OBSERVATION \»° X
Madame P….. Angèle, 26 ans.
Entrée au service le 30 mars 1953. Elle a six enfants vivants et se trouve depuis 5 mois en proie à de nombreuses difficultés matérielles qui peuvent expliquer l’asthénie physique. Début de la maladie qui l’amène il y a une semaine par une conjonctivite intense, suivie 3 jours après de douleurs continues de l’épaule gauche, à paroxysmes nocturnes. Le 27 mars, apparition d’une tuméfaction à la base du premier orteil gauche.
A l'entrée : Etat général assez médiocre. Amaigrissement de plusieurs kilogs, en partie dû à la sous-alimentation. Asthénie importante. Transpire beaucoup. Présente en outre depuis 15, jours une leucorrhée abondante. L’adduction de l’épaule gauche est limitée à 50 degrés. Pas de phénomènes inflammatoires. Il existe un point douloureux à larticulation métatarsophalangienne du premier orteil gauche. Le cœur est normal.
CR 0/8 S 25-55. Température” à 37°: L’abondance de la leucorrhée fait dès l’apord discuter une origine gono-
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coccique, mais de nombreux examens et prélèvements resteront négatifs. Le traitement spécifique antirhumatismal est instauré.
— le 11/4/53 - V.S. : 10-52.
— le 17/4/53 - L'effet sédatif de cette thérapeutique confirme le diagnostic supposé de Bouillaud fruste.
— le 22/4/53 - V.S.: 4-18.
La malade sort du service le 25 avril.
On remarque toujours le même phénomène. Les deux premiers examens font ressortir que, là où le chiffre horaire reste inchangé, le premier tombe de plus de la moitié.
OBSERVATION x° XI
Monsieur P.…. Joseph, 57 ans.
Entré dans le service le 5 avril 1954. N’a jamais vu de médecin. {1 se plaint depuis 5 mois de douleurs à l’épaule droite, sans phénomènes inflammatoires, rougeur ou gonflement. Il y a un mois sont apparues des douleurs sous les deux talons, survenant le matin et empêchant la marche, puis se généralisant aux articulations du mermbre supérieur, surtout à droite : « Le malade ne peut plus traire ses vaches ».
A l'entrée : Asthénie musculaire, prédominant au bras droit. Depuis hier, les articulations. des poignets se sont mises à gonfler, sans limitation des mouvements.
— Je 5/4/54 - V.S.: 25-45. Température oscillant de 38° à LME
Cœur : rien à signaler. On institue un traitement d’une semaine au gentisate, puis de 15 jours à la cortisone.
— Je 13/4 - V.S.: 10-33. L’apyrexie est stabilisée.
— Je 65/5 - V.S.: 5-23.
Le malade sort du Service le 7 mai.
Ici encore l’effet thérapeutique a confirmé le diagnostic de Bouillaud fruste.
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OBSERVATION x° XII
Monsieur C.….. Aimé, 49 ans.
Entré dans le service le 9 septembre 1954. Envoyé pour rhumatisme articulaire aigu apyrétique. Début il y a trois semaines par des douleurs sous les talons, exacerbées par la marche. Puis les arthralgies se sont étendues simultanément aux deux membres inférieurs (tibiotarsiennes enflées et douloureuses) et 15 jours après ont gagné les épaules et les articulations des membres supérieurs.
A l'entrée : Etat articulaire stationnaire, avec prédominance des douleurs aux genoux, mais toutes les articulations sont plus ou moins touchées. Au cœur : arythmie d’apparence extrasystolique banale.
— le 9 /9/54 - V.S.: 14-47. Température : 87°. En trois jours, la fièvre va monter pour atteindre 39,5 le 12 septembre. On commence le lendemain le traitement spécifique, qu’on renforcera deux jours après par un traitement antibiotique et hormonal massif. On assiste à une régression nette des phénomènes locaux et de la température.
— le 24/ 9/54 - V.S. : 25-55.
— le 6/10/54 - V.S.: 1-10. Mais le 11 octobre, on assiste à une nouvelle poussée articulaire généralisée avec une température à 38°2 pendant 3 jours.
— le 15/10 - V.S.: 10-35. On reprend le salycilate interrompu.
— le 22/10 - V.S.: 4-25.
— le 29/10 = V.S.:1" 5-35,
—le 4/11 - V.S 5-21. Il faut probablement pour expli-
quer le maintien à ce taux relativement élevé de la V.S. tenir compte d’un facteur psychique : « le malade s’écoute ». Il sortira néanmoins le 19 novembre.
Ce malade est particulièrement instructif, d’abord parce qu’il fait sa crise sous nos yeux. La V.S. de 14-47 à l’entrée, a été notée, si l’on peut dire, en phase d’incubation. Celle à 25-55 trouvée après la crise n’est sûrement pas le maximum atteint, puisque la défervescence est ici étonnamment rapide, en une semaine, la V.S. se normalisant à 1-10. La rechute qui suit avec une V.S. à 10-35, est
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d’autant plus expressive d’un processus infectieux toujours en cours.
OBSERVATION x° XIII
Madame D... Marie, 35 ans.
Entrée le 21 mars 1955. Crises antérieures de R. A. A. à 13-14 ans. Début actuel par une angine il y a trois semaines.
A l'entrée : Douleurs rhumatismales typiques aux genoux, aux coudes et aux poignets.
— le 21/3/55 - V.S.: 55-68. Température oscillant de 38° à 39°. En présence d’une salicylo-intolérance ancienne, on institue le traitement hormonal habituel.
— le 29/3/55 - V.S. : 15-62. Température encore subfébrile.
1012/47/55 XS 1-5.
La malade sort le 21 mai avec un traitement d’entretien.