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La secondes intervention française et le siège d'Anvers, 1832

l'entretien qu'il a eu avec le Roi des Français. Je crois devoir m'empresser de vous faire part des inquiétudes que m'inspire le langage nouveau de Sa Majesté.

» Pendant votre séjour à Bruxelles, j'ai eu plusieurs fois l'occasion de vous manifester mes craintes. Les démonstrations militaires, faites récemment avec tant d'appareil, m'ont laissé incrédule et défiant; j'ai prévu qu'au dernier moment le Gouvernement français faiblirait encore une fois et que l'énergie qu'on avait promise ne passerait pas des paroles aux actes. Mes prévisions, je le crains beaucoup, sont sur le point de se réaliser.

» Le Roi Louis-Philippe paraît considérer comme un résultat satisfaisant la libération des arrérages, la condamnation du Roi Guillaume à une amende pour chaque semaine de retard, à partir du i5 octobre prochain. Il croit que, par cette mesure, il aura été fait droit à notre sommation et qu'aprèa cela il faudra attendre l'événement, ne rien brusquer et prendre patience.

» La condamnation pécuniaire n'est rien, si on la considère froidement et sans se faire illusion ; elle ne change en rien la situation matérielle de la Belgique et de la France; elle laisse les deux pays dans le provisoire, elle laisse la question Belge sans solution réelle.

» Le Roi de Hollande protestera contre la condamnation pécuniaire, il contestera à la Conférence le droit de libérer la Belgique des arrérages de la dette, dont la cause est préexistante à tous les actes de Londres.

» Et si, un jour, le Roi de Hollande se montre

disposé à céder, il mettra à son tour pour première condition à une adhésion de sa part la libération de l'amende à laquelle on l'aura condamné, et ceux qui l'auront condamné ne demanderont pas mieux que de révoquer à ce prix leur condamnation... »

Pour expliquer, dans une certaine mesure, les timidités du Boi des Français, il faut considérer qu'il était, cet automne-là, moins que jamais en humeur de se compromettre. Ses ministres avaient démissionné et les jours succédaient aux jours, sans qu'il réussît à constituer un Cabinet.

Enfin, le ii octobre voit la distribution des portefeuilles : le maréchal Soult reste à la Guerre, avec présidence du Conseil; Thiers est à l'Intérieur, le duc de Broglie aux Affaires Etrangères, Humann aux Finances, Barthe à la Justice; l'amiral de Rigny dirige la Marine, d'Argout les Travaux Publics ; à Guizot sont confiées les destinées de l'Instruction (i).

Ambitieux de subsister jusqu'à la saison prochaine, le Ministère n'a nulle hâte de se présenter devant les Chambres avant que la Question belge soit résolue. Les députés sont convoqués pour le 19 novembre seulement, et le maréchal Soult lance une circulaire, dont l'heureux résultat doit être de

(i) Le même jour est marqué par une interminable promotion de Pairs de France, au nombre desquels, le maréchal comte Gérard, le général baron Haxo, le général Neigre, le baron Durand de Mareuil.

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André Martinet^

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