AVANT-PROPOS
J'ai cherché à reproduire, dans les planches qui forment ce volume, les principaux traits de la faune des mammifères parisiens à l'époque du mammouth.
Mon choix s'est naturellement porté tout d'abord sur les pièces qui font partie de la collection de la Ville; MM. les professeurs du Jardin des Plantes et de l'Ecole des Mines ont mis ensuite à ma disposition, avec une bienveillance que je n'oublierai pas, quelques-unes des pièces complémentaires; enfin je dois à l'obligeance de MM. Cotteau, Martin, Rebout et Eug. Robert, plusieurs de mes planches les plus intéressantes.
J'ai donné la figure des ossements les plus remarquables recueillis dans le bassin de la Seine et qui n'ont pas encore été trouvés à Paris, tels que ceux du bœuf musqué de la vallée de l'Oise, de l'éléphant méridional de Saint-Prest, de l'ours des cavernes delà grotte d'Arcy, etc.
Les restes de l'homme remontant à cette époque ancienne sont rares partout. J'ai fait dessiner les pièces les plus remarquables trouvées à Grenelle par M. Martin, à Clichy par M. Bertrand, aux grottes d'Arcy par M. le marquis de Vibraye; ces localités sont les seules du bassin de la Seine où l'on ait découvert des ossements humains de l'époque quaternaire.
Les silex taillés sont, au contraire, très communs, et je ne pouvais avoir la prétention de donner même une idée de toutes les dispositions connues. Je me suis donc borné aux formes les plus spécialement parisiennes.
Cette faune, ces restes de l'homme et de son industrie, appartiennent à une époqueoù notre pays était sillonné par d'immenses cours d'eau. L'époque quaternaire a fini avec ces grands cours d'eau, et c'est lorsque leurs lils oui élé comblés soit avec du gravier et du limon, soit avec de la tombe, qu'ont commencé nos petites rivières modernes et l'âge <l»' la pierre polie.
C'est à celle dernière époque que remontent plusieurs des pièces doul je donne la figure; elles proviennent des collections de la Ville et des collections particulières de MM. Reboux, Martin et Delaune-Guyard.
ii LA SEINE.
Les mesures des pièces ont été prises par M. A. Roujou, d'après la méthode de Guvier. C'est une tâche longue et pénible, qui a été remplie avec aulant de zèle que de science par mon jeune collaborateur. Je dois à l'obligeante amitié de M. Kd. Lartet la détermination des pièces les plus intéressantes.
Des notices explicatives étaient nécessaires: elles ont été divisées en quatre parties :
La première partie s'applique aux objets trouvés dans les plus anciens lits de la Seine à Paris, c'est-à-dire dans les sablières des hauts niveaux de Montreuil et de l'avenue Daumesnil.
La deuxième comprend les découvertes faites dans les graviers plus récents des bas niveaux de la rue du Chevaleret, de Grenelle, de Levallois-Glichy et de quelques autres points de la banlieue.
Dans la troisième sont quelques ossements très intéressants qui n'ont point encore été trouvés à Paris, et qui proviennent de divers points du bassin de la Seine.
Enfin la quatrième et dernière partie est réservée à certains objets de l'époque des tourbes ou de la pierre polie, qui ont été recueillis soit à Paris, soit dans le voisinage des aqueducs et autres propriétés de la Ville.
E. BELGRAND
V. II. En plaçant cet avant-propos en tète du premier tirage de son second volume. M. Belgique! taisait connaître au lecteur que les planches de paléontologie dont il donne la description étaient dues à un procédé spécial de photolithographie excluant toute interprétation personnelle de la part du dessinateur, et garantissant, par conséquent, l'exactitude scientifique de la figuration.
Depuis lors, les procédés dérivés de la photographie ont réalisé de nouveaux et très sensibles progrès. L'héliogravure, en particulier, a fait ses preuves de lidélité, et c'est à elle que la Commission des travaux historiques a demandé la reproduction des pièces décrites par M. Belgrand. Des groupements heureux ont réduit de moitié le nombre de planches et amené certains remaniements dans l'ordre de succession du texte. Toutefois on a eu soin d'établir une concordance entre les deux tirages: les numéros des planches du premier sont placés, dans le second, entre deux parenthèses: ce qui permettra au lecteurde consulter aisément l'un et l'autre
ÉPOQUE QUATERNAIRE OU DE LA PIERRE TAILLEE