espérais môme ne point vous rencontrer. Je ne croyais pas qu'en un seul jour vous pussiez rejeter le passé comme un fardeau incommode.
RENÉE, très-agitée.
Je VOUS en prie... je vous ai dit hier ma détermination irrévocable. Ne cherchez plus à me revoir.
LIRMAY, avec amertume.
Ce langage est précis : j'ai pris votre existence pendant deux ans; oubliez-le, guérissez votre cœur, si vous le pouvez.
RENÉE
Oh ! taisez-vous^ par grâce. Je suis plus à plaindre que vous... Mais partez... Julien est ici, il pourrait revenir.
LIRMAY^ arec calme.
Eh bien !... c'est lui que j'attends.
Lui?...
LIRMAY.
Il est venu demander le nom de... celui que vous aimez; je viens le lui dire.
RENÉE
Vous oserez?... vous!
LIRMAY.
Il veut vous venger ; il est votre parent, je dois lui répondre.
RENÉE
C'est impossible!... Vous he pouvez pas oublier que vous êtes un homme d'honneur, vous n'avez pas le droit de me trahir.. Je ne veux pas qu'il vous connaisse.
LIRMAY, d'un ton amer.
Vous tremblez trop pour moi.
RENÉE
Oh! quittez ce ton de raillerie, ce moment est grave... Si vous m'avez aimée, ayez pitié de moi et n'ajoutez pas à mon malheur»
LIRMAY.
Si je vous ai aimée !... Vous en doutez?
RENÉËi
Non, je n'en doute pas, et c'est pour cela que je m'adresse à votre cœur,